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Grèce Quatremer

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La déroute d'Alexis Tsipras. Un Waterloo européen, un désastre économique, mais une victoire politique intérieure. Voici, en quelques mots, le bilan des six premiers mois de pouvoir d’Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, dont le parti de gauche radicale, Syriza, a gagné les élections législatives anticipées du 25 janvier dernier, il y a six mois. Pour mesurer l’ampleur exacte de ce qui ne peut être que qualifié de catastrophe, il faut se rappeler qu’il y a un an, la Grèce semblait tirée d’affaire : après deux plans d’aide financière successifs à 225 milliards d’euros (contre un seul pour l’Irlande, le Portugal et Chypre) et deux restructurations de dettes (1), le pays semblait tout prêt de pouvoir à nouveau accéder aux marchés financiers.

Les taux d’intérêt exigés diminuaient rapidement et plusieurs émissions de dettes à court terme avaient été des succès. Un an plus tard, l’économie grecque est à genoux. Une mauvaise évaluation du rapport de force européen La responsabilité d’Antonis Samaras. Grèce, scénarios friction. Que les dix-neuf chefs de gouvernement de l’eurozone parviennent ou non, in extremis, à un compromis, lors du sommet extraordinaire convoqué ce lundi soir à Bruxelles, après un énième échec des ministres des Finances à trouver la solution du casse-tête grec, Athènes restera pour longtemps une croix pour l’Union.

Car personne n’imagine un scénario dans lequel la Grèce se rétablirait par miracle, avec ou sans l’euro, avec ou sans l’aide des Européens. Ses maux profonds - un Etat prédateur, clientéliste et corrompu, un secteur public hypertrophié, une économie peu innovante - n’ont été que révélés par la crise financière de 2007. Au pire, ce sera le «Grexit», au mieux un accord qui ne réglera rien.

Voici les trois nuances de gris possible. 1-Le Grexit Pis : le mécanisme européen de stabilité (MES), qui lui a prêté 142 milliards d’euros, à la suite du non-remboursement du FMI, exige immédiatement le remboursement de ces sommes comme le prévoient ses statuts. Le marasme est total. Coulisses de Bruxelles - Grèce vs Eurozone: histoire secrète d'un bras de fer - Libération.fr.

Dessin: Nicolas Vadot On allait voir ce qu’on allait voir ! Syriza, la gauche radicale grecque, qui a remporté les élections législatives du 25 janvier, se faisait fort d’en finir avec l’austérité et la dette : il allait « changer l’Europe ». Un mois après, Alexis Tsipras a du se rendre à l’évidence : la Grèce n’a strictement aucune marge de manœuvre financière et elle dépendra encore pour longtemps de l’aide financière de la zone euro.

En attendant, il faudra qu’elle passe sous les fourches caudines de ses créanciers, ceux-ci ayant juste accepté d’adapter aux marges le programme de réformes imposé à la Grèce. « Il a fallu que Syriza s’adapte en quatre semaines, très loin de leurs bases. Dimanche 25 janvier : Athènes Le nouveau gouvernement, qui s’appui sur une coalition formée avec un petit parti souverainiste de la droite radicale, ANEL, est connu deux jours plus tard, un record. Jeudi 29 janvier : Athènes Vendredi 30 janvier : Athènes Le matin a lieu un G7 finances téléphonique. Coulisses de Bruxelles - "Un Grexit, ce serait le passage de l'assistance financière à l'aide au développement" - Libération.fr.

REUTERS/Enrique Marcarian Voici l’interview que j’ai donné au site grec Iefimerida le 25 février dernier, au lendemain du compromis entre la Grèce et l’eurozone. L’accord obtenu par le gouvernement Syriza est-il meilleur ou pire que ce qu’avait obtenu la majorité précédente? Difficile à dire, car la lettre envoyée à Bruxelles n’entre pas dans les détails et le diable réside dans les détails comme l’ont déjà noté le FMI et la BCE. Ce sera tout l’objet de la négociation qui s’ouvre maintenant pour se terminer fin avril. Qu’est-ce qu’Alexis Tsipras est prêt à faire pour la TVA (augmentation de la TVA appliquée aux hôtels ? Pourquoi Varoufakis n’a-t-il pas réussi à persuader ses homologues d’incorporer dans l’accord final le programme dit «social» de SYRIZA? Les questions humanitaires figurent bien dans la lettre : cela fait partie des 30% de mesures que les partenaires d’Athènes ont accepté de négocier.

Croyez-vous qu’il y a un véritable danger de voir la Grèce sortir de l’euro ? Coulisses de Bruxelles - La Grèce de nouveau au bord du chaos - Libération.fr. Coulisses de Bruxelles - "Syriza aura peu d'espace pour rompre avec l'UE" - Libération.fr. Coulisses de Bruxelles - Grèce: Syriza, une gauche radicale en voie de normalisation - Libération.fr. Coulisses de Bruxelles - La fantasme du "Grexit" - Libération.fr. Coulisses de Bruxelles - La Grèce, notre croix commune - Libération.fr. Coulisses de Bruxelles - Grèce: "La volonté de réformes de Syriza peut être la solution" - Libération.fr. Coulisses de Bruxelles - Une coalition contre-nature et fragile aux commandes de la Grèce - Libération.fr. Coulisses de Bruxelles - Le programme de Syriza ne vaut même pas le papier sur lequel il a été écrit ! - Libération.fr. Je vais vous dire ce que je pense vraiment du programme de Syriza : il ne vaut même pas le papier sur lequel il est écrit !

C’est un catalogue de bonnes intentions non chiffrées qui ne pourront et ne seront pas tenues. Le plus grand mensonge de ce fourre-tout de politiques sans importances est que l’austérité sera annulée ! Une plaisanterie ! Lire ce programme est juste une perte de temps et je vous recommande de passer votre chemin. Ceux qui craignent le «gauchisme» de Syriza se trompent lourdement. C’est un conglomérat de petits partis en évolution permanente, passé en quelques années de moins de 4 % des voix à plus de 36 %. Je me rends bien compte du cynisme de ce que je viens d’écrire et que j’ai dû gravement énerver mes lecteurs, surtout ceux de la gauche radicale qui espèrent que la Grèce sera le nouveau Venezuela, le nouveau Cuba, que dis-je ! «Doit-on redouter «l’ultra-gauchisme» de Syriza? Décoiffant de franchise, non ? Donc relire mes articles récents : Coulisses de Bruxelles - Les espoirs de Tsipras se dérobent - Libération.fr.

Le nouveau gouvernement grec découvre que ses marges de manœuvre sont pour le moins réduites. A la tête d’un « État en faillite », comme l’a reconnu, dans l’hebdomadaire allemand die Zeit, Yanis Varoufakis, le ministre des finances grec, Syriza, doit bien admettre que les caisses sont vides et que, sans l’aide de l’Europe et du Fonds monétaire international (FMI), la Grèce sombrera. Surtout, contrairement à ce qu’Athènes espérait, il ne compte aucun allié dans l’Union européenne, en dehors de Chypre, lui aussi sous perfusion financière internationale.

Alexis Tsipras, le Premier ministre, qui était aujourd’hui à Paris après Bruxelles et Rome, a pu mesurer cet isolement : de la « sympathie », certes, mais pas question « d’annuler » ou de renégocier tout ou partie de la dette grecque ou même de relâcher la pression pour que le pays se réforme. Désormais, Athènes tente de sauver les meubles en essayant d’obtenir quelques concessions de ses partenaires. Coulisses de Bruxelles - Dette grecque, mode d'emploi - Libération.fr. Après Rome, Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre grec à la tête d’un gouvernement Syriza-ANEL (droite radicale souverainiste), était mercredi à Bruxelles pour rencontrer Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, et Martin Schulz, le président du Parlement européen, puis à Paris pour s’entretenir avec François Hollande. Au menu des discussions : la renégociation de la monstrueuse dette grecque. 1/ Qui possède la dette grecque ? La Grèce a été sortie des marchés en mai 2010 (qui réclamaient des taux d’intérêt impossibles à payer) et a dû faire appel pour se financer (c’est-à-dire pour faire face à ses dépenses courantes et honorer les intérêts et les remboursements de sa dette) à l’aide européenne. 2/ La dette grecque est-elle soutenable ?

A priori, non, même si le budget grec est en excédent primaire (hors paiement des intérêts de la dette) depuis 2013 et que la croissance est enfin de retour depuis 2014 (entre 2 et 3 % attendus en 2015). Coulisses de Bruxelles - Grèce: échec avant compromis? - Libération.fr. La bourse d’Athènes croit à un compromis entre la Grèce et ses partenaires européens : hier, elle a fortement rebondi (+6,73%), après avoir plongé la veille (-4%), et ce, malgré l’échec de l’Eurogroupe. En effet, les 19 ministres des Finances sont passés tout près d’un accord et les autorités grecques se montrent optimistes sur les chances d’y parvenir lundi prochain, lors d’une nouvelle réunion de l’Eurogroupe : Yanis Varoufakis, le grand argentier grec, a prédit, hier, qu’un « accord satisfaisant » était en vu. « La magie de l’Europe a toujours été de trouver des solutions, même quand on les croyait impossibles », a ainsi confié le Premier ministre belge, Charles Michel, à l’issue d’une rencontre avec son homologue grec, Alexis Tsipras, en marge du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement qui a eu lieu hier après-midi, à Bruxelles. « Je suis sûr que tous ensemble nous pouvons trouver une solution viable pour soigner les blessures causées par l’austérité.

Coulisses de Bruxelles - Trois scénarios pour la Grèce - Libération.fr. La tournée européenne d’Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre, et de Yanis Varoufakis, le ministre des finances, menée tambour battant la semaine dernière, a tourné au fiasco. Non seulement les deux hommes n’ont obtenu aucun soutien dans leur demande de renégociation de l’énorme dette grecque (321 milliards d’euros, 177 % du PIB, dont 251,5 milliards détenus par des institutions publiques), mais ils ont multiplié les faux pas qui ont tendu les relations entre Athènes et ses partenaires les mieux disposés à son égard : ainsi, l’Italie s’est fâchée après que Varoufakis ait affirmé, lundi, que Rome « risquait la banqueroute »… Autant dire que les pourparlers, qui ont débuté hier soir au sein de l’Eurogroupe (ministre des Finances de la zone euro), pour se poursuivre jeudi au niveau des chefs d’État et de gouvernement, s’annoncent longs et difficiles alors qu’il y a urgence : les caisses grecques seront vides fin février.

L’Échec La défaite de Syriza Le compromis. Coulisses de Bruxelles - L'effacement de la dette grecque serait totalement payé par les citoyens européens - Libération.fr. C’est le dernier canard qui fait fureur sur le net : l’annulation, totale ou partielle, de la dette grecque détenue par la zone euro (251,5 milliards d’euros sur 321 milliards) ne coûterait quasiment rien aux citoyens européens ! Dès lors, pourquoi priver la Grèce de cette bonne action ? Évidemment, c’est totalement faux : il n’y a pas d’argent gratuit, sinon cela se saurait depuis longtemps. Ce canard a pour origine un article de la Tribune.fr, publié le 5 février.

Son auteur, Ivan Best, affirme qu’un défaut grec ne coûterait pas « 650 € ou 731 € » par Français (soit 41 milliards divisé par le nombre d’habitants), mais « 10,50 € par an par adulte ». Le raisonnement repose sur le fait que, selon son auteur, « l’État -et donc les contribuables- ne rembourse jamais la dette publique. Quand un emprunt arrive à échéance, l’État le rembourse, via l’Agence France Trésor (AFT), en empruntant à nouveau. Hélas, il s’agit d’un conte, charmant, mais d’un conte. Coulisses de Bruxelles - Bras de fer entre la Grèce et l'Eurozone - Libération.fr. C’est à prendre ou à laisser. L’Eurogroupe (les dix-neuf ministres des Finances de la zone euro plus la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international), qui s’est réuni lundi après-midi à Bruxelles, a lancé un ultimatum en bonne et due forme à la Grèce : elle a une semaine pour accepter la prolongation du «programme» (ou «mémorandum») actuel qui lui assure un financement (7 milliards d’euros) dont elle a besoin pour faire face à ses échéances en échange de nouvelles coupes budgétaires et de hausses d’impôts.

Sinon, elle devra se débrouiller seule. Les Européens, toutes tendances politiques confondues, campent donc sur une ligne dure face à Syriza, le parti de gauche radicale vainqueur des élections du 25 janvier. Yanis Varoufakis, ministre Grec des Finances. Photo: François Lenoir. Reuters Le gouvernement dirigé par Alexis Tsipras ne s’attendait sans doute pas à se retrouver ainsi totalement isolé.

Mais la zone euro a refusé de donner du temps au temps. Coulisses de Bruxelles - Daniel Cohn-Bendit: l'Allemagne et la Grèce, "c'est mythe contre mythe" - Libération.fr. Coulisses de Bruxelles - Grèce: Varoufakis pète les plombs - Libération.fr. Coulisses de Bruxelles - Athènes fléchit, Bruxelles valide - Libération.fr. Aléxis Tsípras à Atèenes le 5 février. (Photo Yannis Behrakis. AFP) «On ne mène un combat que si on a une chance de le gagner, ironise un diplomate européen.

Le gouvernement Syriza a oublié ce principe diplomatique de base et vient de subir une défaite en rase campagne.» Après un mois de psychodrame, trois Eurogroupes (les réunions des 19 ministres des Finances de la zone euro) et un Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement, le gouvernement grec s’est résolu, mardi, à passer sous les fourches caudines de ses créanciers. Dans un long document envoyé à Bruxelles, il détaille les réformes structurelles exigées par la zone euro et le Fonds monétaire international qu’il accepte de mettre en œuvre, en échange d’une nouvelle aide financière (7 milliards d’euros) vitale pour le pays.

«Détails». Ce document, qui permet de prolonger jusqu’à fin juin le programme grec dont l’échéance était samedi, a été entériné par l’Eurogroupe, mardi après-midi, lors d’une conférence téléphonique. Coulisses de Bruxelles - Entre Dijsselbloem et Varoufákis, la violence est restée verbale - Libération.fr. Coulisses de Bruxelles - Allemagne, la mal-aimée de l'Europe - Libération.fr. Wolfgang Schäuble, vêtu d’un uniforme de la Wehrmacht, l’armée du IIIème Reich, croix de guerre autour du cou, s’adresse aux Grecs : « nous insistons pour faire du savon avec votre gras ». Et d’ajouter : «nous sommes prêts à discuter des engrais que nous allons fabriquer à partir de vos cendres». Cette caricature du ministre des finances allemand est parue le 12 février, dans Avgi, le quotidien de Syriza, le parti de gauche radicale qui a gagné les élections législatives du 25 janvier.

L’Allemagne a été révulsée et l’a fait officiellement savoir. Il a fallu deux jours pour qu’Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre, condamne fermement ce dessin. Oubliant un peu vite qu’il a lui-même ouvert les vannes de la germanophobie en exigeant officiellement, dès son élection que l’Allemagne paie des réparations de guerre pour les dommages subis par le pays entre 1941 et 1944. Heureusement, ce discours n’accroche pas – encore ? N.B.: version longue parue dans Libération du 3 mars. Coulisses de Bruxelles - De la démocratie européenne et des démocraties nationales - Libération.fr.