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«Libération», la transformation commence. Libération vient de franchir une étape importante sur la voie de son redressement.

«Libération», la transformation commence

Le plan de départ volontaire mis en place depuis septembre arrive à son terme. Il se traduira par une réduction des effectifs, étape nécessaire pour tirer le journal de ses difficultés financières. Faisant preuve d’un grand sens des responsabilités, le comité d’entreprise, où sont représentés les syndicats du journal, a donné un avis favorable à ce plan d’économies, qui permettra à Libération de rétablir ses comptes à la fin 2015. La Direction du travail a entériné elle aussi le plan. Chose rare, ces sacrifices ont été mis en œuvre sans aucun départ contraint et sans un seul jour de conflit social.

Ce projet consiste à défendre, avec de nouveaux outils journalistiques, les valeurs de Libération, celles d’un journalisme indépendant, critique, impertinent, qui détecte les changements à l’œuvre au XXIe siècle et lutte pour un monde plus juste et plus libre. Radio-Libé continue son développement. Isabelle HANNE. Contrer l’offensive de la com. A la fin du siècle dernier, les signes étaient déjà évidents.

Contrer l’offensive de la com

Dans la seconde moitié des années 80, la commercialisation des PC se développait et ces deux lettres - pour personal computer («ordinateur personnel») -, exprimaient le futur immédiat et la catastrophe probable pour une grande industrie européenne, celle de la presse écrite. Internet était arrivé, et de manière dévastatrice, déplaçant la lecture du journal vers le monde numérique. Les Cassandre nord-américains prédisaient la disparition inéluctable de la presse papier. Certains allant jusqu’à donner à l’apocalypse une date si proche que, si les pires pronostics s’étaient réalisés, il n’y aurait déjà plus de presse telle que nous l’avons connue. Mais en Europe, peut-être même plus qu’aux Etats-Unis, la presse avait des racines solides qu’il faudrait du temps pour arracher. Avant « Libération », le duo Ledoux-Moulias avait déjà participé au « sauvetage » d’une entreprise. « Dans les mains de qui sommes-nous tombés ?

Avant « Libération », le duo Ledoux-Moulias avait déjà participé au « sauvetage » d’une entreprise

» Cette question ouvrait la page dans laquelle les salariés de Libération racontaient, vendredi 21 février, comment leurs actionnaires Bruno Ledoux et François Moulias avaient pris le contrôle du journal, deux jours plus tôt. Les journalistes sont depuis plus de quinze jours en conflit public avec le duo, qu'ils n'estiment plus "crédible" quand il promet de transformer Libération en réseau social et lieu culturel, ou quand il promet l'arrivée de nouveaux investisseurs.

Depuis leur entrée au capital du quotidien, en 2011, les deux hommes suscitent des interrogations, renforcées par le relatif secret qu'ils entretiennent sur leurs affaires (lire : François Moulias, l'inconnu de « Libération »). Récemment, on a appris, par Mediapart, que le fisc s'était intéressé à la société possédant l'immeuble de Libération. Du côté de l'Etat, on s'interroge sur le « sérieux » de ces interlocuteurs.

Code du travail. Sous-section 10 : Droit d'alerte économique.

Code du travail

Lorsque le comité d'entreprise a connaissance de faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de l'entreprise, il peut demander à l'employeur de lui fournir des explications. Cette demande est inscrite de droit à l'ordre du jour de la prochaine séance du comité d'entreprise. Si le comité d'entreprise n'a pu obtenir de réponse suffisante de l'employeur ou si celle-ci confirme le caractère préoccupant de la situation, il établit un rapport. Dans les entreprises employant au moins mille salariés, ce rapport est établi par la commission économique prévue par l'article L. 2325-23.

Ce rapport, au titre du droit d'alerte économique, est transmis à l'employeur et au commissaire aux comptes. Ces salariés disposent de cinq heures chacun pour assister le comité d'entreprise ou la commission économique en vue de l'établissement du rapport prévu à l'article L. 2323-78. Etre schtroumpfé ou disparaître ? Nicolas Demorand : « J'ai décidé de démissionner de “Libération” » L'esprit pionnier: oser rêver. Je fais partie de ces «Français qui raquent pour ces mecs» de Libé que se permet d’insulter en privé un certain Monsieur Ledoux, qui, à lire sa prose, semble faire de la liquidation comme Jourdain de la prose, confondant allègrement produits de la pensée et marché immobilier, béton et opinion, «cash» et culture.

L'esprit pionnier: oser rêver

J’ai aussi passé à Libération les plus belles années de ma vie, d’avant même le lancement du journal en 1973 jusqu’à mon départ (volontaire) de la direction de la rédaction en 2006. C’est donc avec une tristesse mêlée de colère que je vois le journal menacé par une crise qui me semble plus grave que celles (nombreuses) qu’il a traversées. Libération en danger de mort - Stefan de Vries. Il y a quelque chose de pourri dans l’état de Libération.

Libération en danger de mort - Stefan de Vries

La guerre se fait entre direction, journalistes et actionnaires par Unes et emails interposés. La survie du quotidien se joue dans les semaines à venir. Lecteur fidèle de Libération depuis au moins 20 ans, la Une du quotidien de ce samedi (à gauche) m’a laissé un peu perplexe. Ma réaction fut simple et immédiate : ‘Nous sommes au 21e siècle’. La fausse Une que j’ai faite comme clin d’œil (à droite), a vite été reprise sur les médias sociaux. Les salariés de Libération ont peur que leur journal disparaisse. ‘Nous sommes un restaurant’ Le NRC à Amsterdam L’une des propositions des actionnaires (qui ont déjà perdu des dizaines de millions), est de transformer l’énorme bâtiment de Libération dans le centre de Paris en ‘espace culturel’ et en ‘newsroom digital’. La bataille qui se livre à «Libé» est la nôtre. Le projet des actionnaires pour «Libération» «Libération» est en grève. Les jours noirs d’un quotidien.

A Libération, on a du vocabulaire : «foutage de gueule», «insulte», «bras d’honneur».

Les jours noirs d’un quotidien

C’est ainsi qu’a été accueilli vendredi vers 17 heures le texte des actionnaires du journal. Il a suffi d’une demi-seconde, sitôt lus les 3 478 caractères fautes incluses (à Libération, on a le sens de l’orthographe, enfin pas toujours mais souvent quand même). Un à un, on se lève. «Non mais attends, t’as lu ?» D’un poste à l’autre, on s’interpelle. Nous sommes un journal.