Une semaine dans les coulisses des négociations sur le commerce des armes. Du 3 au 27 juillet, « La Croix » lui ouvre cet espace pour publier ses commentaires. Pourquoi l’ouverture a-t-elle été chaotique ? La Palestine soutenue par l’Égypte et quelques États du groupe arabe, a fait une demande pour être traitée au cours de la conférence comme un État à part entière. Cela signifie, être assis dans le strict respect de l’ordre alphabétique et participer pleinement aux débats. Sauf qu’officiellement, la Palestine est reconnue aux Nations unies comme une « entité ». Lorsque ce rappel lui a été fait, elle a affirmé vouloir les mêmes droits que le Saint-Siège qui lui est un « État observateur ».
À ce titre, il peut donc prétendre aux mêmes droits que les États membres. C’est en s’appuyant sur ce statut que le délégué du Saint-Siège a refusé d’être mis au même niveau que la Palestine. Il est impossible de dire aujourd’hui que cet arrangement est définitif, rien n’empêche en effet à un pays de le remettre en question. À quelle étape des négociations est-on arrivé ? En direct de la conférence sur le commerce des armes avec Zobel Behalal du CCFD-Terre Solidaire. Traité sur le commerce des armes: l’Histoire en marche. C’est fait. La conférence diplomatique sur le TCA a été officiellement ouverte hier par Ban Ki Moon. Son discours prononcé dans la matinée avec un jour de retard et les déclarations de quelques ministres dans l’après-midi viennent mettre un terme à un blocage inquiétant.
Tout a failli exploser à cause d’un désaccord suite à une demande de la Palestine de siéger au sein de la conférence comme un État à part entière. La voie semble donc dégagée pour la négociation de cet instrument qui enrichira le droit international et sauvera des millions de vies à travers le monde. Nul ne peut ignorer les dégâts causés par une circulation irresponsable des armes conventionnelles. Le Mali, la Syrie, la RDC… montrent aujourd’hui que sans contrôle, les armes sont utilisées contre les populations civiles hypothéquant ainsi le développement des pays. Les règles du TCA devront s’appliquer à toutes les activités liées au commerce des armes. Trois ONG bâillonnées devant le salon de l'armement Eurosatory.
Amnesty International France, le CCFD-Terre Solidaire et Oxfam France se sont vus interdire, ce lundi, l’accès au salon de l’armement Eurosatory à Villepinte, où se retrouvent les plus gros exportateurs d’armement. Leurs représentants se sont symboliquement bâillonnés devant l'entrée pour protester contre cette interdiction. «A trois semaines de l’ouverture de la conférence de l’ONU pour l’adoption d’un traité international sur le commerce des armes (TCA)», les trois ONG, «soucieuses de la régulation des transferts d’armes pour protéger les populations civiles», affirment qu’elles se sont vu refuser leur demande d’entrer au salon «pour la première fois». Mais il a été proposé qu’une rencontre puisse être organisée avec les industriels «après le salon», précise-t-il. Les ONG ont renouvelé le 22 mai leur demande d’une rencontre avec les industriels sur le TCA et d’un accès au salon. Les ONG indésirables au salon de l’armement. De dangereux individus ont été empêchés de justesse, hier, de pénétrer sur le salon de l’armement qui se tient toute la semaine à Villepinte, au nord de Paris.
Membres d’Amnesty International, d’Oxfam et du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), ils voulaient dénoncer la présence de plusieurs exposants ayant vendu des armes à des Etats-clients peu recommandables. Parmi eux, le russe Rosoboronexport, fournisseur régulier de l’armée de Bachar al-Assad, qui, jour après jour, noie dans le sang la révolte en Syrie.
Ces associations, dont certaines avaient par le passé participé sans problème à cette grand-messe de l’armement baptisée Eurosatory, n’ont pas obtenu, cette année, d’accréditation de la part des organisateurs. De leur côté, les ONG s’étonnent de ce tour de vis. Eurosatory, sorte de mondial de l’armement terrestre, se tient tous les deux ans près de l’aéroport de Roissy. Thomas HOFNUNG. Des ONG réclament un contrôle renforcé des exportations d'armes. Exportations d'armes françaises, à quand la véritable transparence ? Contrôle du commerce des armes : une législature à oublier !