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J’avais 18 ans (en 1979) lorsque je me suis engagé dans un combat au service de l’autonomie et du respect de chaque être humain. Au fil des années, ce combat a revêtu des formes différentes. J’ai été objecteur de conscience et militant pacifiste, j’ai été écologiste avant que ce ne soit à la mode, j’ai milité pour plus de justice dans les rapports Nord-Sud, j’ai œuvré dans les milieux pauvres de Belgique – mon pays d’origine –, j’ai adopté le végétarisme pour que notre bétail n’affame plus les pays du Tiers-Monde.
Mais qu'ont-ils les Rioufol, Zemmour et autre Bilger à critiquer le livre à succès de Stéphane Hessel, "Indignez-vous" ? Pour MicroCassandre, il a le tort de faire le consensus sur des valeurs de gauche. L’arête Hessel ne passe pas. Ils s’en étranglent, ils en bavent, ils piaillent sur tous les plateaux leur indignation du succès d’ Indignez-vous . Trop, à vrai dire, pour que ce vertueux concert d’indignation n’ait pas été orchestré. Ils et elle : Eric Zemmour, Luc Ferry, Ivan Rioufol, Claude Askolovitch, les causeurs Elisabeth Lévy et Luc Rosenzweig, Philippe Bilger… Un éventail assez disparate, qu’unit (à l’exception d’Askolovitch) un tropisme très à droite.
Stéphane Hessel au Plateau des Glières dans le film de Gilles Perret Walter, retour en résistance L’arête Hessel ne passe pas. Ils s’en étranglent, ils en bavent, ils piaillent sur tous les plateaux leur indignation du succès d’ Indignez-vous . Trop, à vrai dire, pour que ce vertueux concert d’indignation n’ait pas été orchestré.
Un très jeune homme, fougueux, sincèrement engagé, Benjamin Barou-Crossman*, a récemment eu cette idée lumineuse d’interroger ensemble deux « grands anciens », plus jeunes d’esprit que beaucoup de ceux des nouvelles générations, Stéphane Hessel et Jean Lacouture. Le 29 novembre dernier, il a organisé une soirée intitulée « Résistance(s) » dans un lieu emblématique de l’expérimentation théâtrale en France, Théâtre Ouvert, créé sous l’égide de Jean Vilar en 1971 et dirigé par Lucien et Micheline Attoun. Pourquoi l’idée de Benjamin est-elle lumineuse ? Parce qu’en passant ces deux hommes d’espoir et de combat sous le feu des interrogations parfois naïves d’un jeune homme porteur des inquiétudes de sa génération, Benjamin crée un courant de transmission qui nous est aujourd’hui vital. Une passerelle nécessaire, loin de toute nostalgie, à la construction d’une autre vision de l’avenir de nos sociétés que celle promise par les ultralibéraux.