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Comment Juppé et Sarkozy ont protégé l'Eglise traditionaliste |
Alain Juppé et Nicolas Sarkozy à un congrès de l’UMP à Paris, en juin 2003 (Philippe Wojazer/Reuters) « C’est une affaire d’Etat. » Vice-président du conseil général de Gironde, le socialiste Gilles Savary prononce calmement ces mots, comme pour ne pas les galvauder. Une affaire qui ressurgit et prend une autre dimension depuis la diffusion mardi soir, lors de l’émission Les Infiltrés sur France 2 , d’un reportage produit par Capa et intitulé « A l’extrême droite du père ». Une affaire qui révèle comment Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et Christian Frémont, ancien préfet de Gironde devenu directeur de cabinet à l’Elysée, ont protégé l’Eglise traditionaliste dénoncée dans ce reportage.Avant la diffusion de l'émission mardi soir, c'étaient les protagonistes du reportage qui se plaignaient d'avoir été filmés en caméra cachée , accusant l'un des journalistes de l'émission d'avoir appartenu au Front National . Deux jours après la diffusion du programme, Alain Juppé a fait part de son émotion après avoir découvert les images de l'émission qui montraient notamment une école hors contrat dans laquelle on compare les SS à une élite. Selon Le Parisien , le Maire de Bordeaux a adressé une lettre au préfet de Gironde et au recteur de l'Académie de la ville pour réclamer "ardemment des poursuites" si les faits étaient avérés : "les propos présentés aux téléspectateurs ont été absolument scandaleux" juge l'ancien Premier ministre, estimant que "les activités de [ces] groupuscules tombent manifestement sous le coup de la loi et nuisent gravement à l'image de notre ville".
Extrême-droite: remous à Bordeaux après la diffusion des Infiltr
Alain Juppé a souhaité mercredi que des poursuites soient engagées contre des membres du milieu d'extrême droite bordelais filmés dans un documentaire. (Reuters/Benoît Tessier) Diffusé mardi sur France 2, le reportage porte sur Dies Irae, un groupuscule fondé à Bordeaux par Fabrice Sorlin, militant du Front national et ancien candidat aux législatives. Figurent aussi dans le documentaire, des prêtres traditionalistes de l'église bordelaise Saint-Eloi et des professeurs, des parents d'élèves et des élèves d'une école religieuse hors contrat. Certaines personnes filmées tiennent des propos racistes, antisémites, voire révisionnistes. " Je demande ardemment, une fois les faits avérés, que cette affaire fasse l'objet de poursuites judiciaires ", écrit le maire UMP de Bordeaux dans une lettre au préfet et au recteur d'académie.

