background preloader

HYam Yared

Facebook Twitter

Hyam Yared, un cri dans le silence - ONORIENT. « Ecris, dans tous les sens. (…) Mais écris au plus près de ton cri.

Hyam Yared, un cri dans le silence - ONORIENT

Fais lui confiance, ton écriture y est liée. » Tels sont les mots de l’éditeur de Justine, personnage principal de Tout est halluciné, le dernier roman de Hyam Yared. Courtes, violentes, perforantes ; comme des coups assénés sur un égo qui s’effrite. Les phrases de Hyam Yared vous tiennent en haleine. Pas un répit, pas le temps de prendre son souffle, tout y passe, tout y trépasse. L’écrivaine libanaise dépèce patiemment, coup par coup, tous les ordres qui règnent en maîtres dans les pays de la région. Déconstruire les ordres Dans son dernier roman, Justine se réveille à cinq ans, après un coma qui l’a laissée amnésique. Pour Dalal, le corps est l’étalon de la vie, elle l’éprouve avec ses nombreux partenaires sexuels, le plonge dans l’expérience du vécu physique et veut le marquer du sceau de la révolution. Paroles de femmes Dans cet autre livre de Hyam Yared, l’écrivaine s’attaque plus ouvertement au patriarcat.

« Tout est halluciné » de Hyam Yared : Les illusions perdues du Moyen-Orient. Paru en janvier 2016 aux éditions Fayard, Tout est halluciné de Hyam Yared est un roman des origines qui interroge tant la société du Moyen-Orient que les espoirs nés des Printemps arabes.

« Tout est halluciné » de Hyam Yared : Les illusions perdues du Moyen-Orient

Frappée d’amnésie de sa naissance jusqu’à l’âge de cinq ans, Justine découvre le monde à travers les élucubrations religieuses de son père, un inconsolable nostalgique de l’Empire romain d’Orient. Élevée en Égypte, elle rejoint le Liban une fois adulte pour tenter de découvrir ses racines et en particulier la terre de sa mère, cette éternelle inconnue. Elle y rencontre Dalal, jeune fille éprise de liberté et de laïcité dans un Liban en proie aux déstabilisations géopolitiques ; et découvre à ses côtés l’émancipation, la liberté ainsi que la sensualité. Tout est halluciné est à la fois un roman des origines comme une description des conflits pluriséculaires qui secouent le Moyen-Orient, où le rêve côtoie la désillusion, comme un écho aux espoirs déçus des Printemps arabes. Les paradoxes du Moyent-Orient.

Hyam Yared délie le temps. LE MONDE DES LIVRES | • Mis à jour le | Par Christine Rousseau Tout est halluciné, de Hyam Yared, Fayard, 438 p., 15 €.

Hyam Yared délie le temps

En faisant commencer son quatrième roman en Egypte, on pourrait croire que Hyam Yared a choisi de mettre à distance son pays natal, le Liban, dont elle n’a cessé, depuis ses débuts en littérature il y a dix ans, de souligner avec rage et humour les maux qui le maintiennent dans un état d’immo­bilisme mortifère. A commencer par celui qu’incarne Justine, la narratrice de Tout est halluciné : l’amnésie. De ce que fut sa vie ­entre sa naissance et ses 5 ans, quand un mystérieux accident la plongea dans le coma, nous ne saurons rien avant les ultimes pages de ce récit où se dessine la trajectoire chaotique d’une femme en quête d’identité. Celle-ci débute donc au Caire, dans les bégaiements d’une enfance orpheline. Hyam Yared Schoucair (auteur de Sous la tonnelle)

Entretien avec Hyam Yared à propos de son ouvrage Tout est halluciné : Votre héroïne se réveille à l’aube de ses cinq ans, complètement amnésique.

Hyam Yared Schoucair (auteur de Sous la tonnelle)

La jeune femme doit donc tenter de se construire, malgré de nombreux points d’interrogation que sa famille laisse volontairement sans réponse. Comment avez-vous imaginé cette situation d’amnésie ? Comment est né le roman ? Partir d’un trou noir quand on est enfant de la guerre est une situation intrinsèquement liée à mon mental et à mon imaginaire. Justine s’exprime à la première personne dans votre roman. Ma génération est enfant de la guerre. 1975 est l’année officielle du début de la guerre civile et celle de ma naissance.

L’émancipation vis à vis de sa famille et de ses valeurs est-il un sujet qui vous est particulièrement cher ? Je ne peux réfuter le fait que mes personnages soient hantés par l’émancipation, ou écrasés par leur incapacité à y arriver. Comment les séparer ? Tout est halluciné, Hyam Yared.