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Littérature contemporaine

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Festival des écrivains du monde : Afghanistan, la liberté ou la vie. LE MONDE DES LIVRES | • Mis à jour le | Par Florence Noiville Une Antigone à Kandahar (The Watch), de Joydeep Roy-Bhattacharya, traduit de l’anglais (Inde) par Antoine Bargel, Gallimard, « Du monde entier », 368 p., 21,50 €.

Festival des écrivains du monde : Afghanistan, la liberté ou la vie

Le vendredi 25 septembre sera donné le coup d’envoi du troisième Festival des écrivains du monde. Organisée par l’université Columbia (New York) et la Bibliothèque nationale de France, en partenariat avec « Le Monde des livres », cette manifestation braque ses projecteurs, un an sur deux, sur la littérature d’un pays invité – l’Inde, en 2014. Quant à l’année « sans pays », elle s’ouvre à toutes les ­nationalités et sensibilités confondues. Louise Erdrich et l'amère indienne.

Est-ce le nouveau curé qui a fait le coup ?

Louise Erdrich et l'amère indienne

Un type peu catholique, au corps zébré de cicatrices, qu'on a surpris tirant sur des chiens de prairie avec un fusil à air comprimé. Est-ce lui, l'agresseur? Joe aimerait bien le savoir, lorsqu'il s'approche doucement de la maison du gars, cherchant à surprendre, dans son comportement, un indice qui l'accuserait, qui trahirait celui qui a sauvagement violé sa mère, l'arrosant ensuite avec de l'essence et cherchant à enflammer la femme blessée. Mais Geraldine avait réussi à s'enfuir avant de prendre feu, empestant seulement le pétrole, comme si le viol n'avait pas suffi, pendant des jours et des jours. SILO de Hugh Howey (Actes Sud, coll. Exofictions) en cinq épisodes avant intégrale. « Dans un futur indéterminé, un groupe d’hommes et de femmes vit, depuis plusieurs générations, dans un immense silo creusé dans la terre, à l’abri d’une atmosphère devenue toxique.

SILO de Hugh Howey (Actes Sud, coll. Exofictions) en cinq épisodes avant intégrale

Seul un immense écran relayant les images filmées par des caméras les relie au monde extérieur. Lorsque cette société bannit l’un des siens, il est envoyé dehors, vers une mort certaine, et pourtant, tous sans exception vont, avant de mourir, nettoyer les capteurs des caméras. Pourquoi ? Dans un roman post-apocalyptique haletant qui ravira les lecteurs de Susanne Collins, Hugh Howey s’impose d’emblée comme l’un des auteurs les plus doués de sa génération. » Après avoir été auto-édité aux États-Unis et vendu via Amazon US à plus de 500.000 exemplaires mais avant d’être adapté au cinéma, le roman de Hugh Howey, Wool, arrive en France (sous le titre SILO) grâce aux éditions Actes Sud qui profitent du lancement de ce titre pour inaugurer leur nouvelle collection de SF, « Exofictions ». Quelques liens. Top 5 des meilleurs livres de l'année 2012. Vous avez de la chance, cette année, il n'y a pas eu tellement de chefs d'oeuvres, la liste sera plus courte.

Top 5 des meilleurs livres de l'année 2012

Les copains, on ne va pas se mentir, l'année se termine, et vous, vous avez lu quoi... quatre ou cinq livres en 2012? Dont Fifty Shades en cachette dans les transports et un vieil Harlan Coben sur la plage cet été. Et c'est en admettant que vous n'ayez pas été happés par la lecture d'autres trucs (nos articles merveilleux par exemple), que vous n'ayez pas trop d'enfants, pas trop de travail, pas trop de séries à regarder, pas trop de sommeil en retard...

Ça fait beaucoup de conditions. Là, vous avez des vacances (vous avez au moins quelques jours non?) 1. C'est l'histoire de Japonaises qui émigrent aux Etats-Unis, elles embarquent sur des paquebots pour épouser des hommes qui leur promettent une vie meilleure et qu'elles rejoignent dans les champs de coton pour travailler dans des conditions misérables.

«Sur le bateau nous étions presque toutes vierges. La lettre écarlate de Salman Rushdie. C’était en 1987.

La lettre écarlate de Salman Rushdie

Comme je me trouvais à Londres, j’en profitai pour rencontrer un écrivain, histoire d’écrire son portrait ; le magazine pour lequel je travaillais alors n’y était pas opposé, même si son dernier livre, récit de voyage dans le Nicaragua sandiniste, lui paraissait aussi faible littérairement que politiquement. Ce qui n’était pas faux. Mais l’homme valait le détour ; son premier roman avait laissé une puissante empreinte. Il m’avait dit : « Rappelez-moi le matin même pour confirmer ».

Une certaine Marianne, sa femme, décrocha le téléphone ; j’eus droit à une bordée de sarcasmes agressifs et nerveux ; c’est tout juste si elle ne me traita pas de connard pour avoir osé lui demander quelle était la station de métro la plus proche sinon de St Peter’s Street du moins du quartier d’Islington, où vivait le couple. Marchand de tableaux dont je venais d’écrire la biographie ; puis il me montra les toiles d’un de ses amis indiens.

La survie Kertèsz: être sans destin. Joël Dicker, grand-primé du Roman de l'Académie Française. Selon une dépêche ATS/Newsnet, c'est finalement le Genevois âgé de 27 ans, Joël Dicker, qui a remporté pour son second livre le Grand prix du roman de l'Académie française.

Joël Dicker, grand-primé du Roman de l'Académie Française

La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert est, selon l'éditeur Fallois, un thriller haletant à l'américaine mais aussi une méditation sur la littérature. Né le 16 juin 1985 à Genève, Joël Dicker est diplômé en droit de l'université locale. Son premier roman, Les derniers jours de nos pères, a été publié en janvier 2012 chez Fallois/L'Age d'Homme.

Il a passé les étés de son enfance en Nouvelle-Angleterre et ses parents possèdent une maison dans le Maine, ce qui a nourri son désir d'écrire sur l'Amérique. La vérité de Joël Dicker : un grand roman sur l’Amérique. Vous allez voir que bientôt, si ce n’est déjà fait, « on » traitera par le mépris d’un même élan et d’une même moue La vérité sur l’affaire Harry Quebert (670 pages, 22 euros, Fallois/L’âge d’homme) de Joël Dicker et l’œuvre d’Edward Hopper après les avoir également portées aux nues.

La vérité de Joël Dicker : un grand roman sur l’Amérique

Air connu, vieille rengaine. Entendez que ce « on » ne désigne pas le public qui continuera à leur faire fête, mais une élite autoproclamée chargée de dire le goût, faire les modes, défaire les tendances et buzzer ses ukases. Si je me permets de mêler ce deuxième roman d’un inconnu et ces toiles d’un célébrissime, ce n’est pas seulement parce que l’une d’entre elles illustre la couverture.

France

Exclusif: «Comment je suis devenu García Márquez» USA. Festival America / Karla Suárez. Voyage Handschin. Voici un auteur dont on devrait lire chaque année un livre qui fonctionne à une étrange méthode que celle ici en vigueur, force et redondance, ou contre-danse puisque le complément d’objet y est systématiquement ou presque transformé en sujet de la phrase suivante, à moins qu’une homophonie permette elle aussi un pont entre deux énoncés de cette façon le propos peut paraître abscons ne s’y méprenne pas, P.N.A.

Voyage Handschin

Handschin sait où il va, ce qu’il construit et détruit, à savoir la fiction du je suis un autre et pas qu’un seul instant d’inattention et voilà déjà plusieurs morts et plusieurs naissances et contre-sens, tout ici fait sens s’en rendre compte le lecteur dérive d’incidents en accidents tous les cas la synthèse disjonctive fait force de loi et impose à l’instable syntaxe sa proliférante imagination.

Mais trêve de mimétisme. Le Cycliste: le «je» du terroriste. «Je n’ai pas de réponse littéraire au terrorisme»: c’est ce que disait Don DeLillo dans un entretien accordé à l’Express deux ans après le 11-Septembre.

Le Cycliste: le «je» du terroriste

Rentrée littéraire ? Pas de saison des romans pour les Américains. Expatriée, je manque la rentrée littéraire française, quelle frustration !

Rentrée littéraire ? Pas de saison des romans pour les Américains

Aux Etats-Unis, aucune saison ne donne l’occasion d’assister à cette vibrionnante folie intello-commerciale, qui laisse dubitatifs les libraires américains. Lesquels ont bien survécu à l’arrivée des ebooks, merci. La « rentrée », d’abord, c’est quoi comme concept ? Soleil noir, un roman de Dambudzo Marechera. Dans la cave à High Street, elle me sortit de mes pensées et me traîna sur la piste de danse où nous fûmes infatigables cette nuit-là comme toutes les autres nuits. Lorsqu’on danse au bout de la souffrance et de l’oubli, on n’a aucune raison de s’arrêter. La musique était sourde, rythmée par le frottement des balais métalliques, les ruptures fines et cassantes des cymbales. Elle atomisait l’émotion et l’arrangeait en motifs obsédants. La nouvelle Marie était une étrangère qui s’arrangeait et se réarrangeait autour de moi, jour après jour.

Maintenant j’essaie de l’arranger pour vous. « Les mots de la faim » : Notes et chroniques. Herta Müller, La bascule du souffle, traduit de l’allemand par Claire de Oliveira, Gallimard 2010, Folio 2011 En 1945, le jeune Léopold, comme tous les Allemands de Roumanie âgés de 17 à 45 ans, est déporté en Union Soviétique. Il restera cinq ans dans un camp, à y subir le travail forcé, les brimades, la faim, à y côtoyer la mort et la souffrance, à y chercher dans le moindre objet, dans le moindre croûton de pain, dans le moindre brin d’herbe une parcelle du bonheur dont ne peuvent se passer les humains.

Herta Müller l’explique en postface : l’histoire de Léopold est largement inspirée de celle d’Oskar Pastior, poète de langue allemande et d’origine roumaine, mort en 2006 après avoir vécu dans sa jeunesse la douloureuse expérience des camps soviétiques, exercé différents métiers, s’être enfin voué, une fois exilé en Autriche puis en Allemagne, à l’écriture littéraire. Malgré les détails vécus, le livre n’est pas un document de plus sur le goulag. Jean-Pierre Longre.

Chine

Rentrée littéraire : éditeur, je refuse de participer à ce suicide collectif. Je suis ce qu’on appelle un éditeur indépendant. Je dirige les éditions Aux forges de Vulcain, actuellement hébergées au Labo de l’édition et travaille dans une invisibilité agréable, qui me permet de publier les livres que je veux publier. Depuis quelques semaines, un phénomène climatique saisonnier est venu troubler ma routine : la rentrée littéraire. « Dis, c’est pas la rentrée littéraire, là ? Tu sors quoi, toi, pour la rentrée littéraire ? » Je désire ici répondre aux centaines de milliers de personnes qui me posent cette question.

Tu penses peut-être que je cherche à travestir une raison obscure et inavouable en un acte de foi spectaculaire mais mensonger. C’est une catastrophe pour les auteurs et les lecteurs Mon métier est pourtant de vendre des livres. Beaucoup d’éditeurs ne font pas la rentrée littéraire. Pourquoi ne lit-on pas les livres qu'on n'aime pas? Il y a à cela plusieurs raisons, qui toutes n'émargent pas au cahier pourtant touffu de la mauvaise foi. Notre curiosité est vaste, certes, mais ce n'est pas non plus l'équivalent mental d'un chasseur de dahu (eh oui, dahu ne prend pas de "t", j'ai vérifié…). Par exemple, nous avons lu tel livre de tel auteur, qui nous a battu froid. Nous voulions l'aimer, en vivre au moins un segment, mais non, rien, dès la première page la magie s'est révélée inexistante, la phrase n'avait à allonger sous la table de notre impatience que des jambes cagneuses incapables de réinventer la marche.

Est-ce à dire que nous donnons au livre moins de chance qu'à l'inconnu qui, moyennant temps et complicité, deviendra notre ami? Il se passe quelque chose d'électrique quand on ouvre un livre. Kevin et Esther vont à La Baule. Esther était tombée amoureuse de Kevin lors d’un séjour en bord de mer sur une plage de petits cailloux où s’accumulaient ces cigarettes qui nuisent gravement à la santé de l’entourage balnéaire et font le lit du misérabilisme en période post-électorale. Kundera opposé à la numérisation de ses livres : l'offre pirate rigole. Milan Kundera, auteur de La Plaisanterie, fait le dos rond à la numérisation du livre qui met en branle la vieille tradition humaniste de l'imprimerie.

J'apprécie beaucoup les oeuvres de Milan Kundera et respecte ces choix. Mais j'avoue ne pas comprendre ce parti pris. Les arguments avancés me semblent facilement contestables (piratage, facilité de la copie du fichier), puisqu'il me semble que tout éditeur passe par un format numérique de l'oeuvre afin de l'imprimer, que l'auteur doit par obligation accepter. Parallèlement, la disponibilité des oeuvres en bibliothèque ou la revente en occasion est hors de portée de l'éditeur ou de l'auteur. J'ajouterai que grand lecteur, récemment passé à la tablette par hasard malgré mes réserves, je n'y vois que des avantages, facilités de lecture, prise de notes et efficacité de recherches approfondies qui ne font qu'augmenter mon plaisir de lecteur. L'objet livre ne perd pas de valeur pour moi, et j'apprécierai même que soit jointe une version numérique à chaque livre, rien que, par exemple, afin de permettre une recherche transversale, ou de retrouver plus facilement un passage. – lordofcthulhu

Non au musée du papier. « Il me semble que le temps qui, impitoyablement, poursuit sa marche, commence à mettre les livres en danger. » Voilà les inquiétudes exprimées par l'auteur le 11 juin dernier, lors de la remise des prix de la Bnf.