Cure d'austérité
< La crise
< Economie
< marianne2fr
Get flash to fully experience Pearltrees
Tout à coup, l’opinion prend conscience de l’importance de la dette dans les économies développées. Mais à cette occasion, tout est fait pour culpabiliser les peuples et leur faire croire que ces déficits et cette dette s’expliquent par un excès de dépenses, une mauvaise gestion et une politique sociale trop généreuse. C’est un véritable mensonge qu’il faut dénoncer en expliquant que cette crise de la dette a d’autres causes bien plus profondes : les états développés sont avant tout confrontés aujourd’hui à un manque de recettes budgétaires et sociales lié à une mondialisation qui nivelle tout par le bas. Plutôt que de se polariser sur les déficits budgétaires, on ferait mieux d’analyser les déficits extérieurs qui révèlent la fuite des emplois vers les pays émergents, et notamment la Chine.
Cette adresse e-mail n'est pas valide ou ne correspond pas à celle de votre abonnement et / ou de votre inscription au Monde.fr. N.B. : si votre adresse e-mail est de la forme "@club.lemonde.fr", veuillez contacter notre service clients .
Nicolas Sarkozy acceptera-t-il de toucher à la dernière vache sacrée ? A savoir le dispositif d’exonération des heures supplémentaires mis en place par la loi Travail emploi pouvoir d’achat d’août 2007. François Fillon a en tout cas accepté dans les discussions avec les syndicats, en particulier la CFDT, de mettre en balance l’emblème même de la campagne présidentielle victorieuse de 2007. Car les « heures sup », sont la traduction dans les faits du slogan « travailler plus pour gagner plus », avec lequel Nicolas Sarkozy avait enfoncé la gauche sur son terrain de prédilection, la défense du pouvoir d’achat des travailleurs.
Il aura fallu attendre quasiment la fin du quinquennat pour constater enfin la mort de la loi travail-emploi-pouvoir d’achat, la loi TEPA en novlangue sarkozyste. Pour ceux qui s’en souviennent encore -quatre ans, c’est si loin !-, le « paquet fiscal » fut la quintessence du sarkozysme économique mis en actes. Le président élu assumait sans vergogne un clientélisme fiscal envers quatre catégories destinées à être choyées, vantées, chouchoutées par le régime: les travailleurs au delà de 35 heures, les très riches, les héritiers et les propriétaires. L’ouragan de la crise a écorné successivement les réductions d’impôt sur les emprunts immobiliers, le bouclier fiscal, les exonérations sur successions. Et maintenant vient le tour du dispositif le plus chéri, celui sur les heures supplémentaires.
C’est aujourd'hui que Fillon doit annoncer un lot de mesurettes destiné à combler le gouffre budgétaire qu’il a créé depuis 4 ans. La simple suppression de tous les cadeaux consentis depuis cette date aux riches et aux grandes entreprises devrait facilement représenter plusieurs dizaines de milliards par an. À 9 mois des présidentielles, Fillon se contentera de quelques milliards, laissant l’exécution des basses œuvres aux « heureux gagnants » de 2012. D’Italie, j’ai pu suivre en direct les pitoyables tractations qui ont amené au « plan d’austérité » qui va plonger encore davantage ce beau pays sous le joug ultralibéral, et le chantage de Trichet : on te prête du pognon pour ajouter à ta dette, mais tu libéralises tout !
Il faut ensuite analyser les causes de notre endettement. Il est tout de même assez incroyable que les médias ne soulignent pas davantage le rôle majeur joué par la crise financière de 2008 dans le dérapage des finances publiques. En effet, en 2007, notre endettement était légèrement supérieur à 60% du PIB et en légère baisse par rapport à notre richesse nationale.