Banlieues : l'appel au secours de collégiens d'Aubervilliers | R. Dans son livre, le journaliste Luc Bronner publie des lettres d’élèves qui témoignent de leur sentiment d’insécurité. Extraits. Le couloir d’un collège aux Etats-Unis (House of Sims/Flickr) En 2008, un professeur de collège d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) a proposé à ses élèves d’écrire chacun une lettre à l’inspecteur d’académie, juste après un incident (une bande avait fait une « descente » dans l’établissement). Le journaliste Luc Bronner, qui suit l’actualité des banlieues depuis 2005 au Monde, évoque cette histoire dans son livre « La Loi du ghetto », paru le 3 mars, dont Rue89 publie des extraits. Luc Bronner, 36 ans, est le seul reporter de la presse nationale à consacrer tout son temps de travail aux « quartiers » des banlieues françaises, de l’Ile-de-France à la Drôme ou à la Haute-Marne.
Il rencontre des ados, des policiers, des élus, des dealers, des acteurs associatifs, des sociologues, des ministres. Le jeu de dupes entre médias et politiques.
Intégration/Immigration. Cours le matin... L'impulsion de la loi de 2005 est-elle toujours là ? Réussite scolaire et estime de soi - Benoît Galand, article Éducation. Comment développer, cultiver et même restaurer la confiance en soi, facteur-clé de la réussite scolaire ? Il existe pour cela de nombreuses petites techniques pédagogiques ou relationnelles, peu coûteuses, dont l’efficacité est attestée par de nombreuses expériences en psychologie sociale. Peut-on voir dans les échecs scolaires le reflet d’une faible estime de soi ? Spontanément, la plupart des gens répondront par l’affirmative à cette question. Les recherches en éducation apportent néanmoins une réponse plus mitigée tant l’estime de soi apparaît comme une notion complexe.
Certes, un élève ayant une très faible estime de lui-même risque fort de ne pas trouver l’énergie pour s’engager dans son travail scolaire. Cependant, la plupart des élèves, même ceux en difficultés d’apprentissage, ont une estime d’eux-mêmes relativement positive, de sorte qu’il est difficile d’expliquer un grand nombre d’échecs par une faible estime de soi. Quand la confiance invite à la performance (1) H.W. La mixité des classes ne suffit pas à garantir l’égalité filles-garçons. Des filles moins bonnes en maths, des garçons meilleurs en sport, plus de « garçons manqués » que de « filles réussies », la mixité de genres au sein des établissements scolaires n’empêche pas aux stéréotypes sexistes d’avoir la vie dure. Et les enseignants d’en véhiculer également, le plus souvent malgré eux. Deux points d’écart entre filles et garçons en sport « Les questions liées au genre, au sexe nous interrogent sans que l’on n’ait appris à y répondre », avance Cathy Patinet, professeur d’EPS (éducation physique et sportive) depuis trente-quatre ans.
Selon elle, les enseignants transmettent la norme malgré eux. Ne serait-ce que par le langage. « Il est commun de dire que les garçons sont plus forts, plus rapides, alors que les filles sont plus organisées, plus méthodiques », illustre-t-elle. Jeune enseignante, elle se penche rapidement sur cette question, constatant que globalement, en sport, « les filles n’y arrivent pas ». La pédagogie peut venir à bout du sexisme Agenda. «Le renouvellement des élites peut prendre deux générations» Agnès Van Zanten (1), directrice de recherche CNRS à l’Observatoire sociologique du changement de Sciences- Po, étudie les programmes d’«égalité des chances» qui se sont multipliés dans l’enseignement supérieur, pour un ouvrage à paraître à l’automne.
Elle analyse pour Libération leurs effets et leurs limites, pour arriver à ouvrir les élites françaises à la diversité. Ces dispositifs ont-ils donné des résultats ? D’abord, il faut voir que les buts ont évolué avec le temps. Avec les conventions éducation prioritaire (CEP) créées par Sciences-Po en 2001, il s’agit de renouveler la population jugée trop élitiste de l’école et de permettre l’accès à des jeunes qui, sinon, n’en auraient jamais eu la possibilité. L’année suivante, l’Essec met en place une politique différente, avec des actions de tutorat (accompagnement scolaire, apprentissage des codes sociaux, etc.) destinées à des jeunes de milieux défavorisés. L’accès à l’école n’est plus clairement visé. Pourquoi les élèves de milieux populaires n'"oseraient"-ils pas les études longues ? Ségrégation sociale, ségrégation scolaire, une intervention d’Agnès van Zanten. France : 252.000 élèves décrochent chaque année du système.
Une plate-forme informatique recense et accompagne les jeunes menacés de déscolarisation, souvent d'origine modeste mais pas uniquement. » Read this story in English Thomas, 21 ans, détonne avec l'image de l'élève décrocheur d'origine modeste, plus habituelle parmi les 252.000 jeunes sortis des établissements scolaires sans diplôme depuis un an. Ce jeune Parisien est issu d'un milieu plutôt favorisé, avec une mère chargée de communication dans une entreprise de spiritueux. Son père est ingénieur chez Renault. Si son frère aîné «a toujours bien marché » sur un plan scolaire, Thomas, lui, « est en échec alors qu'il n'est pas idiot», déplore sa mère. Après deux redoublements, une orientation en BEP en fin de troisième, puis un retour dans la voie technologique, le jeune homme, qui a échoué au bac l'an dernier, vit chez ses parents, très angoissés par son incapacité à se projeter dans l'avenir.
«Un redoublement, c'est humiliant» «Classes relais» » La France scrute le harcèlement à l'école. Cinq idées reçues sur "l'assistanat" Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Samuel Laurent L'assistanat est un "cancer de la société française". Si on lui a reproché les mots employés, Laurent Wauquiez, en s'attaquant au revenu de solidarité active (RSA), a surfé sur un cliché bien implanté.
Quelque 80 % des classes moyennes sont d'accord avec l'idée qu'il "y a trop d'assistanat et [que] beaucoup de gens abusent des aides sociales", selon une étude menée par l'IFOP en octobre 2010, citée par Le Post.fr. Peut-être le ministre des affaires européennes pensait-il à cet électorat quand il a émis l'idée, dimanche 8 mai, de plafonner les minima sociaux à 75 % du smic et d'obliger les personnes au RSA à effectuer des travaux "d'intérêt civique" ? Malgré les protestations suscitées dans l'opposition comme dans la majorité, cette proposition s'inscrit dans une longue tradition d'attaques contre "l'assistanat".
Un thème cher à des figures de droite, comme Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy, mais aussi de gauche, comme Ségolène Royal. 1. La dépense par élève ou étudiant en France et dans l'OCDE. Auteur : Marguerite Rudolf, DEPP A3 L’essentiel En France, le coût d’un parcours dans l’enseignement scolaire (109 330 $PPA) est proche de la moyenne de l’OCDE. Les pays dépensant le plus sont la Norvège (168 130 $PPA), le Danemark (147 600 $PPA) et les Etats-Unis (142 050 $PPA). La position de la France varie toutefois selon le niveau d’enseignement. La durée théorique de scolarité dans le primaire est plus courte en France que dans la plupart des pays (5 ans au lieu de 6) et la dépense annuelle par élève y est moins importante.
En revanche, dans le secondaire, la scolarité théorique est en France plus longue que la moyenne (7 ans au lieu de 6) et la dépense annuelle par élève y est plus importante. Pour une durée moyenne de 4 ans par étudiant dans l’enseignement supérieur, la France dépense 60 570 $PPA, soit légèrement plus que la moyenne de l’OCDE. En France, comme pour la moyenne des pays de l’OCDE, l’essentiel de la dépense d’éducation est d’origine publique. Chiffres-clés Repères. « Les inégalités devant l’éducation », Savoir/agir, n°17, septembre 2011. Le temps : une ressource surestimée dans la lutte contre l’échec scolaire. La fabrique de citoyens-Égalité. Deuxième volet du triptyque d'Emmanuelle Erny-Newton autour de notre devise républicaine. Comment l'école peut-elle réduire les inégalités de départ ? Il serait faux de croire que les inégalités sociales de réussite scolaire ne se forgent que dans les milieux familiaux, l’école se contentant d’entériner des différences qui se creuseraient indépendamment d’elle.
La remarque est de Pascal Bressoux, directeur du Laboratoire des Sciences de l’Education de l’Université Pierre Mendès France à Grenoble. Comment l’école creuse-t-elle les inégalités sociales de départ ? Bressoux repère l’effet de l’école à différents niveaux : celui de l’établissement, celui de la classe et celui du maître. L’effet-établissement Effet-classe et effet-maître L’effet-classe explique entre 10 et 18 % de la variance des acquis des élèves.
Quel est l’impact de l’enseignant sur l’effet-classe ? DEMOZ enseigne la démonstration mathématique aux élèves de ZEP Un exemple ? Image Flickr Dr Case et dylancantwell. Alain Bentolila : "TOUT part de la langue" Le linguiste et humaniste Alain Bentolila a fait une brillante intervention le 11 mai 2011 dans le cadre de l'Université Populaire du Mouvement Démocrate sur le thème « Démocratie et langue commune ». Il nous démontre que TOUT part de la langue, du langage, de la manière dont il se construit lors de la petite enfance, quand les mots prennent forme et que l'enfant relie le sens aux sons, puis aux signes écrits. La langue est ce qui construit notre pensée, notre conscience, notre rapport à l'autre. Celui qui ne la maîtrise pas, en tout cas pas suffisamment, se met en position d'exclusion sociale. C'est le principal problème des ghettos urbains, qui développent un langage simplifié, insuffisant pour exprimer une pensée complexe et même pour pouvoir expliquer ses actes, décrire un argumentaire.
D'où la violence des banlieues. L'origine de cette violence provient souvent d'une incapacité à s'exprimer par les mots. Nous perdons aussi progressivement le sens des mots.