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Situation - Par Frédéric Lordon. En 1999, des lignards d’EDF en vacances et même en retraite avaient spontanément repris du service pour rétablir le courant après la tempête.

Situation - Par Frédéric Lordon

Ils l’avaient fait parce qu’ils estimaient que, dans cette circonstance exceptionnelle, il se jouait quelque chose entre eux, le service public dont ils étaient ou avaient été les agents, et la société dans son ensemble, quelque chose qui n’était pas de l’ordre d’un lien contractuel-marchand et procédait de mobiles autres que pécuniaires. Maintenant que nous en sommes à l’étape de la forfaitisation du lien social, nous percevons combien cette réaction qui fut la leur a été une tragique erreur. Puisqu’il est décidé que tout, absolument tout, est monnayable, la prochaine fois que les lignes sont à terre, on espère bien que toute demande de reprise de service obtiendra pour réponse, au mieux la renégociation en position de force du tarif des prestations extraordinaires, et plutôt d’aller se carrer les pylônes.

De la prise d’otages, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 3 mai 2017) « Si ce personnage fameux qui riait de tout vivait dans notre siècle, il mourrait de rire assurément », écrit Spinoza à l’un de ses correspondants.

De la prise d’otages, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 3 mai 2017)

Et sans doute de même en le nôtre. Car c’est vrai qu’il y a de quoi rire longtemps au spectacle de choix qui nous est offert – sous la condition tout de même d’avoir le cœur bien accroché, car en réalité ça n’est vraiment pas drôle. Dans le concert pour cymbales et sanibroyeurs qui tympanise le pays entier, il n’est, à quelques exceptions près, pas un instrumentiste qui n’ait une part de responsabilité, politique ou idéologique, dans la situation présente – contre laquelle il jure ses grands dieux être prêt à faire barrage de son corps (si seulement…). Macron, le spasme du système, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 12 avril 2017) « Je vais être très clair »… Probablement ignorant des logiques élémentaires du symptôme, Emmanuel Macron semble ne pas voir combien cette manière répétitive de commencer chacune de ses réponses trahit le désir profond de recouvrement qui anime toute sa campagne. « Entre le flou et le rien, continuez de baigner », voilà ce qu’il faut entendre en fait à chacune de ses promesses de clarté.

Macron, le spasme du système, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 12 avril 2017)

À sa décharge, on admettra que déférer à l’obligation de parler quand on a surtout l’intention de ne rien dire est l’un de ces fléaux de la « démocratie » contre lequel on n’a pas encore trouvé d’antidote satisfaisant. On objectera que la plupart des candidats finissent par s’accommoder de ce long et mauvais moment à passer, et que le mensonge de campagne est un genre bien établi qui ne devrait plus rien avoir pour surprendre quiconque. Fin de période. «Les tensions de notre société naissent dans le refus de voir la situation de domination des catégories aisées» Fondé en 2003, l'Observatoire des inégalités est devenu une référence sur le sujet pour tous ceux qui recherchent une information précise et fiable sur les multiples dimensions du phénomène.

«Les tensions de notre société naissent dans le refus de voir la situation de domination des catégories aisées»

L’Observatoire s’apprête à lancer un Rapport sur les inégalités en France, panorama complet de la question pour lequel il fait appel aux dons des citoyens jusqu'au 24 avril. L’occasion de revenir avec son directeur, Louis Maurin, sur quelques idées reçues et de tenter de répondre à d’épineuses questions. Alors que l'éducation supérieure devient l'atout primordial dans une économie de la connaissance, ce poids culturel est comme nié ou à tout le moins minoré au profit d'autres thématiques plus consensuelles, en particulier le déclassement des classes supérieures. Sans nier ces préoccupations, Louis Maurin invite à prendre du recul avec un discours qui risque de rendre invisibles des pans bien plus larges de la société française.

Le débat sur les inégalités reste complètement pollué. Contribution : Qu'est ce que "Génération Ingouvernable" ? Dans un article de La Croix, Stefano Dorigo dit : « […] né d’une rencontre organisée à Montreuil, le week-end des 28 et 29 janvier, il veut être le laboratoire d’une critique radicale du dispositif de la présidentielle.

Contribution : Qu'est ce que "Génération Ingouvernable" ?

Il défère là aussi surtout des jeunes, voire des très jeunes, lycéens et étudiants, qui ne se retrouvent pas dans l’action politique étudiante traditionnelle. "Autonomisme" : misère de la politique contemporaine - Le Vent Se Lève. "Le vote n’est pas une parole. En aucun sens." Lundimatin : Par le passé, vous distinguiez la politique (au sens de politique-politicienne) et le politique (comme sphère intégrée à la vie).

"Le vote n’est pas une parole. En aucun sens."

Il semble que vous soyez récemment revenu sur cette distinction. Par quelle chemin proposez-vous de sortir de cette alternative ? Jean-Luc Nancy : Pourquoi ? D’abord parce qu’il m’avait semblé, comme à beaucoup et avec de nombreux camarades , nécessaire d’utiliser le masculin « le politique » pour désigner une essence ou une vérité de l’existence commune. Bibliothèque: au diable les livres! Propos recueillis par Michael Furger Interview.

Bibliothèque: au diable les livres!

Rafael Ball, directeur de la bibliothèque de l’EPFZ, est convaincu que l’internet rend les bibliothèques superflues. Soit elles évacuent leurs stocks de livres, les numérisent et se réinventent, soit elles sont condamnées à disparaître. Avons-nous toujours besoin de bibliothèques? Non, pas sous leur forme actuelle. L’internet rend les bibliothèques superflues?

Oui. Peut-être que oui, parce que les bibliothèques ont une mission culturelle. Les bibliothèques sont surestimées. Le savoir est dans les livres. Non, le savoir est dans la tête des gens qui relient des informations. Pour les gens qui n’ont pas de livres à la maison, les bibliothèques permettent un accès à la littérature.