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Circuit de la mémoire

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L’Espion qui croyait : l’homme qui aurait pu tuer Hitler. Parler au présent, le défi des sites mémoriels. Alors que s’éteignent les derniers témoins de la Shoah et qu’extrémismes et populismes progressent, le rôle éducatif des lieux de mémoire auprès des jeunes générations est crucial. Le Monde | 29.05.2018 à 13h00 • Mis à jour le 29.05.2018 à 15h13 | Par Gilles Rof Aujourd’hui, ce sont les extrémismes identitaires, au pluriel, qui sont l’ennemi. Le djihadisme, les populismes prennent nos démocraties en tenailles. A partir de cette constatation, que fait-on, si ce n’est ­avant tout éduquer ? » Président- fondateur du site mémoriel du camp des Milles, dans les Bouches-du-Rhône, lieu d’internement et de déportation durant la seconde guerre mondiale, Alain Chouraqui n’a qu’un credo : « La connaissance des mécanismes du passé est le principal rempart aux dérives autoritaires et aux discriminations qui mènent aux violences de masse. » Eduquer, oui, mais comment ?

«Trouver de nouvelles méthodes Lire aussi : A Noisy-le-Sec, un lycée en pointe dans la lutte contre les extrémismes. Être esclave dans les colonies françaises. 12,5 millions, c'est le nombre de personnes déportées de l'Afrique aux Amériques entre le 15e et le 19e siècle. Traité comme une marchandise, assimilé à un "meuble" par le code noir, l'esclave acheté travaille dans des conditions si dures que son espérance de vie dans les plantations ne dépasse 10 ans. Avant son abolition officielle, la France est l'un des acteurs principaux de la traite négrière. Après le Royaume-Uni qui représente 49% des parts de la traite, le Portugal (39%), la France est le troisième pays européen bénéficiaire de ce trafic d'êtres humains (19%).

Aboli une première fois en 1794, après des insurrections dans les Antilles, l'esclavage est rétabli en France par Napoléon Bonaparte en 1802. Mais le 27 avril 1848, sous la Seconde République, un fervent abolitionniste Victor Schoelcher, obtient le vote du décret d'abolition de l'esclavage en France. Abolition de l'esclavage. L’abolition de l'esclavage consiste à interdire juridiquement l'esclavage. Si on trouve historiquement des exemples ponctuels et localisés d'affranchissement des esclaves, l'interdiction légale de l'esclavage, étendue à toutes les catégories de population, resta rare avant l'époque contemporaine même si la première trace écrite d'abolition apparaît dés 1222 dans la charte du Manden élaborée par Soundiata Keïta.

À la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, à partir de l'Europe, un mouvement historique d'ampleur internationale conduisit à une abolition progressive de l'esclavage dans les territoires contrôlés par les Européens ou ceux issus de leur colonisation. Au début du XXe siècle, l'interdiction de l'esclavage était acquise dans les principaux États de la planète. La question des origines[modifier | modifier le code] La liberté conquise : révoltes et marronnages[modifier | modifier le code] L'abolitionnisme, un concept né et développé en Europe[modifier | modifier le code]

Rendez-vous au monument aux morts. La Première Guerre mondiale marque l’entrée du XXe siècle dans la mort de masse. Afin de garantir la permanence du souvenir de tous les soldats « morts pour la patrie », on a érigé dès le début des années 1920 des monuments aux morts dans toutes les communes françaises. Ils sont si nombreux, parfois communs et souvent d’une symbolique d’un autre temps, que l’on finit par ne plus les voir… Et pourtant les monuments aux morts de la Guerre de 1914-1918 sont forts de sens, aussi bien complexes, paradoxaux, qu’inattendus. En mettant en parallèle le rituel qui les fait revivre chaque 11 novembre, date anniversaire de l’Armistice de la Grande Guerre, leur étude offre un témoignage et une compréhension des mentalités de l’après-guerre autant qu’un éclairage sur la façon dont notre société a géré, gère et sans doute gérera le souvenir des différents conflits.

Le film Magistrats et migrants. Cliquez pour lancer le film Producteur : CNRS Image, 2014 Durée : 47 minutes. Les derniers Compagnons de la Libération. Un remarquable webdoc de France 24. Les derniers Compagnons de la Libération est un remarquable web documentaire sur cet ordre national créé par le Général de Gaulle pour récompenser les personnes qui se sont signalées dans l’œuvre de libération de la France. Un excellent outil pédagogique sur l’engagement et le devoir de mémoire. Merci à France 24 d’avoir réalisé ce long format avant que les derniers témoins n’aient disparu. Car ils ne sont plus que 10. Sur les 1 038 Compagnons de la Libération, ils ne sont plus que 10 à être encore en vie, âgés de 96 à 103 ans. Le webdocumentaire nous présente cinq compagnons sur un mode narratif enrichi d’images et de documents historiques, de portraits et de vidéos.

Un long format avec des textes simples et pas très longs qui peut être proposé sans crainte à des publics de jeunes lecteurs jusqu’au lycée. On découvre donc le parcours de cinq Compagnons de la Libération, quatre hommes et une femme. Lien: Les derniers Compagnons de la Libération — Entretenir la flamme de la Résistance. « Mémoire de l’esclavage, devoir d’avenir » - Ambassade de France en Irlande - French Embassy in Ireland. Discours lors de la cérémonie de commémoration... par elysee Monsieur le Président élu, cher Emmanuel Macron, Je suis heureux de votre présence ici pour cette cérémonie. Vous avez voulu y participer comme pour montrer la volonté de poursuivre le devoir de mémoire et ainsi de préparer l’avenir.

Je veux saluer le président du Sénat qui, chaque année, organise cette commémoration avec le président du comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage. Je tiens aussi à remercier pour leur présence le Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale, les membres du gouvernement, les parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale et de nombreux représentants d’associations. C’est cette union-là qui est essentielle dans ces instants où il faut dépasser les clivages et les sensibilités pour nous hisser au niveau des exigences de la République. C’est la dernière fois que je participe en tant que président à cette cérémonie du jardin du Luxembourg. Il faut alors poser des actes. Le tourisme de mémoire en France : un levier d'attractivité des territoires. Poids, enjeux et perspectives... La France dispose de nombreux sites de mémoire liés aux conflits contemporains, dont la visite constitue un important levier d’attractivité et de vitalité économique complémentaire à l’offre touristique traditionnelle.

Développer le tourisme de mémoire constitue un enjeu civique et pédagogique, afin de favoriser la transmission de ce patrimoine aux générations futures. C'est aussi un enjeu culturel et touristique, afin de préserver ces vestiges comme témoins d’une époque et contribuer au dynamisme économique des territoires. Chaque année, ces sites attirent environ 20 millions de visiteurs venus pour près de la moitié de pays étrangers. Le rôle de la DGE dans la structuration de la filière En marge des commémorations, l’Etat accompagne les territoires dans la structuration de leur offre mémorielle afin de pérenniser l’intérêt des visiteurs pour faire perdurer ce tourisme de sens, vecteur de l’Histoire de notre pays.

Lettre de Simone Veil à l'Académie Française. Les rescapés d’Auschwitz ne sont plus qu’une poignée. Bientôt, notre mémoire ne reposera plus que sur nos familles, sur l’Etat, mais aussi sur les institutions qui en ont fait leur mission, notamment celles en charge des lieux où vous vous trouvez aujourd’hui. Elle sera aussi la source d’inspiration d’artistes et d’auteurs, comme un objet qui nous échappe pour le meilleur et pour le pire. Notre mémoire, surtout, doit être intégrée et conciliée avec l’enseignement de l’histoire à l’école, faisant des élèves comme des professeurs des relais essentiels de cette nécessaire transmission. Il vous appartiendra de faire vivre ou non notre souvenir, de rapporter nos paroles, le nom de nos camarades disparus.

Notre terrible expérience aussi de la barbarie poussée à son paroxysme, flattant les instincts les plus primaires de l’homme comme les ressorts d’une modernité cruelle. L’humanité est un vernis fragile, mais ce vernis existe. Puissent nos rires résonner en vous comme notre peine immense. " La mémoire, un devoir " 1/2 débat France 24. " La mémoire un devoir " 2/2 débat france 24. Projets « Services numériques innovants et tourisme de mémoire en France »

47 candidats avaient répondus à l’appel à projets «Services numériques innovants et Tourisme de mémoire en France». Le 12 décembre 2016, 9 projets ont été retenus comme lauréats de ce premier appel à projets national. Le numérique constitue un levier majeur pour renforcer l’attractivité de l’offre touristique mémorielle des territoires et faciliter la compréhension des événements marquant l’histoire contemporaine.

Dans ce contexte, la Direction générale des entreprises (DGE) du ministère chargé du tourisme et la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) du ministère de la défense ont lancé, le 11 juillet 2016, l’appel à projets «Services numériques innovants et Tourisme de mémoire en France». Cet appel à projets national vise à « soutenir le développement de dispositifs de médiation touristique innovants pour découvrir, visiter et promouvoir les territoires et les sites de mémoire liés aux conflits guerriers du XXème siècle.

. « Alma : Corsaires de la Liberté » : . . . Algérie, nos mémoires, avec Benjamin Stora. Benjamin Stora est notre « Monsieur Algérie ». Spécialiste de l’histoire du Maghreb contemporain, professeur à l’Université Paris 13 et à l’INALCO, il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l’Algérie La gangrène et l’oubli, la mémoire de la guerre d’Algérie (La Découverte, 1991), et d’essais plus personnels comme Les guerres sans fin. Un historien, la France et l’Algérie en 2008 ou Les clés retrouvées en 2015 chez Stock. Dernier en date paru cette année chez Denoël : La guerre d'Algérie vue par les Algériens, en deux volumes, co-écrit avec Renaud de Rochebrune. L'histoire est commune, mais la mémoire divise. Il est également président du conseil d'orientation du Musée de l'histoire de l'immigration, qui fête ses dix ans, et expose jusqu’au 21 janvier « Lieux saints partagés», des sanctuaires que les trois monothéismes se partagent.

Nous sommes face à un problème : celui de la surabondance des récits, notamment des récits fantasmés, reconstruits. Les lois mémorielles. L’histoire nationale, la mémoire et la politique entretiennent des relations mouvementées. Régulièrement des responsables politiques suscitent des polémiques après des propos sur des évènements passés, comme, par exemple, quand Emmanuel Macron a qualifié, le 14 février 2017 à Alger, la colonisation française de "crime contre l’humanité". En réponse, Laurent Wauquiez a protesté contre la culture de la repentance ("Au lieu de transmettre notre histoire, on va parler de l’esclavagisme, des croisades, de la colonisation.

Je n’aime pas ça. On n’a jamais eu autant besoin du réarmement républicain. ") Au centre de ce débat Histoire/politique, figurent les lois mémorielles adoptées à partir des années 1990. Que sont les lois mémorielles ? Sous cette expression, sont regroupées des lois qui ont, pour point commun, de donner un point de vue officiel sur des évènements historiques : Trois grandes fonctions parmi les lois mémorielles peuvent être distinguées : Pourquoi commémorer la Grande Guerre ? Hegel : peut-on tirer des leçons de l'histoire ? On dit aux gouvernants, aux hommes d'Etat, aux peuples de s'instruire principalement par l'expérience de l'histoire.

Mais ce qu'enseignent l'expérience et l'histoire, c'est que peuples et gouvernements n'ont jamais rien appris de l'histoire et n'ont jamais agi suivant des maximes qu'on en aurait pu retirer. Chaque époque, chaque peuple se trouve dans des conditions si particulières, constitue une situation si individuelle que dans cette situation on ne peut et on ne doit décider que par elle.

Dans ce tumulte des événements du monde, une maxime générale ne sert pas plus que le souvenir de situations analogues qui ont pu se produire dans le passé, car une chose comme un pâle souvenir, est sans force dans la tempête qui souffle sur le présent ; il n'a aucun pouvoir sur le monde libre et vivant de l'actualité. A ce point de vue, rien n'est plus fade que de s'en référer aux exemples grecs et romains, comme c'est arrivé si fréquemment chez les Français à l'époque de la Révolution. Pierre Vidal Naquet, "Les assassins de la mémoire" (avant-propos)

Martine Fournier : le rôle de l'historien. Allocution de J. Chirac du 16 juillet 1995. Discours de Jacques Chirac sur la responsabilité de Vichy dans la déportation, 1995. Les années 1970 voient un tournant décisif dans la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. La mémoire officielle de la Résistance vole en éclat tandis que se dévoile la réalité du régime de Vichy. Au cours des années 1970 et 1980, des films et des ouvrages provoquent la prise de conscience collective d'une complicité du régime de Vichy dans le génocide des Juifs. Cette prise de conscience est vécue douloureusement.

L'ouvrage de Robert Paxton La France de Vichy, publié en France en 1973, part des archives allemandes pour montrer que Vichy a voulu une politique de collaboration dès 1940 et a participé à la répression contre les Juifs de manière autonome. En 1972, les polémiques provoquées par "l'affaire Touvier", ancien responsable de la milice gracié discrètement par Georges Pompidou, révèle à quel point la Seconde guerre alimente des passions douloureuses. La renaissance de l'extrême droite française rend les enjeux du travail de mémoire encore plus cruciaux et actuels. Carole Robert.

La lutte contre le négationnisme (Georges Wellers) Le Souvenir français. Lettre de Simone Veil. Jacques Tardi : “Plus qu’un devoir de mémoire, mon travail est un devoir d’avenir” Morceaux choisis, bribes de commentaires, moments intenses lorsqu’il s’arrête et se retourne, et s’adresse à tous avec une voix forte et claire, comme pour s’assurer que l’on comprend bien ce qu’il veut nous dire, que c’est sans doute cela le plus important. C’est avec le sentiment de vivre un moment assez privilégié que nous avons pu découvrir l’exposition en compagnie de Jacques Tardi et de sa compagne Dominique Grange. Et d’emblée, les choses sont posées : si on lui demande si la Guerre est une obsession, il se place sur le plan de l’expérience personnelle : « On n’a plus de grands-pères sous la main pour les faire témoigner, tout ça va disparaître et il ne faut pas !

C’est en pensant à nos grands-pères que j’ai abordé ce thème. L’un de mes grands-pères est mort durant le conflit à 22 ans. Et puis j’ai vu les premières photos dans les revues comme l’Illustration, et j’ai toujours plaqué ces images à ce grand père : il avait le même casque, le même fusil, il a vécu ça. Dont acte.