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À propos d'humour

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Une heure de peine... Dans mon précédent billet, j'ai essayé de montrer qu'il existait une "culture troll", c'est-à-dire une façon relativement routinisée de réagir au problème du troll.

Une heure de peine...

Le point clef me semble être une certaine tolérance au troll, dans le sens où ceux-ci sont assez systématiquement minimisés au point que la faute devient moins le trollage proprement dit que l'indignation face à ceux-ci, voire le simple fait de se sentir blessé.e. Le problème réside surtout dans le fait que cela vient valider la représentation du monde qui est celle des trolls. Dans le présent billet, je vais essayer de me plonger dans certaines productions de la culture troll, pour essayer de montrer ce qu'elle en vient à produire. Je voudrais ici essayer de moins m'intéresser à la forme que prend le troll - celle d'une culture troll - qu'au contenu de celle-ci.

Et pour cela, il faut se tourner vers le vaisseau mère, "the mother of all trolls", la matrice originelle : 4chan. Humour et discriminations. L’humour est une arme. Je vais parler d’humour.

L’humour est une arme

La chose à laquelle il ne faut pas toucher, parce que les inconditionnels de la liberté d’expression l’ont placée au panthéon. Parce que selon eux tout doit pouvoir être dit n’importe comment, sans réflexion, même le pire, et surtout quand c’est sous couvert d’humour. Mais voilà, l’humour a bien des formes. Et est parfois instrumentalisé. Peut-on accepter toutes les formes d’humour ? Le blogueur sociologue Denis Colombi en avait déjà parlé plein de fois sur son blog « Une heure de Peine » : l’humour n’est pas une entité abstraite détachée de tout code social. Je sais que ça énerve beaucoup de gens, mais oui, le rire se pense. Le droit de rire de tout avec Desproges La plupart du temps, quand on commence à pointer le rire du doigt, à dire que non, là, cette blague pose problème pour x ou y raison, les gens s’insurgent et appellent Desproges à la rescousse : « olala, on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui, hein !

Desproges et Coluche : stop à l’instrumentalisation de l’humour noir et du second degré. Source INA J’aimais beaucoup Coluche et Desproges.

Desproges et Coluche : stop à l’instrumentalisation de l’humour noir et du second degré

Ces humoristes étaient des individus intelligents, créatifs, mordants, sensibles et talentueux, à bien des niveaux. Comme beaucoup de monde, j’ai tous les textes de Desproges sous la main. Y compris son roman (« Des femmes qui tombent »). Je connais par cœur ses textes de scène, ses réquisitoires, ses chroniques de la haine ordinaire, son manuel de savoir-vivre à l’usage des rustres et des malpolis, bref je suis une groupie. Idem en ce qui concerne Coluche : j’aime le ré-entendre, le revoir sur scène, et je savoure toujours autant la diversité de son talent (comédien, musicien, artiste du stand up, bien plus que Desproges d’ailleurs pour cette prestation-là, car les textes de Desproges n’étaient pas particulièrement bien servis par ses prestations scéniques : il était bien meilleur en radio que sur scène). Bref, ceci pour poser que vraiment, j’aimais beaucoup ces deux humoristes.

Ah bon ? A lire aussi : Aucun article similaire. Apologie de l'humour. L'humour est une chose trop sérieuse... Lui : Wah, hé, faut que je te montre un truc, tu vas trop te marrer.

L'humour est une chose trop sérieuse...

C'est un test dans le dernier Consoles +, c'est trop bon. Moi : ... Lui : Tu ris pas ? ...pour être laissée à des rigolos. Moi : Tagazok, gars. .

...pour être laissée à des rigolos

Moi : Ah, ben, ça tombe bien, je me suis justement retiré dans un fjord perdu de la Norvège pour réfléchir au sens des propositions humoristiques. Assumer son humour (à la con) Parfois, les sites de presse publient des infos.

Assumer son humour (à la con)

Parfois, ils publient des analyses. Et parfois, on ne sait pas trop ce qu'ils publient. C'est le cas avec cet article de Slate "". L'auteur y parle vaguement de l'arrivée de cours de Cultural Studies dans le monde académique français. Mais plutôt que d'expliquer de quoi il s'agit - le terme même de Cultural Studies n'apparaît nulle part... - ou de proposer une réflexion sur la chose, elle se contente de proposer un générateur de "cours à la con". @Moossye @melaniebourdaa @Uneheuredepeine @placardobalais les gars qui font du @legorafi sans le talent ni le contexte de reception....— Olivier Mauco (@GameinSociety) October 17, 2013.

L'impolitesse du désespoir. Je n'ai pas d'humour.

L'impolitesse du désespoir

Voilà, comme ça, c'est dit. J'ai préféré préciser ce point d'entrée de jeu pour que les choses soient claires... Parce qu'on va me le reprocher, et parce que c'est aussi de ça dont je voudrais parler : de toutes ces situations où l'on reproche à l'autre de ne pas comprendre ou de ne pas vouloir comprendre que c'est de l'humour.