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Le Quartanier

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Taqawan (Les Méconnus) La prose d’Éric Plamondon est reconnaissable.

Taqawan (Les Méconnus)

Courts chapitres. Phrases précises. Images incisives. Poésie insérée entre les lignes. Entrevue avec Stéphane Larue (Bible urbaine) Crédit photo : Patrick Séguin Stéphane Larue a offert Le Plongeur aux yeux des lecteurs à la fin 2016 et l’accueil dithyrambique et unanime des critiques comme des libraires avait déjà suffi à porter aux nues le primo-romancier.

Entrevue avec Stéphane Larue (Bible urbaine)

C’est lundi soir que, humble et reconnaissant, il a reçu le Prix des libraires du Québec 2017 dans la catégorie «Roman québécois» pour ce premier-né. Les autres lauréats remarquables de la soirée furent Audrey Martel, un des piliers de la librairie l’Exèdre, à Trois-Rivières, qui a reçu le Prix d’excellence de l’ALQ, en plus d’Emily St. John Mandel couronnée dans la catégorie «Roman hors Québec».

Nous avons eu la chance de nous entretenir avec Stéphane Larue et de parler roman, librairie et vie littéraire d’ici. Stéphane Larue remporte le Prix des libraires du Québec 2017. Dans la catégorie roman hors Québec, c'est Emily St.

Stéphane Larue remporte le Prix des libraires du Québec 2017

John Mandel qui a remporté le prix pour son roman Station Eleven (Alto, traduit de l'anglais par Gérard de Chergé). Le Prix des libraires du Québec récompense chaque année, depuis plus de 20 ans, un roman québécois et un roman étranger. Dans la catégorie roman québécois, le prix est assorti d'une bourse de 10 000 $ du Conseil des arts et des lettres du Québec et d'une œuvre de l'artiste Louis-Georges L'Écuyer.

La main invisible (Page par Page) La main invisible, c’est le bien-être artificiel dans lequel on aime bien se conforter, s’oublier.

La main invisible (Page par Page)

La plume de Charles Dionne, enseignant en français au secondaire et cofondateur du blogue Poème sale, dissèque cette dextre qui guide notre quotidien et tend à en exacerber le caractère ordinaire. Son premier recueil intitulé D’espoir de mourir maigre (La Tournure) est paru en 2013. Charles Dionne dresse un tableau fascinant de la banalité de nos vies guidées par cette main invisible. Elle prend différentes formes dont celle de la domotique, qui nous assure un réconfortant sentiment de contrôle sur nos vies, ou encore celle de l’ergonomie, qui nous garantit un environnement de travail feutré, prévisible et favorisant la productivité.

La solitude de l’écrivain de fond (La Presse) La solitude de l’écrivain de fondDaniel GrenierLe Quartanier92 pages4 étoiles Après un recueil de nouvelles, plusieurs traductions et un premier roman, L’année la plus longue, d’une amplitude et d’une ambition très rares pour une première œuvre – si vous ne l’avez pas encore lu, il est temps de le découvrir !

La solitude de l’écrivain de fond (La Presse)

–, Daniel Grenier s’est déjà installé parmi les auteurs québécois dont la voix compte. Il propose cet hiver un essai intitulé La solitude de l’écrivain de fond, réflexion pertinente et personnelle pour quiconque s’intéresse au mystère de l’écriture de fiction. Grand connaisseur de littérature américaine, Daniel Grenier est tombé par hasard en 2011, dans une librairie d’occasion de Burlington au Vermont, sur le livre The Loneliness of the Long Distance Writer de Wright Morris. Le plongeur (Mon coin lecture) Le responsable du Quartanier avait réussi à me convaincre de la nécessité totale et absolue de lire ce roman mais j’ai attendu de revenir chez moi pour aller chez Marie-Laura, ma librairie préférée, et me le procurer.

Le plongeur (Mon coin lecture)

L’un des seuls romans papier que j’ai pris en 2016. Rien de moins. Et bon, la couverture était super belle et l’objet livre me plaisait « au boutte ». C’est une bonne excuse, non? Quel roman particulier. La solitude de l’écrivain de fond (Le Devoir) Il est toujours fascinant de voir un écrivain nous dévoiler ses « sources ».

La solitude de l’écrivain de fond (Le Devoir)

Fascinant mais aussi terriblement impudique. C’est un peu ce que fait Daniel Grenier dans La solitude de l’écrivain de fond, un court essai autobiographique où l’auteur, né à Brossard en 1980, revient sur ses traces tout en payant ses dettes d’admirateur. Car derrière une trajectoire qui pourrait sembler fulgurante — un recueil de nouvelles, un premier roman qui lui a valu le Prix littéraire des collégiens en 2016, quelques traductions —, il y a en réalité toutes ces années d’apprenti écrivain passées à « faire des gammes ». Lire des pages par milliers, fantasmer une vie d’écrivain à partir de quelques modèles qui se sont lentement imposés, écrire et réécrire. Récit d'un avocat (Ma page littéraire Dominique Blondeau) On n'est pas comme Juliette Gréco, qui haïssait les dimanches.

Récit d'un avocat (Ma page littéraire Dominique Blondeau)

On les aime pour le repos qu'ils nous procurent, pour le farniente qu'ils créent dans nos agissements, pour la lenteur qu'on reconquiert durant quelques heures. Les dimanches sont comme la goutte d'eau dans un océan d'illusions, le frisson du vent sur un lac de platitudes. On pourrait faire mieux, on ne fait rien, on ne pense surtout pas, on attend le lundi en se lamentant. On parle du livre d'Antoine Brea, Récit d'un avocat. Le plongeur (Les Méconnus) Qui n’a pas travaillé en restauration ne peut s’imaginer l’ambiance qui règne en cuisine lorsque les commandes entrent plus vite qu’elles ne sortent, quand les ordres fusent de toutes parts.

Le plongeur (Les Méconnus)

Les gestes se doivent d’être précis, maitrisés, à la limite de la perfection dans cette cacophonie qui en devient presque poétique. Il est presque impossible d’en décrire l’effervescence, mais Stéphane Larue y arrive à merveille dans son roman Le plongeur, opus tant attendu de l’automne 2016. Le narrateur, trop endetté à cause d’une dépendance au jeu, accepte un travail de plongeur dans une Trattoria, découvrant le milieu de la restauration dans sa réalité la plus crue, celle qui a perdu son lustre. En tant que jeune dans la vingtaine, il n’est pas encore totalement désabusé comme pourrait l’être certain de ses collègues. Puisque ses problèmes de jeu et les dettes qu’il a contractées l’obnubilent, ce n’est que les deux mains dans l’eau de vaisselle graisseuse qu’il se sent libéré de toute angoisse.

Les lois du ciel (Tête de lecture) Tout commence par un gentil séjour en forêt : Fred, l’instit, accompagné de deux mamans, emmène un groupe d’une douzaine de gamins pour trois jours dans une forêt du Morvan.

Les lois du ciel (Tête de lecture)

Aucun n’a plus de sept ans. Pourtant, dès la page 10, le lecteur est prévenu : personne ne reviendra vivant de cette sortie. Mazette, ça va saigner ! Et en effet, le jeu de massacre ne tarde pas à commencer. Interview Stéphane Larue (Les Libraires) Le narrateur, 19 ans, arrive dans la vie avec déjà un lourd bagage sur les épaules : ses dettes de jeu l’ont poussé à la porte de ses différentes relations et ce mensonge qu’il entretient ne fait que l’aspirer au fond de ses problèmes.

C’est grâce au mentorat parfois douteux de Bébert le cuisinier et aux amitiés incongrues d’une équipe de travail bigarrée (dont celle du véritable Bob le Chef) que le jeune Stéphane trouvera peut-être une planche de salut; à la plonge du restaurant La Trattoria, il sera le témoin et l’acteur privilégié du Montréal nocturne au tournant des années 2000. En poussant la porte du bar Le Terminal, où travaille l’auteur, impossible pour le lecteur du Plongeur de ne pas poser un bref regard sur le logo « Loterie vidéo » qui orne la porte d’entrée, clin d’œil de la vie à un des thèmes porteurs du roman : la dépendance au jeu.

On l’a récemment comparé aux grands écrivains de la littérature mondiale : Dostoïevski, Melville, Bourdain, Algren. Les lois du ciel (Ma page littéraire Dominique Blondeau) On a des levers de soleil mirobolants, qui nous donnent envie de vivre, de décider par soi-même ce que l'on fera de la journée, à savoir, écrire ou lire. Nous promener dans les rues, dans le parc à côté, à parler à des inconnus, ou simplement leur sourire pour les encourager à traverser les heures insipides de l'ennui. Le reste, les résidus d'un peu de fatigue, on s'en occupe. On commente le roman de Grégoire Courtois, Les lois du ciel.

L'histoire aurait dû être attrayante, bucolique.