Etude Fnac Virgin. Comme pressenti, Virgin Megastore déposera le bilan demain mercredi. L'information avait été dévoilée dès jeudi dernier, elle a été confirmée ce mardi à l'issue du comité d'entreprise extraordinaire : la direction de Virgin Megastore va officiellement déposer le bilan mercredi 9 janvier, auprès du tribunal de commerce de Paris. "Procéder à une déclaration de cessation des paiements est une obligation légale dès lors que l'entreprise n'est pas en mesure de faire face à son passif exigible", indique la direction dans un communiqué, précisant que "ce dépôt de déclaration de cessation de paiement sera donc effectué dès demain".
Une disparition totale de Virgin Megastore possible Dans un communiqué, le groupe explique que l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire "permettra à la direction de Virgin Stores de rechercher différentes solutions pour la société". Et pour ses 1.000 salariés. La cessation de paiement est la première démarche que doit accomplir une entreprise qui n'est plus en mesure de régler ses créanciers. Des loyers trop élevés. Virgin en faillite: les magasins de produits culturels sont-ils condamnés? Virgin Megastore a un genou à terre. Le distributeur de produits culturels, dont le chiffre d'affaires a chuté de 25% entre 2008 et 2011, a annoncé aujourd'hui qu'il allait se déclarer lundi en cessation de paiement.
Le groupe PPR a annoncé pour sa part, en octobre, qu'il comptait se désengager de la Fnac, autre fleuron du secteur, en l'introduisant en Bourse. Concurrencée par l'irrépressible ascension du numérique, la vente physique de produits culturels a-t-elle encore un avenir? Les réponses de Philippe Moati, cofondateur de l'Observatoire société et consommation, et Olivier Dauvers, expert de la grande consommation. Virgin Megastore a annoncé aujourd'hui qu'il déposait son bilan.
PPR cherche à se débarrasser de la Fnac, dont le segment "culture" ne cesse de se contracter. Les distributeurs physiques de biens culturels peuvent-ils encore survivre malgré la part croissante du numérique dans le secteur? Philippe Moati: "Oui, mais pas uniformément. Virgin Mega Store : le naufrage d’une stratégie obsolète. Comment expliquer cette débâcle ? Le drame que vit cette société est un mal courant : l’incapacité à s’adapter à un changement brutal du marché. Les clients ont changé radicalement de comportement.
Plutôt que d’acheter les livres, la musique ou les films dans des magasins, ils préfèrent les acheter sur internet, et plus récemment sur les smartphones. C’est une rupture profonde : ne pas s’y adapter, c’est s’exposer à ces conséquences dramatiques. Concrètement, les écueils rencontrés par Virgin sont les suivants - Virgin Mega Store a privilégié les points de vente physiques, pour se différencier des autres enseignes de magasins. . - Virgin a misé sur l’expérience client, le conseil sur le lieu de vente. . - Le business model est plombé par l’amortissement des investissements immobiliers conséquents et par des systèmes d’information inflexibles (les ERP, censés apporter un gain d’efficacité, rigidifient les processus et inhibent la créativité). Nous vivons dans un paradoxe. Les leçons à en tirer. Fnac, Virgin et Chapitre : Des déboires à la chaîne.
La Fnac en bourse, Virgin Megastore hors course. Pourquoi Virgin, et demain la FNAC, vont forcément fermer #BESTOF. Les brillants fondateurs des groupes Carrefour (Marcel Fournier) et Edouard Leclerc (Leclerc) avaient pour devise : "tout sous un même toit". Autrement dit, l'hypermarché a été innovant par son volume et par la profondeur des gammes d'articles proposés. Nous pouvons, depuis le début des années 60, y acheter un pamplemousse rose aussi bien qu'un tube de cirage bleu ou qu'un paquet de lessive. Plus récemment, nous pouvons y trouver des rayons dédiés aux micro-ordinateurs, écrans plats, etc. Le "tout sous un même toit" est à l'origine de la Fnac fondée notamment par André Essel et Max Théret qui ont su mettre à disposition de leurs clients des produits : appareils photo, lecteurs de cassettes à l'époque -, et des disques et autres supports culturels tels que le livre.
Ce "tout sous un même toit" des produits culturels a rencontré un succès remarquable. Ce business-model a été très rentable mais désormais une tenaille impitoyable s'est refermée sur ce type de magasins. A voir également. Les erreurs stratégiques de Virgin et de la Fnac. Liquidation judiciaire de Virgin, introduction risquée en bourse de la FNAC : plus que le commerce en ligne, c'est l'absence d'une véritable stratégie de services qui explique le déclin des grandes surfaces culturelles.
Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Vincent Chabault (Maître de conférences en sociologie à l'université Paris-Descartes) La liquidation judiciaire de Virgin, l’introduction risquée en bourse de la FNAC faute de repreneur et la fermeture annoncée de plusieurs librairies du réseau Chapitre révèlent la déstabilisation inéluctable du modèle des grandes surfaces culturelles. Dès les années 1950, la FNAC a contribué à mettre en place de nouvelles conditions d’achat pour les biens culturels et technologiques au cœur des villes.
Ce modèle de distribution, propre à la FNAC mais porté partiellement par d’autres grands détaillants, s’est progressivement banalisé avant d’être confronté à la révolution technologique d’Internet et à la dématérialisation des contenus.