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Pourquoi Daech ?

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(20+) Scott Atran : «L’EI représente le discours contre-culturel le plus fort au monde» Militairement, l’Etat islamique ne gagnerait plus de terrain. Idéologiquement, il recruterait moins de combattants. Que représente réellement l’EI ? Personne ne sait encore précisément, les experts se déchirent même sur son nom : faut-il dire Etat islamique ou Daech ? Pour l’anthropologue franco-américain Scott Atran, ce débat sémantique n’est que billevesées ou plutôt déni d’une réalité. Dans son essai qui vient de paraître, l’Etat islamique est une révolution (éd. Pourquoi l’EI est-il une révolution selon vous ? L’EI est un mouvement politique, religieux et moral, dont l’ampleur est historique et géopolitique. Vous insistez d’ailleurs sur l’aspect très actuel de l’EI, le moteur ne se réduit pas à un passéisme… Comme ils le déclarent eux-mêmes, ils ne veulent pas revenir aux pigeons voyageurs, ils ont une parfaite maîtrise des réseaux sociaux.

C’est l’idée même du califat ? Pour Al-Zarqaoui, chef tué en 2006 en Irak, la bonne stratégie était de déclarer immédiatement le califat. La France était dans le viseur de l’Etat islamique bien avant les frappes en Syrie. Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Maxime Vaudano « Pourquoi Paris ? », se demande ce jeudi l’éditorialiste du Monde Alain Frachon dans une analyse consacrée aux attentats du 13 novembre. Il rappelle que pour « justifier » la barbarie de leurs actes, les kamikazes du Bataclan ont évoqué auprès des otages et des victimes « ce que votre président fait en Syrie ». « On est là pour venger nos familles et nos proches de l’intervention française en Syrie », ont-ils expliqué, selon le témoignage de l’un des rescapés recueilli par L’Humanité.

Mais de là à dire qu’il y a un lien direct entre les frappes françaises sur l’EI en Syrie et l’action des terroristes à Paris et Saint-Denis, et que ce sont les premières qui auraient constitué « le » déclencheur de la seconde, il y a un grand pas. Un rappel chronologique montre l’escalade des tensions entre Paris et l’Etat islamique au cours des dernières années. 1.

Des attentats sans doute préparés avant les frappes françaises 2. 3. 4. Le djihadisme : des éléments pour comprendre. Comme annoncé dans l'Éclairage du 14 novembre, « Pour contribuer à la réflexion après les attentats du 13 novembre 2015 », nous complétons nos propositions de ressources scientifiques pour aider à comprendre et à enseigner. Certaines sont en libre accès : d'autres sont des ouvrages en librairie dont nous présentons la table des matières et les comptes-rendus publiés. Nous remercions tous ceux qui nous ont suggéré des références, et vous invitons à continuer à le faire via la page de contact du site. Des termes à éclaircir Gilles Kepel, « Jihad », Pouvoirs 1/2003 (n° 104), p. 135-142 www.cairn.info/revue-pouvoirs-2003-1-page-135.htm Cet article de 7 pages, écrit en 2003, présente le concept de jihad, central dans la doctrine islamique, qui caractérise une situation d’exception.

L’auteur montre que, depuis la fin du jihad afghan en 1989, on assiste à une prolifération du jihad tous azimuts – qui pose des problèmes fondamentaux sur les plans doctrinal et politique. Des articles et ouvrages. "Daech, naissance d'un état terroriste", le documentaire choc - Les Inrocks. L’anthropologue française Dounia Bouzar : « Daesh est plus proche du nazisme que des frères… Géopolitique de l'Etat islamique: 5 cartes pour comprendre. Tué mercredi, Abdelhamid Abaaoud a joué un «rôle déterminant» dans les attentats de Paris. Couper les financements de Daech s’avère difficile. Comment Daesh finance-t-il ses opérations ? Comment se finance l'Etat islamique ? Le 18 novembre, le président russe Vladimir Poutine annonçait la création d’une commission spéciale chargée de combattre le financement du terrorisme.

Trois jours plus tôt, le ministre des Finances, Michel Sapin, réclamait, lors du G20 en Turquie, “des décisions concrètes en matière de lutte contre le financement du terrorisme.” Selon Le Monde, qui cite plusieurs études, le montant des actifs que posséderaient l’organisation Etat islamique s’élèverait à 2 000 milliards de dollars. Le groupe terroriste aurait des revenus annuels de 2,9 milliards de dollars. D’où provient cet argent ?

Le Monde dresse la liste. Des rançons au pillage – Des rançons fournies par les proches d’otages, les gouvernements, les sociétés d’assurance, pour un montant d’environ 10 millions de dollars par mois. – Des taxes locales, prélevées auprès des salariés, lors de contrôles routiers, aux frontières, auprès des élèves. La suite ici. Sous la pression, l’Etat islamique frappe tous azimuts. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Allan Kaval (Erbil, correspondance) et Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant) En l’espace de deux semaines, l’Etat islamique (EI) a réussi à détruire un avion russe en vol, ensanglanter un quartier chiite de Beyrouth et semer la terreur dans les rues de Paris. Trois crimes de masse, en quinze jours, contre trois pays différents. Ce tir groupé, hautement spectaculaire, réalisé au moment où son sanctuaire syro-irakien commence à s’effriter, atteste que l’organisation djihadiste change de dimension et de tactique.

Pour compenser ses reculs à l’intérieur, conséquence des bombardements américains et des offensives kurdes, elle se projette de plus en plus vers l’extérieur. Cela constitue une inflexion de son credo fondateur qui privilégie la lutte contre « l’ennemi proche » – les chiites et les régimes arabes « impies » – dans le but de s’emparer d’un territoire et d’y restaurer le « califat » islamique. La série noire commence le 31 octobre Sur la défensive.

La vraie nature de Daech. L’Etat islamique et ses adeptes ne sont pas une bande de psychopathes en mal d’exaltation. C'est un groupe religieux et militaire organisé, disposant de dirigeants compétents avec une stratégie cohérente au service de la guerre sainte. «Nous ne gagnerons pas contre l’idéologie de Médine [de l’Islam radical] en arrêtant le kamikaze juste avant qu’il se fasse sauter. Où qu'il soit, un autre ou une autre prendra rapidement sa place. Nous ne gagnerons pas en rayant de la carte l’Etat islamique ou al-Qaida ou Boko Haram: un nouveau groupe radical apparaitra ailleurs. Nous ne gagnerons que si nous sommes capables de combattre l’idéologie de l’Islam radical, de contrer son message de mort, d’intolérance et de promesse dans l’au-delà avec notre propre message de vie, de liberté et de poursuite du bonheur ici et maintenant».

C’est ce qu’écrit pour Foreign Policy Ayaan Hirsi Ali, femme politique et écrivain néerlandaise d’origine somalienne menacée de mort par les islamistes. Eric Leser. 1306. Dans un monde instable, les démocraties doivent-elles composer avec les régimes autoritaires, voire leur apporter leur soutien et leur caution ? En Egypte, le président Obama a visiblement choisi d’appuyer le président égyptien Sissi, tandis que l’Europe est tentée par la realpolitik. Mais c’est une stratégie à courte vue, estiment plusieurs journalistes et personnalités, car l’autocratie engendre à terme l’instabilité et le terrorisme. Les Occidentaux ne doivent en tout cas pas cesser d’encourager des transitions démocratiques toujours fragiles, notamment en Tunisie. Il y a des rencontres parfois inopportunes, souvent gênantes. Celles qui laissent des taches indélébiles dans les mémoires d’un chef d’Etat. Ces dîners avec le diable pour lesquels, en dépit de toutes les longues cuillères utilisées, les démocraties perdent chaque fois un peu de leur éclat.

. * Cette phrase datée de 1855 est inscrite sur une plaque du socle de la statue de la Liberté. Attentats à Paris. Les terroristes étaient-ils drogués ? Quelques heures avant la série d'attentats sanglants de vendredi, à Paris, soit vers 19 h 35, un homme a raconté avoir croisé une partie des terroristes dans une Polo noire, immatriculée en Belgique. Dans les pages du Figaro, celui qui prend le nom de Christophe, raconte qu'il buvait un verre en terrasse, rue du Crussol, dans le 11e arrondissement - à trois minutes du Bataclan détaille le quotidien - lorsqu'il a vu la voiture se garer, avec difficulté, devant lui.

L'homme remarque alors les comportements très étranges du conducteur et des autres occupants du véhicule. Il « avait du mal à tourner le volant comme s'il savait à peine conduire, raconte le témoin, Je suis allé les voir pour leur dire qu'ils étaient mal garés. Ils n'ont pas ouvert la fenêtre et m'ont regardé méchamment. Le captagon, la drogue des djihadistes Les kamikazes étaient-ils drogués ? Celle la plus connue porte le nom de captagon. Le « roi du monde » Une multiplication des saisies. Pourquoi nous ne pouvons pas gagner la guerre contre Daech. Les raids aériens ne suffiront pas à vaincre l’État islamique, les troupes syriennes et irakiennes sont incapables de repousser les islamistes et la Turquie, l'Arabie Saoudite et le Qatar sont des alliés douteux. François Hollande a annoncé «une guerre impitoyable» contre Daech et Manuel Valls a surenchéri avec «une guerre totale».

Dimanche 15 novembre, une dizaine d’avions français ont bombardé Raqqa, la capitale de l’État islamique, qui a été frappée à nouveau mardi et mercredi. Mais il en faudra bien plus pour gagner cette guerre. Cela fait deux ans que Daech subit les bombardements américains, français et depuis peu russes et cela fait près de quatre ans qu’il se bat à la fois contre l’armée iraquienne, l’armée syrienne, les milices kurdes et le Hezbollah libanais.

Et Daech ne perd pas vraiment de terrain. Les revers qu’il aurait subis au cours des dernières semaines semblent plus tenir de la propagande que de la réalité. Sur le terrain, un armement trop limité Un diplomate occidental. Attentats à Paris : une minute de silence sous une pluie de sifflets avant Turquie-Grèce. LE SCAN SPORT - La minute de silence dédiée aux victimes des attentats parisiens a été copieusement sifflée à Ankara par de nombreux spectateurs. Une minute de silence a été observée mardi soir avant la rencontre amicale de football entre la Turquie et la Grèce à Istanbul après les attentats perpétrés en France vendredi soir. Mais au Fatih Terim Stadium, c'est finalement une pluie de sifflets qui a accompagné le recueillement des joueurs alignés impuissants au centre du terrain.

Lundi soir, la minute de silence qui précédait le barrage retour pour l'Euro 2016 entre l'Irlande et La Bosnie avait aussi été perturbée par quelques individus se trouvant dans la tribune réservée aux visiteurs bosniens. L'attitude de ces spectateurs avait été pointée du doigt par le reste du stade en colère. Mardi soir, c'est dans un silence de cathédrale que Wembley a observé 60 secondes de recueillement après les hymnes nationaux précédant la rencontre Angleterre-France. Pétrole. Les Américains frappent les camions-citernes de Daech. Pour la première fois, des avions américains ont lancé des frappes lundi 16 novembre contre des camions utilisés par l’Etat islamique pour le trafic de pétrole, rapporte The New York Times. C’est une nouvelle étape dans la campagne américaine contre Daech. Lundi 16 novembre, des avions américains ont attaqué pour la première fois des centaines de camions utilisés par l’organisation terroriste pour le trafic du pétrole produit en Syrie, rapporte The New York Times.

Selon une première estimation, 116 camions auraient été détruits dans ces frappes, qui ont eu lieu près de la frontière avec l’Irak. La flotte de Daech compterait plus de 1 000 camions-citernes. L’attaque avait été planifiée bien avant les attentats de Paris du vendredi 13 novembre et fait partie d’une opération plus vaste visant à couper les sources de revenus de l’Etat islamique.

You Can't Understand ISIS If You Don't Know the History of Wahhabism in Saudi Arabia | Huffington Post (USA) BEIRUT — The dramatic arrival of Da’ish (ISIS) on the stage of Iraq has shocked many in the West. Many have been perplexed — and horrified — by its violence and its evident magnetism for Sunni youth.

But more than this, they find Saudi Arabia’s ambivalence in the face of this manifestation both troubling and inexplicable, wondering, “Don’t the Saudis understand that ISIS threatens them, too?” It appears — even now — that Saudi Arabia’s ruling elite is divided. Some applaud that ISIS is fighting Iranian Shiite “fire” with Sunni “fire”; that a new Sunni state is taking shape at the very heart of what they regard as a historical Sunni patrimony; and they are drawn by Da’ish’s strict Salafist ideology. Many Saudis are deeply disturbed by the radical doctrines of Da’ish (ISIS) — and are beginning to question some aspects of Saudi Arabia’s direction and discourse. But this “cultural revolution” was no docile reformism. All this behavior, Abd al-Wahhab denounced as bida — forbidden by God. Etat islamique et géopolitique : cinq cartes pour comprendre.

Les réactions internationales à l'expansion de l'Etat islamique Carte mise à jour le 02/12/2015 L’"assemblage hétéroclite d'Etats" qu’est la coalition selon la politologue Myriam Benraad ne résiste pas depuis sa création en septembre 2014 à la pression des intérêts individuels de chacun, focalisé sur son partenaire privilégié : gouvernement irakien pour les Etats-Unis, milices chiites pour l'Iran, front Al-Nosra pour la Turquie ou l'Arabie saoudite, Kurdes, tribus sunnites...

Ces ambitions stratégiques frontalement opposées compromettent tout projet politique alternatif en Syrie et en Irak, qui, seul, permettrait d’affaiblir durablement l’"Etat Islamique". Suite aux attentats de Paris le 13 novembre, l'intensification de la mobilisation militaire et diplomatique (France, Etats-Unis, Russie, Royaume-Uni, Allemagne...) pourrait néanmoins modifier le jeu stratégique des alliances. Sources : ONU, AFP, ministère des Affaires étrangères Carte mise à jour le 03/12/2015.

Proche ou Moyen-Orient ? Géohistoire de la notion de Middle East. Aujourd’hui, les expressions de Proche-Orient et de Moyen-Orient [1][1] Dans cet article, on désignera par Proche-Orient, en... pourraient passer pour interchangeables. Ainsi, dans un récent numéro de la revue Hérodote, on pouvait lire en couverture : « Proche-Orient, géopolitique de la crise », et en tête de l’éditorial : « Au Moyen-Orient, des conflits qui s’aggravent en n’évoluant guère » (Lacoste, 2007). Aussi peut-on comprendre que la Direction générale de l’enseignement scolaire tente de clarifier les choses : « La terminologie souffre ici d’une imprécision à cause des différences de tradition culturelle.

Dans les pays anglo-saxons et en Amérique, on parle de Moyen-Orient. En France, et notamment au ministère des Affaires étrangères ou dans la presse, on distingue Proche et Moyen-Orient. L’intitulé du programme a choisi de conserver l’usage français. Faut-il parler de Proche ou de Moyen-Orient ? Enfin, nous soulignerons que cette étude ne peut pas avoir de fonction normative. 1. Tout comprendre sur l’Etat islamique en quatre questions. Comment est né l'Etat islamique ? Quels sont ses objectifs ? Pourquoi frappe-t-il la France ? Comment lutter contre le mouvement jihadiste ?

Tout comprendre sur ce groupe terroriste en quatre questions/réponses. L'État islamique (EI) est un groupe jihadiste sunnite, héritier de la branche d'Al-Qaïda en Irak (AQI) créée à la suite du renversement de Saddam Hussein en 2003 et de l'occupation du pays par les troupes américaines. Al-Qaïda en Irak était dirigé par le jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, tué en 2006 dans une attaque aérienne américaine. Abou Bakr al-Baghdadi, l’actuel chef du groupe, lui succède. En janvier 2014, l'EIIL prend le contrôle de la ville de Raqqa, à l'est de la Syrie, après en avoir chassé plusieurs groupes rebelles, puis rompt officiellement avec la direction centrale d’Al-Qaida.

Le titre de calife, dont la création remonte aux premiers temps de l'islam, a été officiellement supprimé en 1922 mais il était déjà depuis longtemps formel. Comprendre la domination de l'Etat islamique en sept minutes.