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Seconde modernité

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Razmig Keucheyan, Hémisphère gauche. Une cartographie des nouvelles pensées critiques. 1 « L’expression “théorie critique”, explique l’auteur, a une longue histoire.

Razmig Keucheyan, Hémisphère gauche. Une cartographie des nouvelles pensées critiques

Elle désigne tradition (...) 2 Pour une bonne compréhension de la façon dont s’est formé le poststructuralisme, voir François Cuss (...) 1Depuis que la Théorie Critique1 est en voie de disparition, les pensées critiques tendent, elles, à proliférer. Elles recouvrent aujourd’hui des acceptions aussi multiples que « la théorie queer développée par la féministe nord-américaine Judith Butler, la métaphysique de l’événement proposée par Alain Badiou, la théorie du postmodernisme de Fredric Jameson, le postcolonialisme de Homi Bhabha et Gayatri Spivak, l’open marxism de John Holloway ou encore le néolacanisme hégélien de Slavoj Zizek » (p. 8). Autrement dit, les formes de critique qui tendaient à être unifiées, notamment dans le marxisme occidental, sont devenues non seulement très disparates entre elles, mais bien souvent contradictoires les unes envers les autres. 3 Voir Jacques Rancière, La mésentente.

Zygmunt Bauman et la société liquide. L’avènement de la postmodernité et la montée du néolibéralisme plongent les individus dans une incertitude constante, qui précarise leurs modes de vie.

Zygmunt Bauman et la société liquide

Une interprétation originale et critique de nos sociétés « liquides ». Avez-vous lu Zygmunt Bauman ? La question semble légitime au vu du peu de discussions que suscite cet auteur dans l’espace intellectuel français (1), qui contraste avec l’écho international que rencontre sa pensée. Bien souvent, c’est uniquement son ouvrage Modernité et Holocauste (dont l’interprétation déstabilisante de la Shoah fit polémique à sa parution en 2002) ou sa métaphore de la « société liquide » qui est au cœur des débats, occultant ainsi son projet intellectuel dans son ensemble.

L’ambivalence humaine Très tôt confronté au socialisme d’État et à l’idéal communiste (biographie), Z. Humanisme antitotalitaire et pensée critique deviennent alors ses fondements intellectuels, qui l’amènent à théoriser les conditions d’émancipation. Une modernité aliénante Z. Z. Le temps du Monde. Vivrions-nous un moment unique dans l’histoire ?

Le temps du Monde

Tout pousse à le croire. Le Monde s’unifie, l’humanité interagissant massivement dans des réseaux de communication toujours plus denses. L’Occident jusqu’ici hégémonique doit accepter de partager le pouvoir avec les émergents, au premier rang desquels la Chine, devenue le premier exportateur et créancier mondial. La finance semble omniprésente, et la phénomènale multiplication des richesses que nous vivons appelle à un partage plus équitable des ressources. Proclamer la fin de l’histoire serait oublier que l’humanité a déjà connu au moins deux ruptures majeures dans sa trajectoire : la première avec le Néolithique, quand la domestication de la nature a permis l’essor des civilisations ; la seconde avec la révolution industrielle, quand le recours aux énergies fossiles a démultiplié les possibles technologiques, économiques et démographiques.

Nous sommes les héritiers de ces deux moments. La société des égaux. 1Même en omettant ses engagements intellectuels, ses activités éditoriales ou son rôle dans l’animation de réseaux, il existe plusieurs Pierre Rosanvallon.

La société des égaux

Ils n’ont pas toujours la même sensibilité analytique. L’historien du xixe siècle est attiré par les sources du libéralisme, économique et politique, dont au fond il se sent très proche. Le philosophe politique de la démocratie balaie une période temporelle plus large, mais est également plus sensible aux limites de cette même tradition libérale et de la nécessité propre aux temps modernes d’accorder une place plus grande au social à l’heure de cerner les défis de la démocratie. Quant au sociologue, à partir souvent d’une sensibilité socialiste et libérale, il essaye de comprendre les nouvelles formes de la question sociale – allant de la question syndicale aux transformations de l’État-providence. 8À la fin de la lecture de l’ouvrage, deux ordres de questions, parmi bien d’autres, se posent.

L'expansion globale du désir. Hartmut Rosa, Accélération. Une critique sociale du temps. 1Hartmut Rosa est un représentant de la nouvelle Théorie Critique issue de ce qu'on appelle « l'Ecole de Francfort ».

Hartmut Rosa, Accélération. Une critique sociale du temps

Il propose non seulement de relire l'histoire moderne à l'aune du concept d'accélération sociale, mais il encourage aussi le développement de recherches à portée critique qui auraient pour objet d'éviter que le projet de la modernité (le développement de l'autonomie) soit radicalement menacé par l'accélération. La thèse de l'ouvrage est que l'histoire moderne peut être mieux comprise dans le cadre d'une dialectique entre des forces d'accélération et des institutions vouées à dépérir dès lors qu'elles deviennent un frein aux forces d'accélération, que dans le cadre de la dialectique des forces productives et des rapports de production proposée par Marx. 2L'auteur commence par livrer une description de l'accélération dans ces trois domaines, puis en explique les causes et les conséquences.