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Articles et mises au point divers

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Profs d’histoire et historiens par Vincent Duclert, 2013. Vincent Duclert s’exprime ici comme chercheur du Centre d’études sociologiques et politiques Raymond-Aron (EHESS) et non comme membre de l’Inspection générale de l’Education nationale qu’il a rejointe en avril 2013. Ces quelques réflexions sur l’enseignement de l’histoire rejoignent mon expérience d’ancien professeur du secondaire, qui ne m’a jamais quitté, même quand j’ai rejoint l’enseignement supérieur et la recherche à l’École des hautes études en sciences sociales.

D’une certaine manière, cette première expérience – que je qualifierai de pédagogique – s’est poursuivie et s’est même redéployée dans la proximité des savoirs scientifiques. Il s’agit du même questionnement de l’histoire sur elle-même, sur ses usages et sur ses pouvoirs, sans lequel il n’y a pas de recherche possible en sciences sociales et humaines. Oui, il y a un lien étroit entre l’enseignement à l’école ou au lycée et la recherche. Penser l’un par rapport par rapport à l’autre est une source d’approfondissement. Actualiser, approfondir ses connaissances (Éduscol) De l’expérience et de ses passés disponibles ~ Entre-Temps. « Quelle est la portée politique de l’expérience vécue ? Edward Thompson, le grand historien de La Formation de la classe ouvrière anglaise, en définissait ainsi la portée : ce sont des engagements, des combats et des pratiques qui modifient en retour la constitution du groupe et sa façon de penser. « Les hommes agissent, font l’expérience, pensent et agissent à nouveau » écrit-il dans un article de 1957 consacré à l’humanisme socialiste.

Dans leur préface à la traduction française de Les usages de la coutume. Traditions et résistances populaires en Angleterre XVIIe-XIXe siècle (2015), Jean Boutier et Arundhati Virmani insistent à juste titre sur ce qu’ils appellent les « mots puissants » de ce maître historien, dont les premières passions furent la politique et la poésie — « Je n’ai jamais pris la décision d’être historien », écrivait-il. Soit désormais une situation politique, incertaine, inattendue et imprévisible. Disons, la nôtre aujourd’hui. Il y en a de deux types. Non, les hommes n’ont pas toujours fait la guerre (M. Patou-Mathis)

Sur la question de la violence chez les humains, deux conceptions radicalement opposées s’affrontent. Le philosophe anglais du XVIIe siècle Thomas Hobbes pensait que la « guerre de tous contre tous » existait depuis l’aube des temps (Léviathan, 1651). Pour Jean-Jacques Rousseau, l’homme sauvage était sujet à peu de passions et a été entraîné dans « le plus horrible état de guerre » par la « société naissante » (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755). L’image de l’homme préhistorique violent et guerrier résulte d’une construction savante élaborée par les anthropologues évolutionnistes et les préhistoriens du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Elle a été gravée dans les esprits à la faveur du présupposé selon lequel l’humanité aurait connu une évolution progressive et unilinéaire (1). Dès la reconnaissance des hommes préhistoriques, en 1863, on a rapproché leur physique et leurs comportements de ceux des grands singes, gorilles et chimpanzés. INRAP : Le Néolithique. INRAP : Les débuts de l'agriculture. Mise au point scientifique citoyennete Antiquité. Sisyphe, Orphée, le Minotaure... Top 10 de vos mythes préférés. Prométhée qui se fait dévorer le foie à n'en plus finir, Athéna qui naît toute armée du crâne fendu de Zeus...

Certaines images fortes issues de la mythologie grecque ne nous ont jamais vraiment quittés. Lesquelles ? Nous vous avons demandé de témoigner, via nos réseaux sociaux, le 15 janvier. Voici les résultats de ce sondage - sachant que vous avez été nombreux à citer Ulysse et Hercule, mais comme vous plébiscitiez l'ensemble de leurs aventures, nous avons pris la liberté de les considérer comme hors-jeu. Rafraîchissez-vous la mémoire à travers ce top 10 mythologique, et découvrez quelques archives sur le sujet, en bonus ! 1. Le roué Sisyphe, après une vie de magouilles et d'impertinences envers les dieux, souhaite échapper au Tartare, l'endroit le plus profond des Enfers, par la ruse.

Dans vos réponses à notre appel Twitter, vous avez été très nombreux à citer le nom de Sisyphe, incontestable vainqueur de ce sondage. 2. Orphée est quand même allé chercher Eurydice aux enfers. 3. 4. Les mythes de la fondation de Rome. Des frères jumeaux Une naissance gémellaire La naissance de jumeaux recèle un caractère exceptionnel, quasi-divin, si bien que la gémellité est présente dans de nombreuses mythologies, notamment indo-européennes (les Ashvins dans l'hindouisme, les Dioscures en Grèce). On touche ici aux racines mêmes des religions antiques polythéistes dont la fonction première est de donner des réponses aux interrogations auxquelles les connaissances scientifiques de l'époque ne peuvent apporter de réponses.

Les mythes ne sont pas seulement de belles histoires, ils permettent de comprendre le rythme des saisons, l'orage et les tempêtes, les caractères humains... une naissance gémellaire est tout aussi inexplicable. Le problème de la gémellité Il existe de nombreuses interprétations de la gémellité de Romulus et Rémus. Certains historiens considèrent que le couple gémellaire serait le reflet des diverses dualités qu'on peut retrouver dans l'histoire de Rome : Illégitimité de la conception et exposition 1. 2.

Le déclin de l’Empire romain. Schmidt (J.), Le déclin de l’Empire romain. – Paris, Presses Universitaires de France, 2018. – 128p (Que sais-je ? : 4108). ISBN : 978.2.13.079986.3. Conformément aux objectifs de la collection Que sais-je ? , le volume tente de présenter en 128 pages les données, les discussions et les interprétations relatives à un des moments les plus complexes de l’histoire occidentale, à savoir celui du passage de l’Antiquité au Moyen Âge – une phase qui, pour beaucoup, coïncide avec la disparition, au moins sur le plan politique, de l’Empire romain d’Occident.

La thèse sous-tendant l’ouvrage, en effet, est que, malgré un affaiblissement de la force politique de Rome – dont les prodromes se situent déjà à la fin du IIe s. ap. En ce sens, l’ouvrage de Joël Schmidt, d’où se dégage une incontestable érudition, nous semble peut-être, à certains endroits trop partisan de l’idée d’une continuité « sans rupture » de l’histoire de Rome, de l’Antiquité à nos jours. . [1] M. Marco Cavalieri, Dossier enseignant mise au point scientifique et didactique sur le Moyen Âge. L’Homme médiéval en son espace : ruralité, immobilisme et ignorance ?

Les idées reçues sur le Moyen Âge sont nombreuses et persistantes. Encore aujourd’hui, la représentation d’une période d’obscurantisme, profondément rurale et dont la population serait largement statique, reste tenace. Il s’agit ici de rapidement se demander quels sont les véritables cadres de vie des médiévaux, en se centrant sur la ville, mais aussi de déconstruire certains préconçus encore trop ancrés dans nos représentations quant à l’image qu’auraient les hommes et femmes du Moyen Âge de leur environnement, proche ou lointain.

À l’image des Hobbits de la Comté, la connaissance de l’environnement par les médiévaux ne se limiterait qu’à leur propre village et aux quelques kilomètres de terres et de champs environnants, alors que tous les éléments plus lointains seraient profondément étrangers, donnant lieu à des images mythifiées, et, en définitive, irrémédiablement perçus comme dangereux. La ville médiévale, quésaco ? Rapport à la ville et rapport à l’espace des médiévaux. Jean sans Terre : histoire d’un roi mal aimé. Cette première biographie française de Jean sans Terre (1166-1216) retrace avec précision la vie de ce roi d’Angleterre, dont la légende noire occulte une histoire géopolitique particulièrement dense. Que ce soit aujourd’hui, au cinéma notamment, ou pendant le Moyen Âge, sous la plume des chroniqueurs, Jean sans Terre a fait l’objet d’une réputation exécrable.

La couverture du livre de Frédérique Lachaud est d’ailleurs là pour le rappeler. Cette enluminure a été réalisée par le moine de Saint Alban, Matthieu Paris, qui écrit dans les décennies suivant la mort de Jean et contribue à forger la légende noire autour du personnage. Le roi apparaît ainsi en majesté, mais de manière pour le moins inhabituelle : il tourne le dos à l’Eglise et perd à moitié sa couronne, qui glisse de sa tête, tandis que son geste étrange du doigt continue d’interroger les historiens, d’autant qu’il ne tient en main aucun attribut du pouvoir. Dans l’ombre de Richard Cœur de Lion L’impossible empire Plantagenêt.

Mise au point scientifique humanisme renaissance et grandes decouvertes. La notion de Renaissance : réflexions sur un paradoxe historiographique. Notes Pierre BELON DU MANS, Les Observations de plusieurs singularitez et choses memorables trouvées en Grèce, Asie, Judée, Égypte, Arabie et autres pays estranges, Paris, 1553, épître liminaire adressée à François de Tournon. Cité par Marie-Madeleine DE LA GARANDERIE, Christianisme et lettres profanes. Essai sur l’humanisme français et sur la pensée de Guillaume Budé, Paris, H. Champion, 1995, p. 71. Pierre GALLAND, Oraison sur le trespas du Roy François… traduitte de latin en françois par Jan Martin, Paris, Michel de Vascosan, 1547. Érasme commence à travailler à ses Antibarbares, livre édité en 1520, dès la fin des années 1480; le conflit entre les amis de Reuchlin et ceux qui l’attaquent à propos du De Verbo mirifico ( 1494) et des Rudimenta linguae hebraicae ( 1506) culmine en 1515 avec les Epistulae obscurorum virorum d’Ulrich VON HUTTEN et Rubeanus CROTUS.

Sur cette évolution historiographique, l’ouvrage classique est celui de Wallace F. Les traités de H. Que dit vraiment "La Liberté guidant le peuple" ? La grande histoire du capitalisme. Des briseurs de machines du XIXe siècle à l’histoire d’un « court XXe siècle » en passant par la construction des idées nationales, l’historien britannique Eric J. Hobsbawm a couvert la totalité des grandes interrogations contemporaines.

Avec L’Âge des extrêmes, il achevait une histoire du capitalisme, de ses débuts à aujourd’hui. Avec L’Ère des révolutions (1789-1848), L’Ère du capital (1848-1875) et L’Ère des empires (1875-1914), l’historien anglais Eric J. Hobsbawm s’était attaché à décrire l’évolution du capitalisme dans les sociétés modernes et industrielles. En 1994, il publiait le dernier volet de cette longue saga, L’Âge des extrêmes. L’originalité de cet historien anglais tient à sa réflexion à la fois globale et nuancée, qui embrasse toutes les dimensions des sociétés : économiques, politiques, sociales et culturelles. Serait-ce la raison pour laquelle L’Âge des extrêmes a mis cinq ans à être traduit en français ?

Vous êtes, à l’origine, un spécialiste du XIXe siècle. 31 juillet 1914 : Jaurès assassiné | lhistoire.fr. Dans nos archives, Jean-Pierre Rioux raconte cette "dernière journée de paix". Et avec Retronews, consultez le dernier éditorial de Jaurès ainsi que l'annonce de sa mort dans L'Humanité. A lire en accès libre : "La dernière journée de paix", Jean-Pierre Rioux, Les Collections de L'Histoire n°21, octobre 2003. Archives issues de Retronews, le site de presse de la BNF: 1er juillet 1916 : bataille de la Somme | lhistoire.fr. L'année 1916 est une année charnière de la Première Guerre mondiale. Pour les Français et les Allemands, elle est associée au souvenir de Verdun, l'une des batailles les plus longues (dix mois) de la Grande Guerre.

Dans la mémoire collective britannique, le 1er juillet 1916 reste un événement traumatique : le premier jour de la bataille de la Somme est le plus meurtrier de toute l'histoire militaire anglaise avec 20 000 morts pour cette seule journée. La guerre industrielle semble alors portée à son paroxysme, avec ses conséquences irréparables sur les combattants et sur les paysages. Sur le front oriental, les troupes russes conduites par Broussilov enfoncent les lignes austro-hongroises, en juin 1916, avant de s'enliser face aux Allemands. 1916, année des batailles ? Puissance de feu 1916 verra donc un engagement de troupes encore plus massif et un accroissement de la puissance de feu. Falkenhayn, le commandant en chef allemand, est favorable à une attaque à l'ouest.

Notes : 1. 2. 3. La bataille de Normandie en neuf points. LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par Jean-Jacques Lerosier Extrait du Hors-série Le Monde, disponible en kiosques : « 1944 : Débarquements, Résistances, Libérations » 1. Une armada de 4 000 navires Chef du SHAEF, le Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force (« l'État-major suprême des forces expéditionnaires alliées »), Eisenhower est un grand politique. Son premier travail est de faire avancer, ensemble, l'attelage américano-britannique. Américains et Anglo-Canadiens ont des manières de travailler totalement différentes. Au printemps 1944, près d'un million et demi d'Américains, soit la population actuelle de la Basse-Normandie, vivent dans le sud de l'Angleterre.

Le Débarquement en France décidé, les Américains prennent vite les choses en main. Avec 12 000 avions, la force aérienne des Alliés est de dix à vingt fois supérieure à la Luftwaffe. 2. Il y a toujours des aléas dans une opération d'une telle envergure. Premier des imprévus, le changement de date. 3. 4. 5. Les oubliés du 6 juin 1944. LE MONDE | | Par Sylvie Barot (Conservatrice en chef ) et Andrew Knapp (Professeur à l'université de Reading ) Y aura-t-il un jour une place, dans les commémorations de la Libération, pour les victimes civiles des bombardements qui l'ont préparée et accompagnée ?

Et pour les centaines de milliers de Français de tous âges et conditions qui se sont mobilisés pour venir en aide à leurs voisins et sauver ce qui pouvait l'être de leur chez-soi, de leurs quartiers – bref, de tout ce qui faisait un environnement familier ? Dans quelques jours, la France, comme l'Europe, comme l'Amérique du Nord, va célébrer le 70e anniversaire du Débarquement, et rendre hommage, à juste titre, aux hommes qui ont laissé leur vie, leur jeunesse, sur les plages de Normandie. Mais qu'en est-il des civils français, dont peut-être 2 500 sont tués pendant les 24 heures qui suivent l'aube du jour J ? La plupart périssent sous les bombes alliées. Camps, extermination de masse… Ils ont photographié l’inimaginable. En découvrant la réalité des camps en 1945, les photoreporters sont confrontés à l’horreur : comment photographier l’extermination de masse ?

Quatre d’entre eux ont témoigné à l’époque. Il a garé sa Jeep à l'entrée de Bergen-Belsen, s'est soumis à la corvée de DDT (traitement contre les insectes porteurs du typhus, de la malaria, etc.), avant de filer vers les bois du camp. Avec l'idée de prendre une photo des quelques personnes aperçues au loin, faisant paisiblement la sieste sous des pins caressés par le soleil froid de ce 20 avril 1945. Une jolie scène, pour changer. Life, dont il est le correspondant, saura quoi en faire. La première image est dans la boîte. Mais plus il s'approche, plus les corps se transforment en cadavres et se déclinent désormais par milliers. Transmettre l’horreur inconcevable Cette question, tous les photoreporters qui ont couvert l'ouverture des camps d'extermination se la sont posée.

Laisser transparaître la haine. Le jour où les alliés découvrent les camps | lhistoire.fr. 50 photos de la Libération de Paris se fondent dans le présent. 68, année hérétique, par M. Zancarini-Fournel (Le Mde diplomatique, sept 2014) L'islam et la laïcité, un paradoxe français ? | John Tolan. L'universalisme, la France et les Juifs. Pierre Laborie, un historien « trouble-mémoire » Jean Tulard : « La BD est devenue un véhicule de la culture historique » Michel Pastoureau, la couleur et le blason. Les pauvres, acteurs discrets de la mondialisation. Les principales langues du monde classées par familles. Les relations sino-africaines | Cassini. Nord / Sud, une représentation dépassée de la mondialisation ? La moitié de la population mondiale occupe 1% du territoire.

Science : un océan de mystères. Riz, café et pétrole : plongée dans l’histoire des bourses de matières 1ères. Le transport maritime passe maintenant par l’Arctique. Une série cartographique consacrée à 5 grands fleuves « Au fil de l'eau »