Le chef de la police de Dubaï part en guerre contre les Frères musulmans. Quel rôle joue le Qatar dans la révolution en Syrie ? La crise syrienne s’enlise. Après plus de dix-huit mois de révolte et alors que les exactions se multiplient, le régime ne s’est pas effondré et semble, malgré de sérieux revers, être en mesure de se maintenir pour un moment. Caisse de résonance d’un conflit qui prend une dimension régionale, le théâtre syrien voit s’affronter un régime à bout de souffle soutenu par l’Iran, la Russie et la Chine et une population dont la contestation a progressivement pris, après des mois de protestation pacifique, une tournure militaire.
Dans le chaos qui règne aujourd’hui, le rôle de certaines « pétromonarchies », particulièrement du Qatar, interroge et inquiète certains observateurs. Il nous paraît donc opportun de mettre ici en évidence les contours de la stratégie qatarie dans une crise qui révèle les lignes de faille d’un Moyen-Orient où l’enjeu confessionnel devient malheureusement dominant. L’intransigeance du régime syrien Il faut d’abord revenir aux fondamentaux du conflit. La question des armes. Le Qatar, soutien des jihadistes du Nord-Mali ? Cinq choses à savoir. Les accusations se multiplient autour du potentiel soutien du Qatar aux groupes jihadistes du Nord-Mali. Après les révélations du Canard enchaîné, c’est au tour de la sénatrice communiste Michelle Demessine, rejointe par Marine Le Pen, d’incriminer Doha. L’auteur Ennarsi Nabil, spécialiste du Qatar est auteur de « L’Enigme du Qatar » aux éditions de l’IRIS (sortie prévue le 6 mars 2013).
Devant les nombreuses zones d’ombre que cette affaire suscite, il est nécessaire de rappeler quelques points essentiels et de mettre en évidence quel est le degré et la nature de l’implication du petit émirat dans la région. Il n’y a pas de forces spéciales qataries dans la zone Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas trace d’une présence de forces spéciales qataries dans la zone. Confirmée par une enquête de la DGSE du mois de novembre, cette absence d’éléments militaires qataris se comprend aisément au regard de la relation nouée entre la France et le Qatar depuis plusieurs années.
Qui est vraiment l'émir du Qatar ? Qui de la France, du Qatar et de l'Arabie saoudite est le plus schizophrène ? Atlantico : Le ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a appelé dimanche soir à Ryad à la création d'un fonds d'investissements franco-saoudien, à l'instar du fonds créé avec le Qatar. N'est-ce pas un peu schizophrène de se lier avec l'une des théocraties les plus réactionnaires dont les liens avec le fondamentalisme musulman sont pour le moins troubles ?
Medhi Lazar : Voir les choses sous cet angle je pense nous empêcherait de cerner les enjeux de cet épisode : la situation économique de la France et notamment les besoins d’investissements étrangers dans notre pays. La compétitivité de l’hexagone se détériore rapidement et les délocalisations augmentent. Face à cela malheureusement, si notre pays reste attractif, il l’est de moins en moins. Dans ce cadre, tous les investissements étrangers sont donc les bienvenus. Peut-on parler d'un double jeu du Qatar ou de l'Arabie saoudite qui investissent en Occident tout en critiquant ouvertement le modèle ? Nord-Mali : les relations ambigües du Qatar avec les jihadistes. L'émir du Qatar, Hamad bin Khalifa Al Thani.© Reuters En France, les critiques vont bon train contre le Qatar, soupçonné de soutenir les jihadistes au Nord-Mali.
Qu'en est-il réellement ? Le point sur ce que l'on sait. Mis à jour le 24/01 à 12h25. « Double-jeu » ou « jeu trouble », « ambivalence » et « opacité » : d’inquiétants soupçons sur les agissements du Qatar au Mali surgissent régulièrement dans les médias francophones. Les mystères qui semblent draper le petit émirat fascinent autant que son incalculable fortune gazière. Sur la scène politique française, les extrêmes, toujours promptes à fustiger la gazomonarchie, ont à nouveau été les premiers à s’agiter. « Qui finance certains groupes au Mali, si ce n'est le Qatar ?
D’autres pays ont intérêt à déstabiliser le Qatar et à le désigner comme bouc émissaire. (...) Dans les sables du Sahel, le bon ami de Paris se révèlerait-il être un ennemi sournois ? Pas d'alliance stratégique Rivalité Qatar-Arabie Saoudite. Le torchon brûle entre les Émirats et les Frères musulmans d'Égypte - DIPLOMATIE. Bahreïn : cette révolte que ni les Occidentaux ni Al Jazeera ne veulent voir.
Lire aussi sur ce sujet : Roi du Bahreïn reçu à l'Elysée : l'hypocrisie de la diplomatie "normale" en action Atlantico : Une photo fait actuellement polémique dans les médias français, elle montre François Hollande avec le roi de Bahreïn. Mais ce Hamad Ben Issa est-il vraiment un dictateur ? Et le Bahreïn doit-il vraiment être présenté comme une dictature ? Karim Sader : Bien évidemment, le royaume du Bahreïn est une monarchie autoritaire à l’instar de l’ensemble des pays de la région.
Le régime se caractérise par l’absence d’un pouvoir législatif compte tenu des très faibles prérogatives accordées au « Majlis al-Shoura » – soit l’équivalent du parlement élu dans nos démocraties occidentales – et qui, comme son nom l’indique, constitue un pouvoir consultatif. Certes on peut reprocher à François Hollande de s’être engagé – pour des considérations semble-t-il, purement électoralistes – « à ne pas recevoir de dictateurs à l'Élysée ». Le Qatar est-il en train d'acheter la France et sa diplomatie ? Atlantico : Petite monarchie pétrolière et gazière du golfe Persique, le Qatar a choisi d'investir massivement en France et en Europe, dans le sport (avec le rachat du PSG), dans l'immobilier, les banlieues (lire notre article : Arnaud Montebourg renonce à son hold-up sur les 50 millions d'euros promis par le Qatar aux banlieues et double la mise)...
Où va-t-il s’arrêter ? Karim Sader : La succession des crises financière de 2008 et économique de 2009-2010 ayant plongé les économies occidentales dans la récession aura été une aubaine pour le Qatar. A contre-courant de la grande tendance internationale, le riche émirat gazier affichait une croissance économique insolente, dopée avant tout par sa production de GNL (gaz naturel liquéfié) dont Doha est devenu le premier producteur mondial l’an dernier. Si on y regarde de plus près, ces investissements n'ont aucun effet durables. Ne sont-ils pas avant tout un moyen d'asseoir la diplomatie qatarie ?
Double jeu : faut-il se méfier du Qatar ? Atlantico : Lorsque l'on parle du Qatar, c'est tantôt pour évoquer le soutien de ce pays à des organisations fondamentalistes, tantôt pour débattre d'une politique d'investissement qui va du sport aux entrepreneurs de nos banlieues. Comment expliquer un tel paradoxe ? Karim Sader : Le Qatar est un pays qui jouit d’une conjoncture particulièrement favorable pour mener à bien sa stratégie : une croissance économique insolente dopée par ses richesses gazières, un facteur démographique confortable, et, surtout, l’absence de contestations politique et sociale sur son territoire du fait d’une société relativement peu politisée, et qui plus est parfaitement alignée sur les grandes orientations du régime.
L’on rappellera au passage qu’en dépit du caractère autoritaire du pouvoir qatari, l’Emirat a totalement échappé à la dynamique des « printemps arabes » qui a touché ses voisins. Sans chercher très loin, l’exemple le plus frappant concerne l’opinion française. Podcast : Monarchies du Golfe : des amies qui nous veulent du mal ? - Idées. Les lunes de miel ne sont pas faites pour durer. Celle entre la France et le Qatar pas davantage que les autres. Pourtant, il y a quelques mois encore, rien ne parvenait à tempérer l’enthousiasme à l’égard de cette petite monarchie du golfe, véritable miraculée de la crise mondiale, capable d’investir dans le foot, les médias, le CAC 40, les musées, les banlieues françaises…bref capable de donner un peu d’air à une économie, la nôtre, à bout de souffle.
Kamal Tarabey, Karim Sader et Denis Bauchard J-C F © Radio France Mais vous connaissez la fable, celle de la grenouille qui se voulait plus grosse que le bœuf. Le Qatar est soupçonné de financer, plus ou moins directement, les jihadistes dans le nord du Mali. Il n’est pas dit que ce retour de bâton indispose son grand voisin, l’Arabie Saoudite. La France continue pourtant d’entretenir d’excellentes relations diplomatiques avec ces deux ‘’royaumes’’, adeptes du double jeu. C'est notre sujet du jour. Bonus.