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Les sondages d'intention de vote contribuent à modifier le résultat d'une élection. Finalement, nous ne votons plus selon nos idées mais selon ce qui est annoncé comme découlant des choix dictés par nos convictions. Une nouvelle chronique Jean-Paul Jouary. La question n’est pas, comme pour Hamlet, d’être ou de ne pas être, mais d’en être ou de ne pas en être. - Marcel Proust Revenons sur l’idée à laquelle nous étions parvenus dans la chronique précédente : alors que la parole vivante peut engendrer des créations historiques comme certains peuples l’ont prouvé au cours de cette année, les sondages sur les intentions de vote induisent des comportements d’adaptation à un avenir déjà écrit et enferment dans les logiques présentes. Ils ne sont cependant pas vécus comme tels.
Marine Le Pen arriverait en tête au premier tour des présidentielles, selon un sondage . Et tous les médias d’analyser et décortiquer celui-ci, malgré la fiabilité que l’on sait pouvoir accorder à ce type de propagande. Les réactions sont aussi diverses qu’intéressantes : elles vont de la négation pure et simple à l’acceptation d’une évidence , en passant par des analyses un peu plus fines de la situation.
(photo: rafaelmarquez - Flickr - cc)
Manger 5 sondages à la con par jour peut nuire à la santé de la démocratie. " L'opinion publique n'existe pas " affirmait Bourdieu en 1972 . En 2010, sur la base de l'observation de mon entourage, je peux affirmer que les Français sont convaincus à 92,7% que les sondages avec lesquels on les assomme au quotidien ne reflètent pas la réalité. A l'heure de l'infotainment et des grandes manipulations, cet outil statistique est devenu un des piliers de l'argumentation politique. Pire, l'addiction aux sondages oriente et uniformise le discours du politique, n'ayant parfois ( on en connaît) que ces chiffres comme représentation du "réel". Dispositif majeur dans la propagande gouvernementale sur la prochaine application de telle ou telle réforme, le sondage contribue également à charpenter le tempo des polémiques contrefeux sur lesquels le pouvoir souhaite que la populace se dispute.
Anticor, une association qui se consacre à la lutte contre la corruption, va porter plainte avec constitution de partie civile dans l'affaire des sondages de l'Elysée, a annoncé son avocat mercredi 10 novembre. Cette plainte contre X pour favoritisme concerne Publifact, la société de Patrick Buisson, un ancien journaliste proche de Nicolas Sarkozy . L'entreprise a signé une convention le 1 er juin 2007 avec la présidence de la République pour la fourniture d'études d'opinion.
" En France, on est toujours en train de voter. Et quand on vote pas, ils nous sondent… non, avec des journaux. Remarquez, le résultat est le même : on l'a un peu dans le c.. " disait Coluche ! Le sondage CSA, " fort à propos", publié ce matin par Le Parisien affirmant que : " 82% des personnes interrogées répondent «Non» lorsqu'on leur demande si les rumeurs qui courent sur la vie privée des personnalités politiques ont une influence sur l'opinion " Nous en apporte une fois de plus la preuve. Et surtout, nous rapelle la passion de notre Chef de l'Etat pour les études produites par les instituts de sondages. Passion fort coûteuse au demeurant, comme nous l'avait appris la cour des comptes et qu'on a appelé : l'affaire des sondages de l'Elysée
Voilà un sondage qui, malgré ses bonnes intentions, va sans doute tomber à plat... Nos politiques sont bien trop affairés à occuper le terrain préalablement déblayé par Xynthia pour se soucier de faire beaucoup de commentaires sur ces résultats: ...qui ne sont pas très lisibles sur cette illustration empruntée à 20minutes.fr ... Ce très joli sondage , réalisé par Obea/InfraForces , sur " les Français et l'insécurité en France ", est présenté par ses deux commanditaires, 20minutes et France Info, de manières assez différentes: le premier croit pouvoir en tirer que " l'insécurité n'obsède pas les Français ", alors que le second affirme que " 2 Français sur 3 ont une bonne image de la police ". Monsieur Julien Nègre, qui est chargé d'études à l'institut de sondage InfraForces, estime, pour sa part, que les résultats obtenus sont " rassurants ". Il est, en effet, tout à fait rassurant de constater que 85,1% de nos concitoyens admettent être d'accord avec l'assertion suivante:
(dessin: Louison)