background preloader

Sculpture

Facebook Twitter

Serra et Brancusi face à face à la Fondation Beyeler en Suisse. Les inspirations roumaines et primitivistes de Constantin Brancusi et le langage minimaliste et colossal du sculpteur américain Richard Serra constituent un duo signifiant pour marquer à la fois les divergences et les similitudes du travail des deux sculpteurs: « Ce sont des visions tout à fait différentes, opposées, mais la présence de ces œuvres dans l’espace fait qu’elles ont une force commune » selon Olivier Wick, commissaire de l'exposition à la Fondation Beyeler.

Dix œuvres plastiques de Serra sont exposées dont Olson – deux arcs concaves légèrement inclinés se font face: trois mètres de haut, treize tonnes chacun – ou Fernando Pessoa qui siège au cœur du musée, mur de neuf mètres de long pesant 43 tonnes. A proximité quatre versions du Baiser (1907/08-1938), accompagnées d’une trentaine de sculptures de Brancusi, viennent dialoguer avec le travail de Serra, l’espace environnant, l’architecture et le public. La confrontation du style des deux sculpteurs. Serra et Brancusi face à face à la Fondation Beyeler en Suisse. Joan Miró sculpteur. Pour Picasso, l’objet sculpté est déconstruit puis reconstruit, glisse d’une signification à une autre, d’une présence à une autre, se métamorphose. Il est remis en cause par Duchamp qui se réapproprie l’objet manufacturé pour l’ériger en œuvre d’art.

Il est recomposé par Arman qui joue sur les accords, la répartition des morceaux brisés, l’accumulation. Pour Miró, sans violence, sans colère, l’objet en trois dimensions est livré au hasard de l’assemblage et à la poésie de rencontres improbables entre une Calebasse et un oiseau, une Femme et un ballon… Miró, par son attachement profond à la nature, a un «besoin physique» de sa terre catalane de Montroig. A son contact, la sculpture se pose comme une évidence pour l'artiste; dans un premier temps, il pétrit, malaxe la terre, réalise des poteries et des céramiques; puis il récupère au gré de ses pérégrinations des éléments disparates que l’édition en bronze lui permettra d’assembler en réunifiant ses sculptures fragiles.

Picasso sculpteur : la technique de l'assemblage. H.Moore: l'excellence et la maturité de la forme. L’artiste nomme lui-même ses œuvres: « sculptures-paysages » ; en exaltant le corps de la femme, il en fait l’emblème de son univers à travers un archétype de la féminité lié à la fécondité et à la maternité. Il crée une véritable métaphore du paysage et de la nature où la légèreté côtoie le monumental, le vide s’oppose au plein, la courbe à la masse, le dessin à la matière, l’ombre à la lumière, l’angoisse existentielle au bien être. La caresse du plein et des formes les plus parfaites : la courbe et la contre courbe L’affection, la protection et l'intimité ne sont pas absentes du thème privilégié du sculpteur, celui de la mère et l’enfant.

La confrontation, l’enlacement, la confusion de ces deux formes créent une ambivalence: le regard de la mère et de son enfant ne se croisent jamais. Les femmes sont étendues, elles exposent leurs courbes sensuelles, leurs membres lourds et massifs, leurs volumes simples et ronds. La confrontation des formes pleines au vertige du vide. Giacometti ou Botero ? Quel idéal de beauté? Giacometti vide la sculpture de sa chair, exclut la densité et tire vers l’ossature. Botero amplifie les volumes par une expansion des formes. La fragilité des sculptures creusées du premier ne sollicite pas le toucher ni la proximité.

La douceur et les rondeurs du second, les plis, les replis de la chair invitent le spectateur à la caresse et à l’enfouissement. Les pauvres hères filiformes côtoient ici les Bienheureux du monde. Tout les oppose Les êtres de l’artiste suisse semblent légers ceux du colombien prennent tout leur poids. Le processus de destruction et de décomposition opéré sur les sculptures de Giacometti souligne la précarité de l’être, aussi fragile que la vie ; l’artiste les malaxe du bout des doigts, Botero les pétrit avec ses mains. La peur habite les premiers; le contentement placide, les seconds. Dans la marche, les lieux sont réinventés par les êtres de Giacometti qui arpentent notre espace tout en le dominant grâce au piédestal toujours présent.