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Théologie du Corps - commentaire

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Qu'est ce que la théologie du corps ? La "Théologie du Corps" est la vision intégrale de la personne humaine - corps, âme et esprit - développée par le Pape Jean Paul II.

Qu'est ce que la théologie du corps ?

Comme il l'explique, le corps humain a une signification précise ; il porte des réponses aux questions les plus essentielles de notre existence : La vie a t-elle un sens et, si oui, quel est-il ? Pourquoi avons-nous été créés homme et femme ? Introduction à la théologie du corps. "Le corps, et lui seul, est capable de rendre visible l'invisible : le spirituel et le divin. Il a été créé pour amener dans la réalité visible du monde le mystère caché de toute éternité en Dieu, et ainsi en être le signe. " — Jean-Paul II, Audience du 20 février 1980, TDC 19,4 Cette citation est la thèse soutenue Jean-Paul II dans ces catéchèses. Le corps nous permet non seulement de voir quelque chose de ce mystère invisible, mais également d'y entrer, d'y participer, de le goûter.

Le corps est un antidote à l'abstraction spirituelle : nous sommes tous tentés de voir Dieu comme un concept, une idée théologique, ou de considérer l'experience de la foi comme exclusivement spirituelle et déconnectée de toute expérience concrète. La "Théologie du Corps" ? Les Catéchèses du mercredi Initialement conçues par Karol Wojtila comme un livre, la "Théologie du Corps" a providentiellement trouvé un statut nouveau et une audience nouvelle du fait de l'élection comme Pape.

La "Théologie du Corps" ?

Jean-Paul II a souhaité en faire véritablement le socle de son pontificat en y consacrant les audiences du mercredi pendant près de cinq ans ! Le terme de "Catéchèse" peut évoquer pour certain une instruction destinée aux enfants. En réalité, il vient du grec katekhein qui signifie 'faire résonner la Parole'.

Le corps, théologique ? Le Corps, sacrement Lorsque l'on nous dit 'théologie', peu d'entre nous pense 'corps' ; à l'inverse lorsque l'on parle du corps, nous ne faisons pas nécessairement le lien avec Dieu.

Le corps, théologique ?

L'expression 'Théologie du Corps' peut ainsi sembler une construction artificielle entre deux réalités qui n'ont rien à voir. Cela démontre à quel point la vision du monde cartésienne s'est ancrée dans nos esprits et comment nous nous sommes éloignés d'une vision véritablement chrétienne (ie. qui prend en compte l'incarnation) du monde.

Saint-Paul nous dit clairement à quel point ces deux réalités sont liées : "Le corps est [...] pour le Seigneur Jésus, et le Seigneur est pour le corps" En effet, nous ne pouvons voir Dieu ; cependant, le Verbe (Logos) s'est fait chair et il a habité parmi nous et ainsi s'est rendu visible. L'analogie du Mariage. Dieu vous nous "épouser" La Bible utilise nombre de métaphores pour décrire la relation de Dieu avec l'humanité : le Père et ses enfants, le maître et ses serviteurs, le berger et son troupeau, la vigneron et la vigne, etc. L'une d'entre elle trouve toutefois une résonnance particulière : celle de la relation amoureuse, du Fiancé et de la Fiancée, celle de l'Époux et de l'Épouse. Les Écritures tout entières racontent en effet l'histoire d'un mariage : elle s’ouvre sur la création de l’homme et de la femme et sur leur appel à être 'une chair'.

Dans l'Ancien Testament, les prophètes parlent de l'amour de Dieu comme celui du mari pour sa femme. Le Cantique des Cantiques, poème érotique situé exactement au milieu de la Bible, a donné à de nombreux mystiques les mots pour décrire leur relation au Christ. Observons que les premiers mots prononcés dans la bible sont ceux d'Adam s'émerveillant à la vue de sa fiancée nue : "Cette fois-ci, la voilà ! "

Le corps, au coeur du combat spirituel. La vie humaine est au centre d'un combat spirituel entre le bien et le mal.

Le corps, au coeur du combat spirituel

Le Concile Vatican II le décrit ainsi : Un dur combat contre les puissances des ténèbres passe à travers toute l'histoire des hommes; commencé dès les origines, il durera, le Seigneur nous l'a dit(8), jusqu'au dernier jour. Engagé dans cette bataille, l'homme doit sans cesse combattre pour s'attacher au bien; et ce n'est qu'au prix de grands efforts, avec la grâce de Dieu, qu'il parvient à réaliser son unité intérieure.

A quel niveau ce combat se situe-t-il ? Remarquons que le chapitre 5 de la lettre aux Éphésiens, qui se conclut sur cette affirmation de Saint-Paul "ceci [l'union en une chair de l'homme et la femme] est un grand mystère, je le dis en pensant au Christ et à l'Église", est immédiatement suivi... du chapitre 6 qui, après une exhortation aux enfants, annonce le combat spirituel : Revêtez l'équipement de Dieu pour le combat, afin de pouvoir tenir contre les manoeuvres du démon. La "méthode Wojtyla" Le développement du subjectivisme Le monde actuel semble refuser d'instinct le message de l'Église : en effet, la modernité n'a pas fait que révolutionner les sciences, les technologies, l'économie et la politique ; elle a réellement changé les modes de pensée avec le rationalisme, qui ne laisse aucune place pour le "grand Mystère" du Christ et de l'Église.

La "méthode Wojtyla"

Jean-Paul II explique: Humanae Vitae et sa réception. Nécessité d'une vision globale de l'homme : La principale difficulté de réception de l'encyclique de Paul, Humanae Vitae, en 1968, tient au lien que l'Église reconnaît entre la sexualité et la procréation.

Humanae Vitae et sa réception

On a pu le voir avant, deux anthropologies s'affrontent ici. Le rationalisme moderne ne voit dans le corps qu'une donnée biologique : si la personne n'est pas un corps, mais qu'elle possède un corps (comme on possèderait une maison), alors il est moralement neutre de manipuler et dominer le corps comme l'homme domine le reste de la création. Finalement, dans ce mode de pensée, on peut altérer sa fertilité comme altère sa couleur de cheveux. L'Église insiste sur le fait que nous sommes des corps et qu'une telle manipulation a des répercussions sur la personne toute entière.

Le rationalisme présente des bouts de vérités séparées les unes des autres ; dans Humanae Vitae, Paul VI identifie le besoin d'une vision globale de l'homme. Au Commencement : l'Homme Originel. Qu'est-ce que "le Commencement" ? La question du sens du mariage est aujourd'hui soulevée par de nombreuses personnes : célibataires, fianciées ou mariées, jeunes et vieux, écrivains, journalistes, sociologues, etc. Leurs problématiques peuvent différer de celle des pharisiens qui interrogent Jésus et sont souvent plus complexes. Pourtant, la réponse de Jésus aux pharisiens est universelle et intemporelle. Lisons ce dialogue, dans l'évangile de Matthieu:

La Solitude Originelle. « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. » : Ce sont ces mots qui sont au coeur de la réflexion du Pape sur la Solitude originelle. De quelle solitude s'agit-il ? L'Unité Originelle. Toute la solitude de l'homme l'appelle à entrer en relation, avec une autre personne.

L'Unité Originelle

Alors l'Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l'homme, qui s'endormit; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. La Nudité Originelle. Si la solitude originelle et l'unité originelle sont les fondations de la vision de l'homme bâtie dans la Bible et dessinée par Jean-Paul II, la Nudité Originelle en est selon lui la clef-de-voûte: c'est en effet la nudité dépourvue de honte qui décrit le mieux "l'état de leur conscience et l'expérience mutuelle de leur corps".

La Nudité Originelle

La Genèse continue en effet ainsi : Tous les deux, l'homme et sa femme, étaient nus, et ils n'en éprouvaient aucune honte l'un devant l'autre. Constatons que dans cette nudité dépourvue de honte, la honte n'existe pas : il ne s'agit pas d'un sous-développemet de celle-ci, comme par exemple l'absence de gêne d'un enfant qui ne maîtrise pas encore le sens de son corps. Il ne sagit pas non plus d'une inhibitition de la honte, "tout honte bue". L'homme appelé au don. La création n'est pas que l'irruption de l'existence dans le néant : "elle est don de Dieu, un don fondamental et radical". Le corps est le témoin de ce don : C'est ce qu'est le corps : un témoin du don fondamental qu'est la création, et ainsi un témoin de l'Amour qui en est à l'origine.

La masculinité et la féminité, c'est à dire la sexualité, est le signe originel de don créatif [de Dieu]. C'est dans ce sens que la sexualité entre dans la Théologie du Corps. Les mots de Gn 2,24 prennent maintenant tout leur sens : "A cause de cela, [pour récapituler le don de Dieu] l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. ". Adam "connut" sa femme. L'homme connut Ève, sa femme ; elle conçut et enfant Caïn et elle dit : "j'ai acquis un homme de par le Seigneur Jean-Paul II inclut l'analyse de passage dans sa réflexion sur l'homme originel, bien qu'il soit situé dans le texte après l'épisode de la connaissance du bien et du mal.

Adam "connut" sa femme

Connaître bibliquement Pour une pensée occidentale moderne habituée à un lexique précis, cette précaution de vocabulaire semble signifier une suspicion du corps, comme si l'auteur biblique n'avait pas voulu appeler un chat un chat. Au coeur de l'homme : l'homme historique. A la lumière du Sermon sur la Montagne. Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. [...]

A la lumière du Sermon sur la Montagne

Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettras pas d'adultère. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà commis l'adultère avec elle dans son coeur Le Christ, dans ce passage, corrige l'application faite de la loi de Moïse par les scribes et les pharisiens. Ceux qui l'écoutent alors sont des juifs qui ont grandi en apprenant à respecter cette loi. Et, dans les faits, il faut supposer qu'ils la respectent, les peines encourues étant très importantes (le Lévitique prescrit la mort pour les deux fautifs). L'homme de concupiscence. Selon Jean-Paul II, c'est une déclaration de Saint-Jean qui résume le mieux la situation de l'homme historique : Tout ce qu'il y a dans le monde - les désirs égoïstes de la nature humaine, les désirs du regard, l'orgueil de la richesse - tout cela ne vient pas du Père, mais du monde.

Commandements et ethos. Le Pape divise ensuite ce texte en trois parties : Le Coeur : mis en accusation ou appelé ? Si l'humanité peut vivre la pureté de coeur ou tomber, comment devons-nous agir pour la vivre ? L'Ethos de la Rédemption du Corps. La Pureté et la "Vie dans l'Esprit". Heureux les coeurs purs : ils verront Dieu ! Heureux les coeurs purs, en effet, car ils verront le mystère de Dieu révélé dans le corps de l'homme. Rappelons-nous la thèse de Jean-Paul II : "seul le corps est capable de rendre visible le mystère invisible caché en Dieu de toute éternité". La Résurrection et l'Homme Eschatologique. La Résurrection de la Chair et la vie du monde à venir. Comme les pharisiens qui lui posent la question sur le divorce, le but des sadducéens est de piéger Jésus.

Les sadducéens sont un groupe de juifs qui ne croient en effet pas en la résurrection. S'appuyant sur la loi, ils soumettent à Jésus une étude de cas pour faire la preuve de ce qu'ils avancent: Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance. Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement. Le Célibat pour le Royaume des Cieux. Jusqu'ici, la question centrale de nos articles était : qu'est-ce qu'être humain ? Avec cet article, nous entrons avec Jean-Paul II dans l'évocation d'une seconde question : Comment vivre ma vie en accord avec la vérité de mon humanité ? Le Mariage : Alliance, grâce et signe. Relations entre les Époux dans la lettre aux Ephesiens. Sacrement et Mystère. Sacrement et "Rédemption du Corps" Le Langage du Corps. Le Cantique des Cantiques. Le Corps Liturgique - Histoire de Tobit. Amour et fécondité. Eléments de Spiritualité Conjugale.

Questions éthiques dans le Mariage.