2012, l'année des mooks. 2012 sera donc bien l'année des mooks.
Alors que les quotidiens disparaissent les uns après les autres, les mooks (à mi-chemin des magazines et des books) se multiplient. Les enfants de XXI sont en effet de plus en plus nombreux à s'installer dans les rayonnages des libraires et des Relay H. En avril dernier, je vous présentais les derniers-nés (lire le billet "In the love for mooks") : We Demain, Hobo by L'Equipe et France Culture papiers, qui venaient rejoindre une liste déjà fournie (XXI, 6 Mois, Feuilleton, Usbek et Rica, Alibi, Crimes et châtimens, Schnock...). Pour cette rentrée, le deuxième numéro de We Demain est attendu d'une semaine à l'autre, Hobo by L'Equipe, qui voulait raconter le sport par la photo, a d'ores et déjà mis la clé sous la porte arès un unique numéro, et France Culture papiers vient de mettre en vente nouveau numéro.
Mais on compte également un petit nouveau : Long cours. L'ambition de ce nouveau trimestriel ? Le mook à la conquête des amoureux de l'information - Le blog-atelier de l'ASJ Tours. XXI, Usbek et Rica, Bonbek, Alibi… ces titres ne vous disent peut-être rien.
Ces trimestriels, au graphisme soigné et au contenu recherché, vendus 15 euros, hésitent entre magazine et livre, d'où leur nom : les « mooks », amalgame de magazine et de book (livre). Ce sont souvent de beaux objets que l’on achète pour garder et qui rencontrent l'adhésion d'un nombre de plus en plus important de lecteurs. Premier du genre, la revue XXI, lancée en 2008 par Patrick de Saint-Exupéry, journaliste et grand reporter et Laurent Beccaria, éditeur. Les deux cofondateurs imaginent un magazine hors-norme, que l’on achète autant pour son esthétique que pour son contenu. Proposant principalement des reportages, des investigations longues, du récit, XXI tentait un pari osé sur lequel peu auraient misé. Aujourd’hui, Jérôme Ruskin ou Sophie Clayet-Marrel, directeurs des publications respectivement d’Usbek et Rica et de Bonbek, en conviennent volontiers : XXI est leur modèle.
Un public particulier. Le vrai-faux filon des “mooks”, revues en vogue - L'actu Médias / Net. Mi-magazines, mi-“books”, les “mooks” fleurissent dans les librairies.
De “XXI” à “Schnock”, ces publications censées proposer un autre regard sur le monde seraient-elles menacées d'uniformisation ? Passage en revues. Ne leur dites surtout pas qu’ils font des « mooks ». Ce mot les froisse comme du mauvais papier. Un côté marketing, trop mode, mou du look. Du côté des libraires, en revanche, on dit bien « mook » et on ne sait même plus trop quoi en faire – ni où les ranger. Des publications qui défendent toutes l’éternelle plus-value du papier, dès lors qu’on soigne l’écriture et l’enrobage.
Pour être à la page et s’épargner le coût d’une diffusion en kiosques, d’autres magazines ont compris qu’ils pouvaient eux aussi se déguiser en livre. « Les maquettistes ont fait des progrès immenses en dix ans, explique Laetitia Bianchi, de la revue Le Tigre (lire notre entretien). L'origine du mot « mook » Au départ, les journalistes ont hésité.