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Rôle des experts - Sociologie de la production scientifique

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Pourquoi ne croit-on pas les sociologues ? En dépit de leurs divergences fondamentales, un des mérites communs des perspectives de Boudon, d’un côté, et de Callon et Latour, de l’autre, est de ne pas juger de la rationalité des attitudes et des opinions du point de vue d’une Raison triomphante par nature, Raison enfonçant ceux qui la refusent dans le règne de l’erreur et de l’aveuglement, avant que la lumière les atteigne.

Pourquoi ne croit-on pas les sociologues ?

Autrement dit, il existerait des motifs rationnels de ne pas croire aux résultats des recherches, raisons tout aussi fortes que celles de croire à ces recherches sous le simple prétexte qu’elles sont des productions scientifiques, c’est-à-dire vraies parce qu’on peut en démontrer la fausseté. De la vérité dans les sciences. Les sciences auraient-elles un rapport privilégié avec la vérité ?

De la vérité dans les sciences

Pour Aurélien Barrau, cosmologiste très féru de philosophie, la réponse est tout simplement négative. Dans ce petit livre, il déploie une vision très roborative de l’activité scientifique et n’hésite pas à réhabiliter un certain relativisme. Bien sûr, il n’est pas question de considérer que toutes les approches du monde se valent. Les théories scientifiques actuellement dominantes ont leurs mérites : elles sont plus cohérentes, plus robustes et plus étayées que les explications concurrentes. Mais A. Bien sûr, cette approche soulève des questions. Conflits d’intérêts : oui, la recherche peut s’en débarrasser ! Dans un premier article, nous avons vu comment les conflits d'intérêts pouvaient perturber les deux premières étapes de la gestion des risques sanitaires et environnementaux, à savoir l'alerte et la recherche.

Conflits d’intérêts : oui, la recherche peut s’en débarrasser !

Concentrons-nous sur la troisième étape, celle de l'expertise. Elle peut être faussée en jouant sur la composition du groupe d'experts consulté : prenons un exemple vieux de deux siècles, celui de la protection des ouvriers du plomb, pour l'illustrer. Amazon. Le changement climatique est un sujet hautement émotionnel - LaRevueDurable. Les marchands de doute est un livre important qui a fait date.

Le changement climatique est un sujet hautement émotionnel - LaRevueDurable

Les historiens des sciences Naomi Oreskes et Erik M. Souvenirs du présent, Nudge, Raphaël Enthoven, Asservissement, Suggestion. Les économistes sont-ils des imposteurs?- 1 novembre 2014. Hier encore on demandait à Claude Lévi-Strauss ou à Jean Baudrillard de déchiffrer l'avenir de notre civilisation, aujourd'hui on demande à Daniel Cohen ou à Jean Tirole, nouveau prix Nobel d'économie, de nous expliquer la panne de croissance.

Les économistes sont-ils des imposteurs?- 1 novembre 2014

A quel moment a eu lieu la bascule ? Dans les cabinets ministériels, difficile d'entendre parler d'autre chose que de courbes et de chiffres. Chez les éditorialistes, on parle réduction de la dette et réforme du marché du travail avec la gravité intimidante de qui prétend remplacer l'argumentation par les équations. Le ton BFM et l'esprit «Capital» - l'hebdo du business, pas celui de Marx - semblent avoir tout annexé. A l'économie, et quasi à elle seule désormais, on accorde le sérieux, le concret des choses, les clés du lendemain. Chez les jeunes économistes eux-mêmes, la révolte gronde d'ailleurs contre les prétentions écrasantes à la scientificité de leurs aînés néoclassiques.

Aude Lancelin (1) «L'Erreur de calcul», Editions du Cerf. M. L'horizon postdémocratique et la crise écologique. Revue ESPRIT. Dans les entrailles d’une science qui n’en a pas. Sa Majesté Elizabeth II, à l’occasion d’une visite en 2008 à la London School of Economics, s’était étonnée de ce que les économistes n’aient pas vu venir la crise.

Dans les entrailles d’une science qui n’en a pas

Il lui avait fallu attendre plus de sept mois pour obtenir une réponse piteuse, dans une lettre signée par une trentaine d’économistes britanniques, évoquant le manque collectif d’imagination de la part de personnes intelligentes. C’est bien un problème collectif, qui concerne la structure hiérarchisée du champ des sciences économiques qu’on peut, pour simplifier, représenter comme constitué d’un courant dominant et de nombreux courants dominés assez hétérogènes. « La science, une activité sociale comme une autre ? Controverses autour de l’autonomie scientifique », L’Année sociologique, Vol. 63, n° 2, 2013. 1Précédé d’un hommage posthume à Raymond Boudon, ce dossier prolonge le combat de ce dernier contre le relativisme.

« La science, une activité sociale comme une autre ? Controverses autour de l’autonomie scientifique », L’Année sociologique, Vol. 63, n° 2, 2013

Il propose une réflexion collective autour de l’autonomie scientifique : l’introduction de Michel Dubois, ainsi que les trois contributions du premier tome, se positionnent, plus ou moins explicitement, contre les approches qui abordent la science comme « une activité sociale comme une autre ». L’introduction condense les termes du débat en une confrontation de deux positions, dont l’auteur rappelle quelques figures emblématiques. Demain, j’arrête l’éco - Vous n’aimez pas les économistes ? Vous n’êtes pas les seuls ! - Libération.fr. Les économistes sont-ils supérieurs aux autres chercheurs parce qu'ils manient des équations complexes.

Demain, j’arrête l’éco - Vous n’aimez pas les économistes ? Vous n’êtes pas les seuls ! - Libération.fr

C'est comme ça qu'ils sont perçus et qu'ils se présentent parfois. Nous essaierons avec ce blog d'être modestes comme des dentistes. Par Yann Algan.