Bienvenue à Gattaca. Ce ne sont pas les sujets qui manquent, en ce moment. Et même si le travail, lui non plus, ne manque pas par ailleurs, je ne peux pas ne pas vous parler du rendez-vous décisif qui se joue demain, dans un silence médiatique presque absolu… L’Assemblée Nationale devrait adopter, jeudi 28 mars, une proposition de loi visant à libéraliser l’utilisation de l’embryon humain comme matériau pour la recherche scientifique. La dernière révision des lois de bioéthique, processus auquel j’ai eu l’occasion de participer de près, avait fait l’objet d’une concertation préalable longue et approfondie. Entre 2009 et 2011, le gouvernement organisait des centaines de rencontres, de conférences et de débats dans tous les départements français. Les experts étaient sollicités pour venir présenter aux Français les enjeux complexes de la recherche, et leur permettre ainsi de formuler ensuite un avis personnel informé. Un site dédié, toujours en ligne aujourd’hui, permettait de prolonger ces interactions.
GPA : la plus grande subversion féministe. LE MONDE | • Mis à jour le | Par Caroline Mécary, avocate, auteure La question de la gestation pour autrui (GPA) a fait irruption dans le débat sur le projet de loi ouvrant le mariage civil aux couples de personnes de même sexe, par effraction pourrait-on dire, lorsque la circulaire du ministère de la justice, annoncée dès le 16 janvier devant la Commission des lois, a fait l'objet d'une dépêche le 29 janvier.
Pourtant, la circulaire rappelle avec raison le droit applicable : "Est français l'enfant dont l'un des parents est français" (article 18 du code civil) de sorte qu'un certificat de nationalité française - qui atteste de sa nationalité - doit pouvoir lui être délivré indépendamment de la conception. La circulaire n'abroge évidemment pas l'article 16-7 du code civil qui fonde depuis 1994 l'interdiction d'une convention dite de "mère porteuse". Permettre la GPA, ce n'est pas l'imposer aux femmes. Le Colorado débat sur les droits de l'enfant à naître - La Matinale. C'est l'effet positif de la polémique née dans un hôpital catholique, après le décès d'une femme enceinte de jumeaux de sept mois (voir la Matinale chrétienne du 25 janvier). Devant les tribunaux, le diocèse dont dépend l'hôpital s'était défendu avec succès en invoquant le fait que selon la loi en vigueur dans l'Etat, les foetus n'étaient pas des personnes humaines.
Cette défense a créé un véritable tollé sur les réseaux sociaux, beaucoup accusant l'Eglise de double discours lorsque des sommes d'argent sont en jeu. La réaction de l'Eglise est venue ce lundi sous la forme d'un communiqué. Il était "moralement répréhensible" de faire usage de tels arguments, ont affirmé les trois évêques du Colorado, expliquant à leur décharge que leurs avocats ne les avaient pas tenu au courant des arguments qu'ils entendaient faire valoir auprès de la cour.
Avec la nouvelle formule de LaVie.fr, la Matinale chrétienne fait peau neuve. Toi, mon cerveau exporté. L’ article ci-dessous vient de paraître dans le nouveau numéro du trimestriel Usbek & Rica, auquel je collabore régulièrement. Je remercie cette revue de m’avoir autorisé à le reproduire ici. Usbek & Rica, dont le sous-titre est « Le magazine qui explore le futur », se trouve chez tous les bons marchands de journaux au prix de 5 €. Je me souviens de cette phrase : « Sans nos souvenirs, nous ne sommes que des zombies. » Je me souviens que je l’ai lue dans Science en octobre 2012. Je venais d’avoir quarante-cinq ans. C’était il y a presque trois-quarts de siècle.
Je me souviens que l’auteur de cette phrase, György Buzsáki, était chercheur en neurosciences à l’université de New York. En fait, je me souviens de tout. C’est ce jour de 2012 que j’ai commencé à me dire que l’immortalité ne passerait sans doute pas par la préservation du corps. Dès que j’ai été injecté dans le « cloud », tous mes souvenirs, même les plus enfouis, me sont réapparus en bloc. Mais qui donnera la mort ?