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NIcolas 1er
Ce fut l'une de mes premières vocations irrévocables. Je songeais à ça, tout à l'heure, à la vocation, en me demandant si notre bien-aimé Nicolas 1e avait eu tout petit la vocation, lui aussi. Est-ce qu'il avait déjà décidé de faire autocrate quand il serait grand? Donc, moi, je voulais devenir avaleur de sabre, passons sur les motivations, je ne m'en souviens plus.
Le coucou de Claviers: A quoi jouait Nicolas, quand il était gra
Le coucou de Claviers: 2- Nicolas 1er va en classe
Hein, je vous le demande?» Le Bien-aimé, me dit-on, sut à merveille exploiter la lecture de son devoir à haute voix, et capitaliser la sympathie des élèves qui en résulta. Si bien qu'il fut élu haut la main délégué de classe à la rentrée suivante, au nez morveux du grand Jacquot qui s'accrochait à cette place depuis l'entrée en 6e —section autocratie. D'aucuns prétendent que des copines enamourées lui attribuèrent dès cette époque le surnom de Bien-aimé, en vertu de je ne sais quelle ressemblance avec Louis XV. Inspiration de mauvais augure, si je puis me permettre, quoique notre Nicolas 1er jouisse encore à cette heure de la popularité inhérente aux débuts de règne. Il ne faut pas oublier que le frivole Louis XV, s'il débuta comme roi sous le pseudo de Bien-aimé, acheva sa carrière dans la détestation générale.
Nul n'a oublié ni n'oubliera de sitôt, je suppose, le jour de liesse populaire qui suivit la formation du gouvernement, au lendemain de l'érection de Nicolas 1er (le Bien-aimé) à la nicotée suprême, l'an deux mille septre. Le choix de figures adulées du public, assignées à des postes ministériels d'une modernité volontariste, annonçait clairement la rupture promise à la veille du plébiscite. Le peuple franchois en ressentit une commotion voluptueuse qui emplit chacun d' étonnement —étonnement qui tenait moins à la jouissance éprouvée qu'à son siège, présenté jusque là comme inconvenant par la tradition.
Le coucou de Claviers: 3 —Sagesse de Nicolas 1er
Le coucou de Claviers: Nicolas 1er et les droits de l'opposition
Ce matin, 12 bis de Janvier, notre Bien-aimé Nicolas 1er recevait au palais son opposition officielle venue lui présenter ses vœux . Ce fut un moment vrai, de pure satisfaction que d'assister à l'arrivée de ces trois gueux, rebuts de la feue république. Pour mémoire, rappelons qu'il s'agissait d'un sénateur de Gaule-Atlantique et de deux députés issus des chomvilles d'ici et de là-bas. Vêtus de leurs meilleures guenilles, chaussés de baskets, la poitrine ceinte de l'écharpe aux couleurs de la Nicosie, pourpre, blanc, azur, ils empestaient l'eau de lavande à dix mètres.
«Et pas toi, quelle horreur! —Ouais, j'ai eu beau insister, y voyait pas qui j'étais.» Notre couple régnant resta quelques instants muet, abasourdi, puis Nicolas 1er sonna le bon Saint Henri qui accourut à l'impérial chevet. Le Bien-aimé lui narra son rêve et le dévoué conseiller en versa des larmes de compassion. «Il faut faire quelque chose, Riton, tu vois pas qu'on m'oublie quand j'y serai plus? —Vous ne mourrez jamais, sire!
Le coucou de Claviers: Et Nicolas 1er fonda un musée
Le coucou de Claviers: Nicolas 1er réforme l'hôpital
Ne l'oublions jamais: notre Bien-aimé Nicolas 1er veille aux affaires de la Nicosie nuit et jour. Lourde est sa charge, grand son mérite d'en avoir accepté le faix. Aussi, est-ce avec ferveur que chacun dans le pays se livre soir et matin à la récitation obligatoire des trois «Notre Nicolas…» implorant pour lui la protection céleste.
Ce matin, Nicolas 1er a fait couper les têtes du bailli de La Jambe et de son maître du Guet. Si grande était la colère du Bien-aimé qu'il a commandé au bourreau de prendre sa plus vieille hache pour la décapitation. Ce qui fut donc fait, d'une lame rouillée et toute ébréchée. La double décollation achevée, après quelques essais infructueux, les conseillers et proches sapirs présents au palais réconfortèrent de leur mieux notre Bien-aimé dont la noble face tressaillait encore d'un impérial courroux.
Le coucou de Claviers: La juste colère de Nicolas 1er
Le coucou de Claviers: Nicolas 1er taxe les chaussures
Au nom de Nicolas 1er, Nicomède suprême de Nicosie, Nous, M. le Premier Sapir mange-couleuvre, en charge du tout dans le rien, Mme le Sapir de la cassette et de la garde-robe, Mme le Sapir des choses du dedans,
L'autre jour, le journaliste du Journal eut l'honneur d'un entretien public avec Nicolas 1er, devant le pays entier, pareillement extasié du nord au sud, tel un seul spectateur devant son poste réglementaire*. Ce fut très beau : les ors du palais jetaient leurs feux, sur un fond d'oriflammes de Nicomée. Le Bien-aimé a souri d'abord à son peuple , le regardant droit dans les yeux, les siens comme embués d'affection paternelle. «Mes bons Franchois, a-t-il commencé, faut pas se cacher derrière son petit doigt: je sais que cet hiver vous avez froid aux pieds, sans souliers dans la neige…C'est pas tolérable! Alors, moi, j'ai ordonné au premier sapir de placer à la caisse d'épargne le produit de la taxe sur les chaussures. Et tenez-vous bien!
Le coucou de Claviers: Quand Nicolas 1er s'adressait aux Francho
Le coucou de Claviers: Méditations d'un conseiller de Nicolas 1e
L'autre jour au petit matin, le bon Saint Henri, le conseiller préféré de notre Bien-aimé Nicolas 1er, avait des soucis . Il réfléchissait au lit, en compagnie de sa sous-conseillère préférée —parce qu'il faut préciser que l'usage en pays franchois veut que tout haut personnage de l'entourage de notre Bienfaiteur Suprême dispose d'un ou plusieurs conseillers, lesquels doivent forcément aller chercher leurs conseils ailleurs, ce qui fait que la sous-conseillère dont il est ici question a son propre sous-sous-conseiller, mais celui-ci n'était pas dans le lit, à notre connaissance. Donc, le bon Saint-Henri réfléchissait.
Le coucou de Claviers: Nicolas 1er visite l'Exposition Agricole.
Sa Majesté Nicolas 1er a, cette semaine, honoré de sa présence l'Exposition Agricole qui se tenait comme tous les ans dans sa capitale chérie. Une foule dense se pressait afin de l'acclamer, constituée pour une bonne part des plus racés représentants de notre cheptel national, veaux, vaches et conjoints, brebis, volailles à plumes et à poils, telles que truites, saumons, brocolis, cochons d'inde, ou poules du tandori, sans compter chevaux et concubines, poulains et poneys mérinos. D'autre part l'assistance proprement dite, composée essentiellement des huit mille hommes et femmes de la garde impériale, tous agréablement costumés en fermiers et fermières, avec un tel réalisme qu'il était impossible d'identifier dans leur masse les paysans authentiques accrédités pour la visite impériale. Le Bien-Aimé, quoique allergique à la plume fit un arrêt remarqué devant l'enclos d'une laitière rose de Celtique Occidentale.
Lorsqu'ils récitent leurs trois « Notre Nicolas… » du matin, les Franchois devraient penser à la chance qu'il ont d'avoir le Bien-Aimé pour maître, et redoubler de ferveur. Tenez, pour ne prendre qu'un exemple: songez à l'extrême dénuement des Yanomami qui, à l'heure où j'écris ces lignes, en quête d'une connexion internet, doivent endurer plusieurs jours de pirogue, pour relever leurs mails! Chez-nous, point de fatigue ni de perte de temps: Nicolas 1er a voulu que chaque village de son royaume dispose de sa borne Ouifi, afin que le moindre de ses sujets puisse bénéficier des bienfaits du Oueb. Et ce n'est pas tout, car dans sa grande sollicitude, le Bien-Aimé s'est soucié de nous mettre à l'abri des terribles dangers qui guettent l'internaute imprudent.
Le coucou de Claviers: Nicolas 1er et la Ouifi
Le coucou de Claviers: Une journée de Nicolas 1er
Et ceux qui ne le sont pas, les plus nombreux heureusement, ne se rendent pas compte à quel point le métier d'Empereur des Franchois est dur. Un autre que Nicolas 1er n'y résisterait pas, il nous rendrait son tablier, à la fois épuisé par le pouvoir et découragé par la malveillance de certains sujets à son égard. Tenez, il y a peu, notre Bien-aimé s'est accordé deux petites journées de détente, en compagnie de l'Impératrice Lala, dans une modeste paillote texicaine. Un repos non seulement mérité, mais nécessaire, à la veille de leur visite officielle au Texica, avec tout le tralala et les fatigues que cela suppose.
D'abord parce que, giron, ça me plaît bien, ça me rappelle ma maman. Après, y a aussi que j'aime la belle musique. Quand j'étais petit j'écoutais des airs de country toute la journée, je rêvais d'aller au Texas plus tard, danser avec Jane Fonda… Ah, la, la! les santiags, le chapeau, les chevals, tout ça!
Le coucou de Claviers: Nicolas 1er adhère à l'otan
Ce jour là, dans une forêt impériale proche de la capitale, les deux conseillers favoris de Nicolas 1er faisaient leur trotting matutinal. Comme l'exige le protocole, c'est Cloclo le Béant, Premier valet de la garde-robe qui courait devant, en sa qualité de bras droit de notre Bien-aimé empereur. Le Bon Saint Henri suivait sous ses vents à petites foulées résignées. Ils débouchèrent ainsi dans une clairière circulaire, à peu près inconnue du grand public où se trouvent quelques unes des meilleures niches fiscales de la Nicolée. N'allez pas croire qu'il s'agissait de ces abris à canidés que l'on voit à la campagne, ni de ces cavités voûtées où logent quelques fois des statues de saints et autres pots de géraniums.
Le coucou de Claviers: La rondelle fiscale de Nicolas 1er
Nicolas1er Part 2
lecoucou: de Guillaume Tell à la pomme, de la pomme à Eve, d'Eve aux conservateurs, des conservateurs à Sarko ;-) Bon d'accord, c'est un grand détour... by Aug 25
@Patrice, sans lui , pour etre franc, bloguer serait souvent ingrat! by Aug 25
@wallen, je suis content de t'avoir pour lecteur... d'un monde qui nous renvoie au temps de Guillaume Tell. by Aug 25
Rien à remercier! Un si haut personnage mérite que l'on chante et que l'on ne se lasse de chanter sa merveilleuse épopée... by Aug 25
@Patrice merci! @lecoucou, cela promet une lecture interessante! by Aug 25
Patrice, un grand merci aussi ! by Aug 25
Elrring, merci, je vais m'en occuper. by Aug 25



