EDD oubliée du Grenelle de l'environnement. Par André Giordan Le Grenelle de l’environnement a suscité quelques espoirs pour faire bouger, et le domaine, et les lignes… en France. Le challenge n’était pas mince, il s’agissait tout à la fois de changer la vision du monde, la façon de le gérer et nombres d’habitudes au quotidien. Sans éducation, à commencer pour les très jeunes enfants, comment y parvenir ?
De même sans un optimum de culture en la matière, comment faire passer un tel message complexe, y compris pour les adultes, y compris pour les spécialistes. On réinvente la roue ou l’eau tiède en permanence en la matière ! L'écotaxe sur les sacs poubelle proposée par l’une des Commissions de ce Grenelle par exemple a déjà été essayée, y compris sur des milieux plus favorables. En Suisse, pays particulièrement discipliné, elle a été un désastre au début... Sur ce plan, tout le monde est d’accord : il faut développer largement l’EDD, et cela depuis la conférence de Tbilissi organisée par l’UNESCO en… 1977.
André Giordan. Mieux enseigner les sciences à l'école. Il n'existe sans doute pas "une" bonne méthode pour enseigner les sciences. Mais à l'école primaire, elles sont trop peu enseignées. Et dans le secondaire, les élèves semblent ne pas retirer de l'enseignement scientifique des connaissances très solides. Revue des nombreuses propositions pour améliorer la situation, avec l'expert André Giordan. © Stockxpert Septembre 1996 : l'opération "La main à la pâte" est lancée dans trois cents écoles en France à l'initiative du professeur Georges Charpak, prix Nobel de physique. Malgré ces efforts qu'il estime "bienvenus", André Giordan, directeur du laboratoire de didactique et épistémologie des sciences, à l'université de Genève, explique que non seulement "l'enseignement des sciences est inefficace", puisque les élèves en retirent peu de connaissances (chapitre 1), mais en plus il va jusqu'à dégoûter les jeunes de cette discipline.
Le constat est sévère. Du bon sens direz-vous ? 01.Des connaissances inopérantes 04. " Un succès inattendu, quoique… Par André Giordan Le succès du livre Apprendre à apprendre (Librio, 2007), conçu et écrit de concert avec Jérôme Saltet a surpris, et continue de surprendre le monde de l’éducation. Il est exceptionnel qu’un livre dans ce domaine dépasse les 50 000 exemplaires dans une seule année. Classé souvent premier en Sciences Humaines, il apparaît en permanence dans les 20 meilleures ventes du libraire numérique Amazon. On ne peut pas dire qu’il s’agit d’un effet de mode ou qu’on eût affaire à un effet d’annonces. Aucun grand média n’en a parlé, excepté la chaîne culturelle de la Radio Suisse romande. Seuls quelques rares sites ont annoncé sa sortie dont celui du Café pédagogique. Même les revues pédagogiques l’ont ignoré, il est vrai que cet essai me met pas en avant une belle théorisation, mais avance pour les grands élèves, les étudiants ou le grand public des possibles pratiques pour mieux apprendre !
Ce succès inattendu interroge le professionnel de l’éducation. Sa manière propre d’apprendre. André Giordan : L'échec scolaire - Refus de l'echec scolaire. Chaque année, environ 200 000 jeunes sortent du système scolaire sans diplôme, sans qualification ou avec une certification de faible qualité ; soit presque le tiers d’une classe d’âge. Parmi ceux-ci, 30 000 sont pratiquement analphabètes ; ce qui est dramatique dans un monde où le savoir prend une place essentielle. Face à un tel échec, l’institution scolaire ne peut se cacher la face ou dire avec raison qu’« avant c’était pire »… Certes on pourrait objecter que le problème n’est pas scolaire, mais son origine est profondément sociale ou socio-économique.
Il est avéré que les élèves des milieux défavorisés ont beaucoup plus de risques de ne pas réussir à l’école. Mais alors pourquoi prétendre que l’éducation nationale « donne les mêmes chances à tous » ? Ce qui pourrait interpeller sur le fait que la question n’est pas uniquement sociologique est que plus du tiers des élèves dits « précoces », donc des enfants qui ont les capacités pour réussir, sont également en échec scolaire. André Giordan - L’enseignant, d’abord un metteur en scène. André Giordan : "Les savoirs aujourd’hui essentiels ne sont pas à l’école" Auteur, avec Jérôme Saltet, d'un livre important sur le collège, André Giordan propose une refonte complète des enseignements au collège. "Tant que les programmes ou/et les pratiques scolaires les dégoûteront du savoir, les enseignants auront bien du mal à les raccrocher… Il faut arrêter de traiter de questions qu’ils ne se posent pas ou sans prendre le temps pour qu’ils se les posent.
" Le Haut Conseil de l'éducation français vient de publier un rapport qui recommande la mise en place d'une "école du socle commun" regroupant l'école primaire et le collège. Pensez-vous que cette proposition soit à même de réduire l'échec scolaire ? André Giordan – N’est-il pas normal au pays de Descartes que la réponse soit réductrice ! L’éducation nationale est un système, elle demande des réponses systémiques… Difficile de faire évoluer un système en agissant sur un seul élément, de plus structurel. L’éducation nationale n’a vraiment pas d’histoire. AG.- Tout simplement au corporatisme ! Oui ! Oui !
Plaidoyer pour le Collège. L’école est très malade. Pas besoin d’être un grand médecin pour poser ce diagnostic ! La dernière rentrée scolaire nous a offert en raccourci le panorama de tous les symptômes.Les profs sont dans un tel état de désarroi qu’ils en viennent à faire grève pratiquement le jour de la rentrée ; pas besoin de livres pour nous raconter les angoisses quotidiennes et la déprime qui guette…Les élèves s’ennuient, ils peinent à comprendre l’intérêt des programmes.
Un grand nombre décrochent…Les parents n’ont plus confiance dans la capacité de l’école à assurer l’avenir de leurs enfants, et se tournent dès qu’ils en ont les moyens vers l’école privée, les officines de soutien scolaire.Les pouvoirs publics constatent le gâchis des sommes gigantesques englouties dans le système pour de piètres résultats : presque 20 % des jeunes qui entrent en sixième ont des difficultés de lecture, plus de 100000 quittent l’école chaque année sans diplôme, une égalité des chances n’existe simplement pas. Vive la motivation ? Cet article, venant en conclusion du dossier Cette fameuse motivation n’a pu être édité dans la revue. Il le sera dans le N°431. Il est un point commun à tous les textes de ce dossier... Aurait-il pu en être autrement ? La « motivation » est indispensable à l’acte d’apprendre, elle devrait être présente en permanence en classe... et chacun de se lancer dans des projets, des innovations pour la susciter, la faire émerger, y compris avec des élèves que l’on dit par euphémisme « en difficulté ».Ce n’est déjà pas rien d’en arriver là et de le proclamer de façon positive !
Pluralité de conceptions Ce qui sépare les auteurs, par contre, c’est la façon d’approcher cette motivation. Ainsi certains textes mettent en avant l’élève, et notamment son « plaisir de se repérer dans les informations », son « plaisir de découvrir des réponses », de se questionner et de chercher... Au risque de se fourvoyer... Toutes ces propositions fournissent des éléments de réponse pour (re) motiver les élèves. A. André Giordan - L'envie d'apprendre. L’envie d’apprendre André Giordan “On a envie de foot, on a envie de rap (...)
M’sieur ! , on a pas envie d’apprendre”. Pour en savoir plus : André Giordan, Apprendre, Belin, 1998. Laboratoire de Didactique et d'Epistémologie des Sciences. Par André Giordan, Perspectives, vol. XXV, n° 1, marzo 1995 version espagnole Quand on observe l'enseignement et la médiation scientifique, on repère trois principales traditions. La première, la plus généralisée et la plus ancienne, prend appui sur l'idée d'une transmission frontale de connaissances. A chaque étape, un contenu particulier, découpé dans un curriculum ou dans un tableau d'objectifs, est présenté.
Leur somme constitue le savoir à acquérir. Dans ce type d'enseignement ou de médiation, il s'agit d'une relation très linéaire entre un enseignant, dépositaire d'un savoir qui effectue un exposé, de plus en plus souvent illustré, et un élève qui reçoit. Développée depuis les années cinquante, la deuxième tradition repose sur un entraînement promu au rang de principe d'apprentissage. Enfin la troisième tradition, plus récente , correspond à ce qu'il est convenu d'appeler la pédagogie de la découverte ou encore la pédagogie de la construction. 1. 2. 3. 3.1. 3.2. 4. 4.1. 4.2. 1. 2.
André Giordan : Mettre l'apprendre au programme. "Le sentiment d'une crise majeure de l'éducation, dans nos sociétés modernes est aujourd'hui à peu près unanimement partagé. L'éducation, au coeur de la construction humaine, est appelée à se repenser, se refonder, inventer de nouvelles pratiques et en particulier à l'école, si elle veut sortir des contradictions et des impasses auxquelles elle se trouve aujourd'hui confrontée. " Cette perception d'un état de crise de l'éducation et de l'enseignement ne date pas d'hier, ni même de l'après-mai 1968. Tout le XXème siècle est parcouru par la perception, le constat ou l'annonce de cette crise comme exprimant ou accompagnant la crise de civilisation des sociétés occidentales. " Ce texte n’est pas d’aujourd’hui, il date de 2002 ; il est extrait de "Pour une politique de civilisation", d'Edgar Morin.
Sortir de la lamentation S’agit-il alors de réclamer le retour aux programmes de 2002 ou d’en rester au lycée actuel pour que l’école soit au service d’une politique de civilisation ?.. André Giordan.