background preloader

L'oeuvre d'Ingres

Facebook Twitter

1856 - Ingres - Les clés du regard n°14 - Cours-conférences 91-92. "Secrets de Maîtres" par Etienne Establie : au sujet de Ingres. Ingres: Une série de portraits en vidéo. Un documentaire en vidéo sur les principales oeuvres de Jean, Auguste, Dominique Ingres. Ingres, La Grande Odalisque, 1814. Une Odalisque. Ingres a transposé dans un Orient de rêve le thème du nu mythologique, dont la longue tradition remonte à la Renaissance.

Le plus célèbre nu du maître est une commande de Caroline Murat, soeur de Napoléon Ier et reine de Naples. Ingres a peint ici un nu aux lignes allongées et sinueuses sans tenir compte de la vérité anatomique, mais les détails comme la texture des tissus sont rendus avec une grande précision. Cette oeuvre a été violemment critiquée lors de son exposition au Salon de 1819. Offerte et discrète Cette femme allongée sur un divan est offerte par sa nudité et son visage tourné vers nous. Le titre de l'oeuvre, signifiant "femme de harem", ainsi que les accessoires orientaux qui l'entourent suggèrent l'Orient sensuel. Mais cette femme est aussi discrète parce qu'elle ne montre que son dos et une partie d'un sein. Un nu pour une reine La soeur de Napoléon, Caroline Murat (1782-1839), reine de Naples, a commandé ce tableau en 1813.

Abstraction et objectivité Bibliographie. L'Odalisque à l'esclave. Le dessin reprend après coup un célèbre tableau d'Ingres exécuté en 1839, L'Odalisque à l'esclave. Une autre oeuvre peinte en 1842, avec un paysage en arrière-plan, précède également ce dessin. Le thème traduit l'intérêt d'Ingres pour la tendance orientaliste, déjà visible dans La Grande Odalisque, et qui trouvera son apogée dans le célèbre Bain turc du Louvre. Exotisme et goût du détail Ingres met ici en scène une odalisque langoureuse dans un sérail, charmée par la musique d'une servante.

Complaisamment offerte, la jeune femme présente une de ces poses alanguies familières à l'artiste, qui fait onduler son corps de façon quasi musicale, comme si elle dansait en restant allongée. Les détails (la couronne, l'éventail, le narguilé) sont traités avec une précision presque hyperréaliste. Une répétition tardive Comme souvent, Ingres répète ici en dessin une composition peinte antérieurement. L'orientalisme triomphant Bibliographie. Le Bain turc. A la fin de sa vie, Ingres crée la toile la plus érotique de son oeuvre avec cette scène de harem associant le motif du nu et le thème de l'Orient.

Il s'inspire des lettres de Lady Montague (1690-1760) qui raconte une visite d'un bain pour femmes à Istanbul au début du XVIIIe siècle. Pour cette composition où règnent les arabesques, Ingres reprend des figures déjà présentes dans des toiles précédentes. Ce dernier chef-d'oeuvre de l'artiste ne fut révélé au grand public que bien après sa mort. Un Orient rêvé Des dizaines de femmes turques nues sont assises dans des attitudes variées sur des sofas, dans un intérieur oriental s'organisant autour d'un bassin. Beaucoup de ces baigneuses juste sorties de l'eau s'étirent ou s'assoupissent. D'autres papotent, prennent du café. Le dernier chef-d'oeuvre C'est le prince Napoléon qui commanda cette scène de harem à Ingres vers 1848. Triomphe de l'arabesque Bibliographie. Romulus vainqueur d'Acron.

Ce dessin est en relation avec un tableau peint par Ingres en 1812 à Rome, Romulus vainqueur d'Acron, qui montre un épisode fondateur de l'histoire romaine, inspiré de Plutarque. Il s'agit, malgré la date portée par erreur sur le dessin, d'un memento tardif de ce tableau aujourd'hui conservé au Louvre. Un épisode antique La composition représente Romulus, fondateur mythique de Rome, qui vient de remporter la victoire sur un des peuples voisins de Rome, les Céniniens, après le rapt des Sabines. A droite gît Acron, le roi des Céniniens. Romulus s'est emparé des "dépouilles opimes" et va les porter en cortège au temple de Jupiter.

Ingres a suivi le récit de Plutarque dans sa Vie de Romulus. La composition en frise est parsemée de références antiques, comme celle du cheval cabré à droite qui évoque un antique célèbre, l'un des deux Dioscures du Quirinal. Un décor pour Napoléon Empereur des Français, Napoléon était également roi d'Italie. Stylisation et archaïsme Bibliographie. La Baigneuse. Cette Baigneuse porte le nom d'un de ses anciens propriétaires du XIXe siècle. Elle constitua l'un des "envois de Rome" à Paris d'Ingres en 1808, lorsqu'il était pensionnaire à l'Académie de France.

Le jeune artiste réalise un chef-d'oeuvre aux lignes harmonieuses et à la lumière délicate. Cet admirable dos nu a hanté l'artiste toute sa vie, le reprenant dans plusieurs compositions, notamment Le Bain turc. La réception d'un envoi Cette Femme assise - son premier titre - est l'un des trois envois réglementaires d'académie du jeune Ingres (avec Baigneuse à mi-corps, 1807, musée Bonnat, Bayonne et Oedipe et le Sphinx, 1808, Louvre), sujet rarement abordé par les pensionnaires. Contrairement au Salon de 1806, où il avait provoqué un scandale - notamment avec son Portrait de Napoléon Ier (musée de l'Armée, Paris), "Empereur mal-ingre", "barbare" et les portraits de la famille Rivière (Louvre) - la critique fut mitigée, voire absente.

L'apparente simplicité La longue quête de l'idéal. Mademoiselle Caroline Rivière. Ce portrait d'enfant ainsi que celui de ses parents démontrent l'intime parenté d'Ingres avec Raphaël et les Florentins, à la veille de son départ pour l'Italie. Lors de leur exposition au Salon de 1806, ils furent jugés "gothiques" en raison de leur précision linéaire et de leur matière émaillée de "primitifs". L'ambiguïté d'une adolescente De ce portrait à mi-corps d'une adolescente fluette, sur un fond de paysage d'Île-de-France, se dégage une grande fraîcheur.

La jeune fille a un regard candide et une robe de mousseline blanche virginale. Un portraitiste malgré lui Ce portait de Mlle Rivière forme une manière de triptyque avec ceux de ses parents, également conservés au musée du Louvre. Stylisation de la ligne La pose de la jeune fille évoque les portraits de Raphaël, un "dieu" pour Ingres. Bibliographie. Oedipe explique l'énigme du sphinx. Oedipe, personnage de la mythologie grecque, répond à l'énigme posée par le sphinx, monstre fabuleux. Le tableau fut d'abord une étude de figure qui constituait un des "envois de Rome" d'Ingres. Puis, près de vingt ans plus tard, Ingres l'agrandit pour en faire un tableau d'histoire.

Il atténua l'archaïsme de la toile primitive : Oedipe reste une figure d'une harmonie formelle exceptionnelle. Le triomphe d'un homme sur un monstre Dans un paysage rocheux et escarpé, Oedipe, personnage de la mythologie grecque, est nu, de profil, face au sphinx. Ce monstre, au visage et au buste de femme, au corps de lion et aux ailes d'oiseau, s'est placé dans l'ombre d'une grotte. Oedipe donne la solution de l'énigme que le sphinx lui a posée comme à tout voyageur passant dans cet endroit de la région de Thèbes. Un "envoi de Rome" devenu un tableau d'histoire L'oeuvre constitua en 1808 le premier "envoi de Rome" d'Ingres. Harmonie géométrique et archaïsme Bibliographie. Louise de Broglie, comtesse d | Maison de Broglie. Vidéo: Ingres, Louis-François Bertin à la loupe.