L'ère de l'humain amélioré. A l'été 1935, deux alpinistes bavarois se rendent dans les Alpes bernoises, espérant devenir les premiers à dompter la monstrueuse face nord de l'Eiger.
Le premier jour, leur progression est honorable. Le second, un peu moins, et le troisième, elle est désastreuse. Puis une tempête s'abat sur la montagne et ils meurent, terrassés par le froid. L'année suivante, quatre nouveaux alpinistes tentent à nouveau l'impossible –ils y laisseront eux aussi la vie, tous les quatre. Après une troisième tentative malheureuse en 1937, un quatuor de grimpeurs réussit, enfin, à atteindre le sommet. Douze ans et de nombreuses victimes plus tard, deux alpinistes viennent à bout de l'Eiger en 18 heures. Les années 1960 sont celles de la première ascension en solitaire.
Ueli Steck speed solo Eiger record par lemarswayer En février, trois Britanniques sont arrivés au sommet de l'Eiger. L'Eiger n'a pas perdu en altitude ou en escarpement, et les conditions météorologiques ne sont pas non plus adoucies. «Real Humans» prend le risque de rompre avec les lois de la robotique. Mettre en scène une société dans laquelle des robots humanoïdes sont devenus presque identiques à des êtres humains est une entreprise à haut risque.
La nouvelle série Real Humans diffusée sur Arte depuis jeudi 4 avril 2013 le démontre en explorant systématiquement tous les pièges du genre dans le premier épisode. Les «hubots» se distinguent des vrais humains par un reste de raideur dans leur attitude qui leur donne une vague ressemblance avec les envahisseurs pourchassés par David Vincent (1969). L’arrivée de la hubot Anita dans la famille qui l’a achetée est bien loin de l’intensité de la mise en scène de Steven Spielberg dans la première partie de A.I.
Artificial Intelligence (2001). publicité Quant aux dissidents hobots, les «enfants de David» qui entrent en action dès le début, ils tiennent plus de vampires assoiffés d’électricité, bien loin des mémorables personnages de Ridley Scott dans Blade Runner (1982). Le hubot Anita - Source: Arte L’esclavage. À lire aussi sur Slate.fr. «Real Humans»: pourquoi fabriquer des robots à notre image? Temps de lecture: 7 min Real Humans tous les jeudis du 4 avril au 2 mai 2013 à 20h50 sur Arte A la frontière entre le fantasme et le réalisable, le robot androïde infuse la science-fiction depuis ses prémices.
L’écrivain fantastique Auguste de Villier de l’Isle Adam imaginait déjà en 1886 dans l’Eve Future une andréïde, femme artificielle (le mot robot n’apparaîtra qu’en 1921) parfaitement adaptée aux désirs du mysogyne. Dans la série Real Humans diffusée à partir de ce jeudi soir sur Arte, les robots («Hubots») ne répondent pas tous aux critères de perfection que nous pourrions vouloir enfin réunir dans un être humain.
Si la plupart arborent une plastique irréprochable, ça n’est pas le cas de certains robots de basses œuvres. Dans cette série, par ailleurs visiblement bien documentée et plutôt convaincante, point comme presque toujours dans la science-fiction, l’éternelle crainte d’un soulèvement des robots. 1 La voix de son maître Roger K. 2 Une plastique versatile Pamela Duboc.