Le discours de Grenoble, point de non-retour du sarkozysme. «Le discours de Grenoble est une folie, mais une folie assumée», écrit Pierre Cornu, historien (université Clermont-2).
La trangression républicaine que constitue la discrimination des Français selon leur origine, et l'assimilation de l'étranger au déliquant amène à la prise de conscience que le sarkozysme est «une illusion mortifère de prise en compte des besoins et des attentes de la nation, dans le reniement de ses héritages les plus précieux et de ses intérêts véritables.» Le durcissement spectaculaire, en discours comme en actes, de la politique sécuritaire et migratoire française depuis le début de l'été 2010 ne constitue pas seulement le signe de l'échec définitif de la stratégie d'ouverture à gauche du président de la république, et la recherche, suite à la défaite de l'UMP aux élections régionales, d'une majorité de rechange incluant le Front national dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012.
Que la République sombre ou se régénère, l'été 2010 fera date. CE QUE RÉSISTER VEUT DIRE · Elections juin 2007 : Dernières scéances de rattrapage. Pierre Cornu et Jean-Luc Mayaud, Enseignants d’histoire contemporaine des Universités Le peuple souverain s’est prononcé : après une campagne longue et intense, dans une participation massive et à une majorité indiscutable, il a choisi, avec Nicolas Sarkozy, le candidat de la « liquidation » des héritages et des idéaux de l’humanisme social.
Nous sommes les liquidés : intellectuels de la « pensée unique de gauche », chercheurs qui ne trouvent jamais rien d’utile, « droits-de-l’hommistes » incorrigibles, oppresseurs de la fierté nationale, partisans des « fraudeurs » des « assistés » et, qui sait, peut-être complices de « terroristes ». Est-ce ainsi que les Français veulent vivre ?