Agriculture et alimentation

Facebook Twitter

Face aux adversaires de la viande, le steak déclare la guerre. C’est un dommage collatéral du sommet de Copenhague : la guerre entre végétariens et professionnels de la viande est ouvertement déclarée.

Face aux adversaires de la viande, le steak déclare la guerre

Au départ : un appel à la « grève de la viande » pour lutter contre le réchauffement climatique relayé par deux végétariens célèbres, l’ancien Beatle Paul McCartney et le président du Groupe d’experts international sur le changement climatique (Giec) Rajendra Pachauri. A l’arrivée, une campagne de communication massive menée par les professionnels du bétail (Interbev), appuyés par le Centre d’information des viandes (CIV). Rien n’est assez gros pour défendre le bifteck menacé : pleines pages de pub dans la presse, édition spéciale du quotidien pour enfants L’actu, spot bien léché sur CIV.TV...

Le message est le suivant : si la France est aussi belle, il faut en remercier les prairies... et donc les vaches qui paissent dessus. (Voir la vidéo) Mange-t-on trop de viande ? L’élevage est-il si polluant ? Grâce aux prairies, l’élevage pollue-t-il moins ? Peut-on dire qu'il y a trop de pesticides dans le raisin ? Un procès pour dénigrement était intenté ce mercredi devant le Tribunal de grande instance de Paris par les producteurs de raisin de table contre une association de lutte contre les pesticides, à qui il est reproché de ne pas être « objective » dans une étude. 500 000 euros de dommage et intérêt, c’est la somme réclamée par le syndicat des producteurs de raisin de table à l’association MDRGF (Mouvement pour le droit et le respect des générations futures).

Peut-on dire qu'il y a trop de pesticides dans le raisin ?

Au-delà de cette somme, ce que souhaitent les agriculteurs, c’est, comme l’explicitait leur avocat Me Patrick Gontard : « que quand on tape sur internet “raisins+pesticides” on ne tombe plus sur ce site, mais sur la publication de la condamnation. On saura alors que l’on ne peut pas dire tout et n’importe quoi ». Selon lui, « une association se comporte comme un média » du fait d’Internet, et se doit du coup d’être « objective ». Qui nuit aux producteurs de raisin ? « Impossible. Photo : une grappe de raisin (Gezellig-girl.com/Flickr) Le loup voyou » Fromage ô désespoir ! Association Kokopelli. La tragédie des pommes. « An apple a day keeps the doctor away » dit l’adage anglophone.

La tragédie des pommes

Sauf que c’est désormais la pomme[1] elle-même qui a besoin d’un docteur. Car si on nous suggère de « manger des pommes », encore faudrait-il que la pomme demeure effectivement plurielle. Ce qui est malheureusement de moins en moins le cas aujourd’hui. La faute à qui ? Peut-être aux mêmes forces et logiques économiques qui mettent à mal les biens communs (cf ce manifeste), de l’eau au logiciel en passant par la culture prise au piège des industriels[2] L’enclosure des pommes The Enclosure of Apples David Bollier - 10 novembre 2009 - OnTheCommons.org(Traduction Framalang : Goofy) L’agriculture moderne a drastiquement réduit les variétés naturelles de pommes.

Il y a un siècle, en 1905, il y avait plus de 6500 variétés distinctes de pommes comestibles, d’après Verlyn Klinkenborg du New York Times. Un des buts remarquables que vise le mouvement Slow Food, c’est de retrouver la diversité naturelle de notre nourriture locale.