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Violences sexistes et sexuelles

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Trois Français sur quatre ne distinguent pas harcèlement, blagues salaces et séduction. Et vous ? En France, une femme sur cinq déclare avoir été harcelée sexuellement au travail. Un problème de société dont la définition légale reste pourtant floue pour une majorité de personnes. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Laura Motet Complimenter l’apparence d’une collègue, envoyer à ses collaborateurs des e-mails contenant des images pornographiques, faire du pied à l’un de ses employés : pour trois Français sur quatre, il est difficile de faire la différence entre la séduction et le harcèlement, d’après une enquête du défenseur des droits de 2014.

Dans quatre cas de harcèlement sexuel sur dix, la victime occupait un emploi précaire. Vérifiez-le avec notre quiz, réalisé avec Maude Beckers, avocate spécialiste du droit du travail et des questions de discriminations, et Isabelle Steyer, avocate spécialiste des violences faites aux femmes. Harvey Weinstein et les hommes qui savent. Les affaires Weinstein (à savoir qu’un homme ait pu pendant 30 ans violer, agresser sexuellement et harcèlement au moins trente femmes à ce jour) montrent, comme très souvent dans les affaires de violences sexuelles, que beaucoup d’hommes savaient. - des journalistes savaient - des patrons de presse savaient - Le conseil d’administration de The Weinstein Company savait puisque le contrat de Weinstein est rédigé de telle manière qu’il ne puisse être renvoyé en cas de plainte pour harcèlement sexuel. - Brad Pitt savait. - Ben Affleck savait (enfin il sait aussi pour son frère Casey et il sait aussi pour lui-même.

Avez-vous noté qu’il a reconnu hier avoir agressé sexuellement (il a parlé de conduite inappropriée) l’actrice Hilarie Burton et qu’une autre accusation d’agression sexuelle le vise ? - Georges Clooney savait. - Matt Damon savait - Russel Crowe savait. La liste est longue. Oh ils vous diront tous qu’ils ne savaient pas exactement. Que Weinstein est « comme ca ». Pénaliser le harcèlement de rue ? Hmm, pas si vite. Contre-intuitive. C'est ainsi qu'on pourrait définir la position des militantes de la lutte contre le harcèlement de rue. On les aurait spontanément pensées ravies de l'annonce de Marlène Schiappa (la mise en place d'un groupe de travail pour pénaliser le harcèlement de rue).

Elles ne le sont pas. Jointe au téléphone, Elsa Cardona, membre du comité de pilotage de Stop harcèlement de rue, explique que ce n'est pas l'idée de la pénalisation en elle-même qui pose problème. "On a un gouvernement qui s'intéresse à la question du harcèlement de rue, et ça, c'est déjà très bien. " Tandis qu'Anaïs Bourdet, fondatrice de Paye Ta Shnek (page Facebook qui recense des témoignages de femmes harcelées), va dans le même sens : Merci, votre inscription a bien été prise en compte. "De vouloir pénaliser, c'est une bonne chose, c'est un message fort pour dire que 'le harcèlement sexiste n'est pas toléré'. " Une série d'arguments contre...

Au téléphone, Anaïs Bourdet liste une série d'arguments. Délit de faciès ... L'insupportable violence du féminisme. Dans L’anatomie politique, Nicole-Claude Mathieu décrit une ethnie où les femmes sont contraintes de ne pas utiliser certains mots du langage, au contraire des hommes. Elle décrit leurs efforts à chercher la bonne formule, la bonne périphrase, la bonne tournure pour ne pas enfreindre ces règles importantes. Toute leur attention est monopolisée par leur recherche du bon mot ce qui est somme toute assez pratique pour que leur cerveau ne s’intéresse jamais à autre chose, comme la profonde injustice que constitue cette coutume. J’ai souvent l’impression d’être une de ces femmes, à chercher sans cesse mes mots, mes phrases, mes comparaisons pour ne pas déplaire aux hommes. Pardon : pour ne pas déplaire au pourcentage extrêmement faible, et encore je m’excuse de ne pouvoir donner un chiffre précis, d’hommes qui sont sexistes.

Les hommes m’expliquent qu’ils sont prêts à m’écouter. On pondèrera ensemble mon discours. Nous avons abdiqué devant la question des violences sexuelles.