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Homophobie/Biphobie

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UN MARIAGE TRADITIONNEL GAY, UNE PREMIÈRE EN AFRIQUE ! La construction juridique du corps d'exception homosexuel (Deuxième partie) Première partie La différence des sexes demeure... Dans le panorama des pratiques sexuelles "légitimables", une évolution est néanmoins perceptible. En effet, les décisions concernant le devoir conjugal s’occupent moins de la manière dont celui-ci s’accomplit que l’accomplissement lui-même.

Autrement dit, la façon d’exécuter l’obligation est davantage laissée à l’appréciation des partenaires. Si progressivement la liberté sexuelle semble gagner du terrain, en revanche la nature hétérosexuelle de l’union demeure l’élément constitutif de la légitimité du lien [1]. Les relations sexuelles et même les amitiés spirituelles entre personnes du même sexe sont considérées par les juges comme attentatoires aux devoirs conjugaux (respect dû au conjoint) et deviennent systématiquement la cause d’un divorce pour faute. Cela n’a guère changé au fond depuis qu’en 1905, la cour d’appel de Bourges retenait que “l’homosexualité est contraire à l’honneur et à la considération” [4]. Ainsi, F. De même, C. La construction juridique du corps d'exception homosexuel (Première partie)

Le paradigme de la neutralité éthique de l’État moderne implique de placer la volonté individuelle au sein du système moral, pour lequel toute pratique sexuelle engagée entre adultes consentants doit être considérée sur le même plan de légitimité [ 1 ]. Pour l’Etat démocratique, la liberté (y compris la liberté sexuelle) ne présuppose pas l’adhésion à une quelconque conception du bien ; la légitimité (y compris la légitimité sexuelle) ne repose plus sur des théories morales ou métaphysiques controversées [ 2 ]. Pourtant, loin de cristalliser cet idéal politique de liberté et de pluralisme, le droit français contemporain organise une hiérarchie des actes sexuels et des sexualités. L’État devient ainsi le principal promoteur d’un comportement autour duquel les autres pratiques s’articulent et s’agencent dans un ordre des sexualités.

La pénetration-pénis-vagin, placée au centre des représentations sexuelles, constitue le canon permettant de mesurer les autres sexualités "périphériques". Et si on étudiait l'hétéroparentalité ? Le débat récurrent sur les unions de même sexe et les familles homoparentales dessine, en creux, un autre débat, jamais explicité, qui mérite toutefois d’être engagé : celui relatif à l’hétéroparentalité.

Alors que depuis quarante ans, les études scientifiques sur les parents de même sexe ne cessent de se multiplier, les chercheurs ne se sont toujours pas emparés de l’objet « hétéroparentalité ». Si de nombreux ouvrages sont consacrés aux familles homos, à leur capacité à remplir les fonctions parentales et au développement psychologique de leurs enfants, la famille hétéroparentale, en tant que telle, ne fait l’objet d’aucune problématisation scientifique. Le sociologue Olivier Vecho a recensé, pour ces trente dernières années, trois cent trente documents (thèses, articles scientifiques, enquêtes, ouvrages…) relatifs à la capacité des parents homosexuels, au sort des enfants et aux dynamiques des familles homoparentales.

Mariage et adoption pour tous, PMA pour certains ? Enfin, nous y voici. À cor et à cri, les adversaires du " mariage pour tous " réclament un grand débat. C’est oublier que la controverse est lancée depuis quinze ans. À l’époque, tous s’accordaient pour reconnaître l’enjeu au-delà de la création du Pacs alors discuté : ce que les uns (les plus nombreux) redoutaient, ce que les autres (encore rares) revendiquaient, c’était bien l’ouverture du mariage et surtout de la filiation. Car la question de l’égalité entre les sexualités se posait déjà. Ceux qui sacralisent le mariage et la filiation refusent de les profaner en les ouvrant à l’homosexualité. Libre à chacun de valoriser davantage l’hétérosexualité, au motif qu’elle serait naturelle ou divine. Enfin, la gauche a rejoint le parti de l’égalité.

Reste un malaise : pourquoi ouvrir l’adoption aux couples de même sexe, et non la procréation médicalement assistée (PMA) ? Surtout, c’est une question de principe : peu importe qu’on juge le verre de l’égalité à moitié vide ou à moitié plein. D’où vient le mythe selon lequel les Noirs africains et antillais seraient forcément toujours hétéros ? – Partie 1 | CHRONIK D'UN NÈGRE INVERTI. "Je crois et j’espère que les nègres étaient exempts de cette maladie morale dans leur propre pays". Cette citation d’Edward Gibbon, historien britannique du 18e siècle, tiré de son célèbre ouvrage Decline and Fall of the Roman Empire (1781), résume à elle seule la pensée coloniale qui a ancré l’idée d’une impossibilité pour des Africains noirs d’avoir des relations de même sexe. Il est important d’historiciser ce postulat colonial transformé en cliché contemporain, qui dans un contexte post colonial, peut être repris, entre autres, par des Noirs antillais comme africains, convaincus que l’homosexualité comme mode de vie de couple, ou carrément les pratiques de même sexe en tant que telles, ont été "importées par les Blancs" dans leurs pays respectifs.

Cette conviction tient lieu de défense identitaire compréhensible, face à un impérialisme culturel occidental qui entend définir le Vrai, le Bien, et surtout, le Progrès. Donc : Pour le droit au mariage homosexuel. Quelques maires de France se disent prêts à marier des couples de même sexe. Ce geste de désobéissance civile constitue un événement politique majeur. D’une part, il s’agit de mettre fin à la principale discrimination dont sont encore victimes les citoyens du seul fait de leur orientation sexuelle. D’autre part, il répond à une revendication universaliste : la participation au droit commun d’une partie de la population dénoncée souvent comme communautariste. Le mariage est à l’origine de la famille, il consacre socialement l’union de deux personnes ayant comme but la solidarité réciproque sur la base de l’affection mutuelle. Constitution, Déclaration universelle des droits de l’homme et Convention européenne font du mariage une liberté fondamen- tale particulièrement protégée.

Cette revendication des lesbiennes et des gays constitue un pas de plus dans le processus de démocratisation de l’institution matrimoniale. « Leurs » familles et « les nôtres » Il faut tout un travail. En effet, on aurait bien tort de croire que la ligne de partage est toujours déjà là, inscrite dans une différence culturelle préalable ; en réalité, pour faire exister des frontières, il est nécessaire de s’employer à les tracer. Ainsi sont constitués tous les groupes minoritaires : c’est le regard « psy » qui fait l’homosexuel, comme, selon Sartre, c’est l’antisémite qui fait le juif. La taxinomie médicale isole, en même temps qu’une pathologie, des cas : l’homosexuel devient un patient : une « espèce », dit Foucault. On assiste aujourd’hui à l’inversion de la question homosexuelle : à la faveur de la dépsychiatrisation, lesbiennes et gays ont cessé d’apparaître comme des objets médicaux pour devenir des sujets politiques. Il en va de même pour l’immigration. L’immigré des années 1960, homme isolé réduit à sa fonction de travailleur, s’est métamorphosé avec le regroupement familial.

Paru dans Regards , n°62, mai-juin 2009. Droit au bonheur « Les amoureux au ban public » En 1776, la Déclaration d’indépendance américaine pose des droits inaliénables, au premier rang desquels « la vie, la liberté et la poursuite du bonheur » : c’est le geste inaugural de la démocratie moderne. Début 2008, lorsque l’affichage de sa vie amoureuse provoque des remous dans les médias, voire dans l’opinion, Nicolas Sarkozy semble s’en réclamer : « Vous savez, président de la République, ça ne donne pas le droit au bonheur, on n’a pas le droit plus au bonheur qu’un autre : mais pas moins qu’un autre. » Sans doute s’agit-il d’un bonheur intime, nourri des joies de la vie privée, fût-elle exposée publiquement.

Mais ce qui est vrai des individus concernerait aussi bien les peuples. En juillet 2007, dans son discours de Dakar, Nicolas Sarkozy proclame ainsi que « l’Afrique a le droit au bonheur, comme tous les autres continents du monde. » Quelle que soit son origine, chacun aurait le droit d’être heureux. " Qui défend... Des Papiers Pour TouTEs. Le « prosélytisme homosexuel » « Un droit à l’homosexualité (...) ne légitime pas pour autant le prosélytisme homosexuel. » (Christine Boutin) « Il faut sanctionner le prosélytisme homosexuel. » (Jean-Marie Le Pen) Tiré du vocabulaire religieux, où il désigne le zèle déployé pour répandre la foi et faire des adeptes, le concept de prosélytisme est l’un des lieux communs de la rhétorique homophobe.

À travers les connotations péjoratives attachées à ce terme, l’homosexualité apparaît comme une sorte de secte souterraine désireuse de s’étendre, un réseau insidieux et néanmoins très puissant, traversant les milieux sociaux et les nations diverses. Il s’agirait ainsi d’un complot universel, de plus en plus visible du reste, ayant pour but de corrompre les mœurs afin d’affaiblir les populations, sans doute pour mieux les dominer, les exploiter. L’homosexualité, une « contre-religion » « Ils ont beau ne pas se reproduire, on en voit davantage chaque année » (Tristan Bernard). en Union soviétique ou sous le maccarthysme. Qu’est-ce que l’hétérosexisme ? Le mot ne figure pas encore dans les dictionnaires de langue française. Le concept, pourtant, ne date pas d’aujourd’hui : il figure clairement dans les écrits d’André Gide, c’est en quelque sorte la « pensée straight » dont parlait Monique Wittig, ou encore « la contrainte à l’hétérosexualité » que critiquait Adrienne Rich.

Il apparaît en filigrane dans les termes « hétéroflics » ou « héterroristes » dont se servaient les militants du FHAR [1] et de la libération sexuelle, et le mot fut même quelques fois prononcé à cette époque, mais il n’avait guère jusqu’alors d’existence publique, du moins en France. Définition Il n’est pas facile de définir une notion nouvelle sur laquelle n’existe pas de consensus, une notion qui est avant tout un outil de critique sociale, dont la portée et les vertus, si tant est qu’il y en ait, sont encore à venir. Ainsi entendu, ce concept a le mérite de distinguer deux réalités bien souvent confondues. Comme le note Éric Fassin, Dès lors : Genèse Histoire Coûts… La rhétorique homophobe et ses mutations. Autrefois, la rhétorique homophobe était relativement pauvre. Certes, elle disposait d’un lexique assez riche : sodomite, inverti, pédale, tante, lopette, tapette, tribade, brouteuse, gouine, gousse, etc.

Mais elle se contentait d’une syntaxe très rudimentaire, réduite à quelques injures (« sale pédé ! »), anathèmes ( « Que leur sang retombe sur eux ! » ) et maximes ( « les lesbiennes sont des mal-baisées » ). Elle n’excédait guère les limites de la phrase, car une phrase suffisait : tout était dit, et tout le monde semblait d’accord. Évidemment, la pauvreté relative de ce discours n’enlevait rien à sa puissance et à son efficacité, au contraire.

Simplement, il n’était pas besoin d’en dire davantage. Un « bon sens » en crise Or, depuis un siècle, et notamment dans ces dernières années, la rhétorique homophobe a dû se perfectionner. Cette double expérience de l’adversité et de la réflexivité a suscité dans le discours homophobe un certain malaise, et pour tout dire une crise profonde.