Pauvre Adam Smith ! Décidément, pas moyen de le laisser tranquille, notre cher Adam.
Dans l’édition de La richesse des nations publiée par Le Monde, Flammarion et France Inter, figure sur la quatrième de couverture : “Adam Smith développe dans cette œuvre monumentale la fameuse théorie de la “main invisible” selon laquelle le libre jeu du marché et des intérêts individuels suffit à faire valoir l’intérêt général, sans aucune intervention étatique”. Théorie d’autant plus fameuse… qu’elle ne figure aucunement dans ce ouvrage. Certes, dans son ouvrage originellement intitulé Enquête sur l’origine et la nature de la richesse des nations, Smith plaide en faveur de plus de concurrence. Smith critique les entraves au marché posées notamment par les corporations, les entreprises (les “marchands”) et l’Etat. Pour Smith, globalement, plus de concurrence signifie plus de croissance. Mais il y a à cela deux fortes réserves. Ouille, ça fait mal à la tête. 1. 2. 3. 4. 5. Ah ah ! Mais que voyons-nous ?
1. Pour Adam Smith. Division du travail : Adam Smith dans le texte. Extraits de Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Collection « Idées », Gallimard, 1976 (1ère édition 1776).
Prenons un exemple dans une manufacture de la plus petite importance, mais où la division du travail s’est fait souvent remarquer : une manufacture d’épingles. (...) Un ouvrier tire le fil à la bobine, un autre le dresse, un troisième coupe la dressée, un quatrième empointe, un cinquième est employé à émoudre le bout qui doit recevoir la tête. Cette tête est elle-même l’objet de deux ou trois opérations séparées : la frapper est une besogne particulière ; blanchir les épingles en est une autre ; c’est même métier distinct et séparé que de piquer les papiers et d’y bouler les épingles ; enfin, l’important travail de faire une épingle est divisée en dix-huit opérations distinctes ou environ, lesquelles, dans certaines fabriques, sont remplies par autant de mains différentes, quoique dans d’autres le même ouvrier en remplisse deux ou trois.
La main invisible. Sur le site de la revue Problèmes économiques, dans la rubrique "Théories économiques : Concurrence, marchés, réglementation" on trouve la définition suivante de la "théorie de la main invisible" : Selon Adam Smith, l’individu ne « cherche que son propre gain » mais par son action personnelle et isolée il contribue à une fin qui le dépasse, l’intérêt général.
Les opérations des agents, apparemment indépendantes les unes des autres, sont en fait coordonnées (main invisible) et aboutissent à une situation dans laquelle les producteurs peuvent vendre leurs marchandises et les consommateurs satisfaire leurs besoins. Une telle issue est garantie par un système de prix et de salaires flexibles qui assure un équilibre efficient sur tous les marchés. La somme des intérêts individuels et égoïstes est égale à l’intérêt général. La référence est assez fréquente pour mériter un effort d’approfondissement. L’encyclopédie en ligne Wikipedia propose un article très complet à la main invisible. La main invisible d'Adam Smith, par Christian Laval.
La main invisible du marché La théorie d’Adam Smith est souvent résumée par l’étrange image d’une « main » qui harmoniserait les intérêts personnels de sorte à créer la plus grande prospérité pour tous.
C’est le thème fameux de la « main invisible ». Que signifie exactement cette curieuse métaphore ? Mais d’abord, est-on sûr qu’elle est une création du philosophe et économiste écossais ? L’idée selon laquelle les intérêts s’harmonisent d’eux-mêmes sur le marché est loin d’appartenir en propre à Adam Smith. Adam Smith, comme on le voit, n’a pas inventé l’idée de cette « Providence supérieure ».
La « main invisible » chez Smith signifie donc très précisément l’enchaînement imprévisible pour les hommes eux-mêmes des effets de leurs actions. La main invisible. Chaque individu met sans cesse tous ses efforts à chercher, pour tout le capital dont il peut disposer, l’emploi le plus avantageux : il est bien vrai que c’est son propre bénéfice qu’il a en vue, et non celui de la société ; mais les soins qu’il se donne pour trouver son avantage personnel conduisent naturellement à préférer précisément ce genre d’emploi même qui se trouve être le plus avantageux pour la société. [...]
En cela, comme dans beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler. Main invisible. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Adam Smith. Passages où Smith emploie l'expression[modifier | modifier le code]