Russell Banks: "Internet peut nous entraîner dans la mauvaise direction" - Lire. Votre précédent roman, La Réserve, abordait déjà les questions de pornographie et de pédophilie. Pourquoi revenir sur ces thèmes avec ce nouveau livre? Russell Banks. C'est une histoire qui remonte à quelques années. Je passe d'ordinaire mes hivers à Miami Beach, où je possède un appartement. Du balcon, je peux voir le viaduc qui relie cette île artificielle au continent.
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François Bon : « Google exacerbe Borges » Plaidoyer pour les perspectives que le numérique ouvre à l’écriture et la lecture, «Après le livre» dépasse l’objet afin de le replacer dans une histoire des mutations et des pratiques littéraires.
Entretien avec l’écrivain François Bon. «Après le livre»… Est-ce se détacher de l’objet ? Y renoncer ? C’est déjà le cas pour la musique. James Joyce, Maurice Leblanc, Virginia Woolf... ils entrent dans le domaine public en 2012. Annie Ernaux: «Je voulais venger ma race» La charité invite à taire ici les noms des lecteurs professionnels qui, jadis, lui ont reproché un «misérabilisme racoleur» ou une «prétention fade et inouïe», quand ce n'était pas d'«observer des gens sans ressources» en «relevant de leur catégorie au titre de RMIste du style et du vocabulaire».
Plus de trente-cinq ans après «les Armoires vides», saisissante confession célinienne d'une jeune femme contrainte à l'avortement, Annie Ernaux n'a pas seulement des centaines de milliers de lecteurs. Son oeuvre fait l'objet d'innombrables thèses de doctorat. Et l'on n'a pas fini d'analyser sa manière, à la fois singulière et universelle, d'écrire sans jamais oublier d'où elle vient: le café-épicerie que tenaient ses parents, à Yvetot, en Haute-Normandie.
Un beau volume rassemblant plusieurs de ses livres, augmenté de photos et de pages inédites de ses carnets, le confirme: sur un mode mineur, elle s'est imposée comme un auteur majeur. Maud Tabachnik: «La barbarie est le propre de l'homme» Elle se dit elle-même «teigneuse», voire «mauvaise».
Six mois après la sortie de «Désert barbare» (Albin Michel), et à l’occasion de la reprise en poche de «Ne vous retournez pas» (Livre de Poche), Maud Tabachnik, bien connue pour ses coups de gueule, évoque ici une facette inconnue et sensible de sa personnalité: la blessure de la Shoah à jamais inscrite en elle. Brigit Bontour. Vous situez très souvent vos thrillers aux Etats-Unis, comme ici dans le désert du Sonora, ou dans d’autres grands espaces (la Russie, l’Argentine), où la nature est également prééminente. Diriez-vous que l’immensité accroît ou dilue la barbarie? Maud Tabachnik. La barbarie n’a pas de limite quand on agit à l’échelle d’un pays-continent. Oui, j’ai besoin d’infini, de bleds paumés, de routes qui n’en finissent pas. Etre cultivé, à quoi ça sert? «Le roman-roman est en coma dépassé» «On peut trouver toutes sortes de raisons à l'hégémonie actuelle du roman: s'il veut que son livre soit lu, qu'il lui rapporte la rétribution symbolique («passer pour un écrivain») et la réussite éditoriale (les prix, les ventes, la notoriété, etc.) qu'il espère, un auteur a tout intérêt à présenter son livre comme un roman et à faire inscrire cette mention sur la couverture.
C'est vrai. Mais il s'agit d'une des conséquences et non de l'une des causes de ce phénomène. Les raisons du triomphe actuel du roman sont plus profondes et plus lointaines. Au siècle dernier, Bakhtine les expliquait très bien en rendant compte de l'évolution du genre depuis ses origines les plus lointaines jusqu'à ses manifestations les plus récentes. LA FIN DU ROMAN? Longtemps, l'affaire sembla claire: pour qu'il y ait roman, il fallait qu'il y ait fiction.
Du latin fingere, modeler, feindre, inventer. Sans fiction, on était dans le document, l'histoire, les mémoires.
«En France, on condamne l'imagination» Comme ces déments qui bondissent sur les passants à la nuit tombée, Jacques Abeille sort de l’obscurité.
L’an dernier, les éditions Attila rééditaient ses «Jardins statuaires», roman culte victime depuis trente ans d’une scoumoune éditoriale qui lui a valu le statut de chef-d’œuvre maudit. Voilà qu’il se passe quelque chose: les «Jardins» cheminent doucement vers les 10.000 exemplaires vendus. On le rencontre dans un appartement parisien, où ce prof retraité vivant à Libourne s’est posé pour quelques jours. On découvre qu’il a un visage de cardinal libertin et une voix de vieux guerrier. La longue discussion se poursuit alors que le soir tombe.
Mona Ozouf: "La cause des livres est menacée" - Lire. Bosse, ami Nabe ! Les bienveillants. Frédéric Beigbeder face à François Bon: le livre numérique est-il une apocalypse? Frédéric Beigbeder, pourquoi le livre numérique serait-il une apocalypse pour la littérature?