Agonie et renaissance des média
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Avec ce premier article, j'inaugure une série d'interviews sur la monétisation digitale. Chaque semaine, j'interviewerai un média ou un acteur du web qui gagne de l'argent sur Internet.
Les résultats du Huffington Post donnent l’exemple dans le secteur moribond de l’information en ligne. C’est par le biais d’un détour par le blog de l’infatigable Raphaël Benoit (co fondateur de LePost.fr) que je découvre un billet à propos du Huffington Post , célèbre site d’information américain qui bat des records de trafic et de revenus. Cela fait un bien fou de lire quelque chose de positif à propos de la monétisation des sites d’information. Lors de mon long séjour à New York en 2008 et 2009, j’avais bien ressenti l’importance émergente du Huffington Post , ce magazine d’information en ligne fondé par Arianna Huffington. C’est aujourd’hui confirmé avec les chiffres partagés par Raphaël qui nous décrit la fabuleuse ascension de ce trublion du marché de l’information en ligne. Puis cela fait quelques jours que je vois passer des informations à propos du Post, me laissant penser que ça tombe à pic avec un départ récent d’une prise de conscience à propos de l’importance du contenu.
Devant la difficulté à financer l'information et à l'instar du HuffPo ou du Post, il se pourrait bien que le divertissement, en attirant de larges audiences, contribue à financer l'information en ligne. Avec ses implications et ses dangers. Un excellent billet de Jean-Christophe Féraud évoquant les usines de production de l’information que sont devenues AOL et Yahoo, m’a conduit à réfléchir à la récurrente question du financement de l’information de demain. Jean-Christophe constate qu’avec les plateformes de création de contenus ‘Seed’, ‘Demand media’ ou ‘Associated Content’, qui fonctionnent sur la popularité des sujets (par analyse des mots-clés en amont), se profile un dangereuse paupérisation intrinsèque du journalisme . Qui ira encore financer un reportage sur la censure en Chine ou en Iran, sachant que ces papiers, par essence, n’intéressent qu’une minorité de lecteurs et sont donc « génétiquement » non rentables ?
(Photo tirée du "2001 l'Odyssée de l'espace" de Stanley Kubrick) "T on vaisseau-mère Gutenberg a fait naufrage ou divague déboussolé en attendant le coup de grâce final du grand orage digital ? Viens à moi pauvre petit journaliste perdu dans l'immensité du cyberspace comme un astronaute bientôt à court d'oxygène..." C'est ce que j'ai cru entendre ce week-end, lorsqu'au hasard de mes divagations sur le Web, je suis tombé sur plusieurs indices informationnels laissant à penser que les Titans de l'ère numérique seront bientôt les seuls employeurs à bien vouloir recruter et payer des journalistes pour pisser de la copie sur tous les écrans de notre vie.
Il faut « sauver » le soldat Monde, déclarent en chœur les généreux candidats à la reprise d’un groupe et d’un quotidien au bord du dépôt de bilan... Soit (encore que), mais à quel prix ? Pour quel avenir ? Et pour quelles vraies-fausses bonnes raisons dans un paysage où la crise de la presse écrite évoque désormais ce qui fut celle de la sidérurgie ?
Pour le journaliste spécialiste des médias Philippe Kieffer, reprendre le vénérable quotidien est une lubie coûteuse qui montre que les candidats au rachat n'ont pas compris qu'Internet a chamboulé l'écosystème de la presse et le pouvoir d'influence des médias traditionnels. Il faut « sauver » le soldat Monde , déclarent en chœur les généreux candidats à la reprise d’un groupe et d’un quotidien au bord du dépôt de bilan… Soit (encore que), mais à quel prix ? Pour quel avenir ? Et pour quelles vraies-fausses bonnes raisons dans un paysage où la crise de la presse écrite évoque désormais ce qui fut celle de la sidérurgie ? De tous les romans que se racontent, comme à la veillée, hommes politiques, investisseurs, journalistes et patrons de presse écrite pour croire, et tenter de faire croire, qu’il reste à celle-ci un avenir de papier, celui qui voudrait que ce radieux futur passe par le « sauvetage » du Monde , est probablement le plus médiocre.
(visuel : social media sketch 09 , par birgerking , licence CC)