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La « passion rouge-brune » de Bernard-Henri Lévy, par Benoît Bréville (Le Monde diplomatique, mars 2014) Bernard-Henri Lévy est revenu tout ébahi de la soirée de gala donnée par l’ambassadeur de France à Copenhague début février (1).

La « passion rouge-brune » de Bernard-Henri Lévy, par Benoît Bréville (Le Monde diplomatique, mars 2014)

Le « pays de Kierkegaard », comme il nomme prosaïquement le Danemark, est aussi le « pays du roi Christian », qui refusa de faire porter l’étoile jaune aux Juifs pendant la seconde guerre mondiale, mais également celui « des aviateurs de la guerre de Libye » venus prêter main forte aux troupes de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) en 2011. Un Etat symbole de la « réconciliation de la liberté et de l’égalité ». Bernard-Henri Lévy, l’homme qui ne s’est jamais trompé, par Pierre Rimbert (Le Monde diplomatique, janvier 2010) S’il prend un jour à Bernard-Henri Lévy la fantaisie de feuilleter le recueil de ses chroniques de l’année 2001, son regard croisera ce titre alléchant : « Lettre à ceux qui se sont trompés ». « Vous disiez : “le bourbier américain... les Américains sont enlisés... jamais l’armée américaine ne saura venir à bout de ce nouveau Vietnam que sont les plaines et les montagnes d’Afghanistan...”

Bernard-Henri Lévy, l’homme qui ne s’est jamais trompé, par Pierre Rimbert (Le Monde diplomatique, janvier 2010)

Quelques semaines, parfois quelques jours après ces considérations définitives, c’est la chute de Kaboul, la débâcle sans gloire des talibans et la victoire éclair d’une stratégie que nous n’étions pas bien nombreux à juger d’une habileté, d’une efficacité militaro-politique insoupçonnées. » (Le Point, 16 novembre 2001.) Huit ans après ce verdict sans appel, les Etats-Unis s’enferrent dans le deuxième plus long conflit armé de leur histoire, et M. Barack Obama annonce le déploiement de trente mille soldats supplémentaires. On connut « victoire éclair » plus probante... On pourrait continuer. Bernard-Henri Lévy en Amérique, par Glyn Morgan (Le Monde diplomatique, mars 2006) En se rendant en Amérique en 1831, Alexis de Tocqueville s’était donné une mission politique sérieuse.

Bernard-Henri Lévy en Amérique, par Glyn Morgan (Le Monde diplomatique, mars 2006)

L’égalité démocratique y avait été instaurée, et ses conséquences pour la liberté individuelle étaient moins désastreuses qu’ailleurs. L’historien voulait comprendre comment les Américains étaient parvenus à ce résultat. Cent soixante-treize ans plus tard, Bernard-Henri Lévy voyage sur les pas de Tocqueville. Mais lui n’est pas investi d’une mission politique sérieuse. Il est en reportage pour The Atlantic Monthly. Comme tout un chacun en 2004, année de son périple, l’auteur s’intéresse à l’« antiaméricanisme », un sentiment particulièrement prononcé cette année-là, à la fois aux Etats-Unis (les républicains assimilent toute critique de la guerre en Irak à ce travers) et à l’étranger. Bernard-Henri Lévy est un visiteur beaucoup trop poli pour nous exposer aux pathologies les plus choquantes des Etats-Unis.

Le douteux bricolage de Bernard-Henri Lévy, par William Dalrymple (Le Monde diplomatique, décembre 2003) Il n’y a pas de ville plus triste que Karachi.

Le douteux bricolage de Bernard-Henri Lévy, par William Dalrymple (Le Monde diplomatique, décembre 2003)

C’est une sorte de Beyrouth de l’Asie du Sud : une cité en bord de mer, riche et même pleine d’attraits par endroits, mais également véritable monument à la haine entre groupes ethniques et religieux, ainsi qu’à l’inexistence d’une communauté de citoyens. Ville en état de guerre avec elle-même et avec le reste du monde, métropole la plus peuplée du Pakistan, Karachi est un endroit profondément instable, s’adonnant par intermittence à d’effrayantes vagues de tueries et d’enlèvements. Pour se protéger, les policiers s’y recroquevillent derrière des sacs de sable, et les représentations diplomatiques étrangères ressemblent à autant de châteaux construits par les Croisés.

Telle est bien, en effet, la manière dont elles sont perçues par les habitants : des têtes de pont fortifiées de puissances étrangères et nullement bienvenues. BHL en Afghanistan ou « Tintin au Congo » ? , par Gilles Dorronsoro (Le Monde diplomatique, décembre 2003) Le reportage de Bernard-Henri Lévy chez Massoud (Le Monde du 13 octobre) laisse un goût amer à ceux, nombreux en France, qui portent un intérêt à l’Afghanistan.

BHL en Afghanistan ou « Tintin au Congo » ? , par Gilles Dorronsoro (Le Monde diplomatique, décembre 2003)

Dans l’un des plus longs articles publiés par Le Monde en vingt ans de guerre afghane, Bernard-Henri Lévy accumule les erreurs et, surtout, les complaisances. Où a-t-il vu que le Tadjikistan était sorti de la guerre ? Les combats continuent, ce qui fait de BHL la seule personne de ma connaissance à avoir traversé un pays en guerre sans s’en apercevoir. Le rapport un peu flou de l’auteur avec la réalité se confirme ensuite. Faute de connaître l’Afghanistan (en dehors d’un bref voyage à la frontière pakistanaise en 1982), il est incapable de poser des questions pertinentes à Massoud et se contente, sans aucun recul, de retranscrire des réponses convenues. Les généraux d'Alger préfèrent un reportage de BHL à une enquête internationale, par Nicolas Beau (Le Monde diplomatique, décembre 2003)

Les 11 et 12 janvier, L’Authentique, le quotidien contrôlé par le général Betchine, conseiller spécial de Zeroual pour les questions de sécurité et ancien patron de la Sécurité militaire, a publié de larges extraits des papiers de BHL dans Le Monde. « Un pavé dans la mare », a estimé ce grand journal indépendant : « Bernard-Henry Lévy est venu en Algérie.

Les généraux d'Alger préfèrent un reportage de BHL à une enquête internationale, par Nicolas Beau (Le Monde diplomatique, décembre 2003)

Il a vu et il a probablement vaincu cette obscène question qui obsède de nombreux intellectuels, journalistes et hommes politiques occidentaux qui ajoutent à l’horreur des massacres génocidaires une confusion insupportable sur les auteurs des crimes. » BHL : « Chérif Rahmani, ministre gouverneur d’Alger (…), est ouvert. Brillant. Il est typique (…) de la nouvelle génération de “quadras” qui arrivent aux affaires et poussent vers la porte les caciques discrédités du FLN. » Faux. BHL : « “Mouloudia ! Les généraux d'Alger préfèrent un reportage de BHL à une enquête internationale, par Nicolas Beau (Le Monde diplomatique, décembre 2003) Parade de l’oligarchie à Saint-Germain-des-Prés, par Michel Pinçon & Monique Pinçon-Charlot (Le Monde diplomatique, février 2011)

Fondée en 1990 par Bernard-Henri Lévy, la revue La Règle du Jeu a fêté à la fin de 2010 ses vingt ans au Flore, le café que fréquentèrent autrefois Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, en face l’église Saint-Germain-des-Prés.

Parade de l’oligarchie à Saint-Germain-des-Prés, par Michel Pinçon & Monique Pinçon-Charlot (Le Monde diplomatique, février 2011)

Les temps ont bien changé et le quartier aussi. Le grand luxe y a détrôné l’existentialisme. Pour cet anniversaire, le Flore a accueilli de nombreux invités. Une foule disparate où l’on trouvait des intellectuels certifiés, des journalistes établis et quelques hommes politiques importants. Une oligarchie des lettres et des arts, de la presse et des médias bien plus que des affaires et de la politique.

L’oligarchie, le Parti socialiste et Bernard-Henri Lévy, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, novembre 2007) Monsieur Bernard Arnault offrait, le 17 septembre dernier, une sympathique réception à l’occasion des 60 ans de Dior.

L’oligarchie, le Parti socialiste et Bernard-Henri Lévy, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, novembre 2007)

Champagne Dom Pérignon, caviar, « 75 maîtres d’hôtel pour 25 tables », « 14 cuisiniers », « 300 chaises “médaillon” faites pour la soirée », « 4 000 roses pour les centres de tables et les décorations florales », « 8 000 brins de muguet », « 3 800 pipettes d’eau pour les abreuver » : on ne regarda pas à la dépense. Tous nazis !, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, novembre 2007) Dans son dernier livre, Bernard-Henri Lévy entend dresser un « relevé des laboratoires où fermente le pire (1) ».

Tous nazis !, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, novembre 2007)

Y figurent par ordre d’apparition : • Hugo Chávez, « dont l’épiscopat latino-américain lui-même note que la rhétorique antilibérale rappelle celle “des régimes de type fasciste ou nazi” ! ». (p. 200) • Etienne Balibar, Daniel Bensaïd, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida, jugés responsables de « la redécouverte affirmée, et même claironnée, (...) d’un théoricien que son antilibéralisme a conduit au pire, c’est-à-dire au nazisme : Carl Schmitt. . ( . . . ) • Slavoj Zizek, Peter Sloterdijk (en plus des précédents) : « C’est tout un pan de l’intelligentsia européenne qui marche comme un seul homme derrière cette idée curieuse et, plus on y réfléchit, hallucinante selon laquelle il reviendrait à un penseur nazi [Schmitt] de tirer la gauche de son impasse.

Deux précédents, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, novembre 2007) L’idéologie française est un des essais dont Bernard-Henri Lévy est le plus fier.

Deux précédents, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, novembre 2007)

Modestement, il ne cesse de le citer. En 1981, Raymond Aron analysait l’ouvrage en ces termes : « Un auteur qui emploie volontiers les adjectifs infâme ou obscène pour qualifier les hommes et les idées invite le critique à lui rendre la pareille. Je résisterai autant que possible à la tentation, bien que le livre de Bernard-Henri Lévy présente quelques-uns des défauts qui m’horripilent : la boursouflure du style, la prétention à trancher des mérites et des démérites des vivants et des morts, l’ambition de rappeler à un peuple amnésique la part engloutie de son passé, les citations détachées de leur contexte et interprétées arbitrairement (1). »

Les intellectuels éternels, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, 21 février 2007) Combien d’intellectuels la France compte-t-elle ? On en est là…, par Jacques Bouveresse (Le Monde diplomatique, mai 2006) Aux dernières nouvelles, il semble, comme dirait Proust, qu’il y ait une fois de plus « quelque chose de changé en France (1) ». Comme toujours, le problème est de savoir si ce qui est réel est le changement lui-même, et non pas plutôt l’impression que l’on a et qu’ont en particulier les journalistes – dont le métier est de nous expliquer à chaque instant où nous en sommes, en matière d’idées comme dans tout le reste – que quelque chose a changé. La nouveauté ne consiste pas dans l’idée que nous sommes engagés depuis un bon moment dans un processus de stagnation et même de déclin préoccupant. C’était déjà une chose à peu près admise. Le règne des livres sans qualités, par Antoine Schwartz (Le Monde diplomatique, mai 2006)

«Au XXe siècle, il n’a pas toujours été admis que le grand public ne souhaite que du divertissement. » C’est par cette piqûre de rappel que l’Américain André Schiffrin introduit L’Edition sans éditeurs, petit ouvrage incisif qui a pointé les effets de la concentration dans l’édition (1). Aux marchands d’une culture au rabais se défaussant de leur responsabilité sociale derrière les sacro-saintes « lois du marché », Schiffrin, fondateur d’une maison d’édition politique, à la fois indépendante et à but non lucratif, oppose l’expérience des années 1930 en Angleterre et de l’après-guerre aux Etats-Unis.

De grandes maisons telles que Penguin Books ou la New American Library avaient encore pour devise de publier « de bons livres pour le plus grand nombre ». Cela dure depuis vingt-cinq ans, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, décembre 2003) Après plusieurs semaines de pilonnage médiatique, consécutives à la publication de Qui a tué Daniel Pearl ? , l’écrivain Pierre Jourde observa : « On sort de la quinzaine BHL. BHL publierait ses dessins d’enfant ou une compilation de ses notes de blanchisseur, la pâmoison ne serait pas moindre. » Cela dure même depuis vingt-cinq ans. Le « système BHL » a été disséqué cent fois (1). Au point que les critiques se voient désormais opposer que « tout ça on le sait déjà », en particulier par ceux qui s’emploient à ce que « tout ça » se perpétue quelques années de plus.

Comme avant, voire un peu plus fort : le rendement de chaque surface de vente médiatique ayant un peu décliné, le système BHL a multiplié le nombre de ses comptoirs de promotion. Sans titre. Rendez-vous était pris avec Bernard-Henri Lévy pour un lundi matin, rue Madame, dans le 6e arrondissement de Paris. Mais il aura suffi de mentionner la venue d’un photographe pour provoquer aussi sec la réaction suivante de son secrétariat : « Dans ce cas, l’après-midi serait mieux venu. » A de tels détails, on reconnaît les pros. Loyaux services, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, janvier 2003) Les réactions suscitées par l’acquisition du groupe d’édition de Vivendi par Hachette laissent penser que M. Jean-Luc Lagardère et son fils (le capitalisme « moderne » est plus dynastique que jamais) occupent désormais dans la vie sociale et intellectuelle la place libérée par M.

Jean-Marie Messier. Les nouveaux réactionnaires, par Maurice T. Maschino (Le Monde diplomatique, octobre 2002) Quand le peuple est muselé et la démocratie en danger, « l’insurrection est le plus sacré des devoirs ». De Rousseau à Sartre (« On a raison de se révolter ! Quand les philosophes se font amuseurs, par Nicolas Truong (Le Monde diplomatique, septembre 2001) Sale temps pour les philosophes ! De la vogue éthique et toc des années 1980 à la nouvelle vague des « piètres penseurs » de l’an 2000 (1), du mode jargonnant des auteurs postmodernes à la mode des cafés philo (où les critiques de Kant font place aux a priori de maître Kanter), jusqu’aux représentants de la vénérable confrérie s’affairant dans les coulisses du pouvoir, cela fait quelque temps que la discipline vacille.

Et Maurice T. Maschino, dans Oubliez les philosophes (2), avoue même avoir dû franchir les mailles de la censure « mentale, économique et idéologique » pour se permettre d’écorner la statue des commandeurs. Les « philo-américains » saisis par la rage, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, mai 2000) Pour nombre d’essayistes et d’éditorialistes français, la critique des Etats-Unis ne relève plus du débat politique. Il s’agit d’une déformation mentale. La nausée, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, février 2000) Jean-Paul Sartre a décidément de la chance d’être mort vingt ans avant la publication de sa biographie par Bernard-Henri Lévy. Des prophètes pour intellectuels, par Louis Pinto (Le Monde diplomatique, septembre 1997)

On peut éprouver quelque réticence à parler encore une fois d’un groupe qui, comme celui des intellectuels, parle beaucoup de lui-même, au point de donner à l’extérieur l’impression de n’avoir pas d’autre préoccupation. BHL à Mossoul : c’est parti ! (Le Monde diplomatique, octobre 2008) Le lynchage médiatique de Bernard-Henri Lévy : c’est assez !

Rue89.nouvelobs. Une « exclusivité » du Monde : le tourisme de propagande de BHL en Israël. La prose de Bernard-Henri Lévy (comme son auteur lui-même..) est inclassable. BHL-Houellebecq et la « meute » des complaisants. Impossible d’y échapper. La critique du Testament de Dieu de Bernard-Henry Lévy (1979) - Pierre Vidal-Naquet. La critique du Testament de Dieu de Bernard-Henri Lévy par Pierre Vidal-Naquet dans Le Nouvel Observateur en juin 1979, la réponse de BHL et le commentaire de Cornelius Castoriadis [1] Une nouvelle aventure de Bernard en Géorgie. Bernard-Henri Lévy. BHL à Mossoul : c’est parti ! (Le Monde diplomatique, octobre 2008)