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Inculte

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Les éditions inculte sont nées en 2004 autour d’un collectif d’écrivains, traducteurs et philosophes, qui se sont regroupés afin d’éditer la revue "Inculte".


Au fil des années, ce projet collectif s’est étoffé avec l’apparition de plusieurs collections : littérature française et étrangère, essais, anthologies, documents et monographies. Les éditions inculte publient actuellement une vingtaine de titres par an et une revues, Le Believer.
Consécutivement à des problèmes financiers, la maison d’édition a été placée en liquidation judiciaire en 2014. En 2015, Jérôme Dayre, ancien libraire (Atout Livre) et co-fondateur du réseau Librest, a manifesté sa volonté de perpétuer l’esprit du collectif inculte au sein d’une nouvelle structure, avec l’appui du groupe Actes Sud.
Cette nouvelle structure (inculte/dernière marge) publie une douzaine de titres par an (papier et numérique) et renoue avec la politique éditoriale et les activités du collectif inculte.Une partie du catalogue « historique » d’inculte est quant à elle rééditée, principalement sous forme de livres numériques.


. Zones de divergence (Un dernier livre avant la fin du monde) Tout commença par un article, pour TomDispatch.

Zones de divergence (Un dernier livre avant la fin du monde)

Le regard d’un homme vivant en 2050, sur le passé immédiat de l’humanité, les années Trump en particulier. Un article que se voulait une réflexion spéculative sur notre avenir, sur le chemin que nous prenions. Cet article, suite à son succès, donna naissance au roman de John Feffer, le bien nommé « Zones de Divergence ». Une zone de divergence est le lieu ou deux plaques tectoniques s’éloigne l’une de l’autre, provoquant une intense activité volcanique. Mais c’est aussi un essai, écrit par un jeune étudiant en 2020. Une fuite en Egypte (Le Clavier Cannibale) Disons les choses simplement.

Une fuite en Egypte (Le Clavier Cannibale)

La femme du narrateur est morte dans un accident de voiture, laissant son mari seul avec leurs deux enfants. Pourtant, déjà, quelque chose n’est plus possible. Ce « Leurs » enfants, par exemple. Ce n’est plus possible. Rencontre avec Claro (Mauvais genres, François Angelier) Ce soir, Mauvais genres s'affaire autour de Claro, à l'occasion notamment de la publication, aux Editions Inculte, de son nouvel ouvrage "Hors du charnier natal" Son blog se nomme "Le clavier cannibale" et il ne saurait être meilleure définition de l'homme et de ses activités : Christophe Claro, invité, ce soir, de Mauvais Genres, est de fait un ogre textuel, un cannibale littéraire à l'inextinguible appétit d'écrits et d'écriture ; en témoigne une bibliographie où se côtoient romans, traductions (dont Pynchon, Vollmann, etc.), édition (collection Lot 49 au Cherche-midi) et critique littéraire.

Rencontre avec Claro (Mauvais genres, François Angelier)

Tout-écrit, comme il est des véhicules tout-terrain, Claro est ce soir à Mauvais genres pour Hors du charnier natal, roman paru chez Inculte où se mêle récit d'exploration et carnet de bord littéraire, et deux traductions, Animale Machine, d'Elena Sikelianos (Actes Sud) et La Maison des épreuves (l'Ogre). Chroniques en second temps d'émission de l'exposition Golem ! « Un livre ! Soft City (Unidivers) Pushwagner : rien que le nom de cet artiste, qui s’appelle en vérité Terje Brofos, est une œuvre en soi.

Soft City (Unidivers)

Hariton Pushwagner, né en 1940 à Oslo, est un peintre pop norvégien. Il est surtout célèbre pour avoir réalisé le roman graphique Soft City. Curieuse histoire que celle de la postérité de cette pièce : réalisée en 1970, il faudra attendre les années 2000 pour qu’elle soit reconnue et acclamée. Hors du charnier natal (Bonnes feuilles et mauvaise herbe) Résumé : Ayant décidé d’écrire la biographie romancée d’un anthropologue russe – un certain Nikolaï Mikloukho-Maklaï (1846-1888) –, l’auteur retrace le parcours de cet aventurier qui s’exila volontairement en Nouvelle-Guinée et finit par faire l’objet d’un culte étrange, allant jusqu’à devenir une sorte de Kurz à la manière d’Au cœur des ténèbres de Conrad.

Hors du charnier natal (Bonnes feuilles et mauvaise herbe)

Mais ce qui aurait pu donner lieu à un « petit bijou ciselé » prend vite avec Claro une autre tournure. L’entreprise littéraire vacille sous les heurts d’une voix soudain plus personnelle. Chaque élément de la vie de Mikloukho-Maklaï se double alors d’un règlement de comptes. Zones de divergence  (Charybde) X J’étais un professeur d’université entre deux âges lorsque j’ai pratiquement créé la géo-paléontologie, en 2020.

Zones de divergence  (Charybde)

(Pour plaisanter, nous disions que nous étions les seuls historiens à avoir du recul sur 2020). Ce que nous faisons, nous autres géo-paléontologues, consiste à fouiller dans les archives afin d’exhumer ce qui a disparu : tous les empires, les fédérations, les unions territoriales qui se sont éteints comme les dinosaures. Nous nous demandons comment ces puissances ont été mises à terre. Nous regardons les petits fragments qu’il en reste pour tenter de reconstruire les géants d’autrefois. Hors du charnier natal (L'avis des livres) La langue ne sauve pas de soi-même, cet être encombrant qu’on traîne partout avec soi, jusqu’aux bords de la mer Rouge ; elle dissout : c’est cette dissolution du moi qui est à l’œuvre dans la labyrinthique Hors du Charnier natal de Christophe Claro.

Hors du charnier natal (L'avis des livres)

Parodie d’autofiction prenant au pied de l’a lettre le « Je est un autre » de Rimbaud et vague biographie d’un anthropologue russe du siècle dernier, Nicolaï Mikloukhov-Maklaï, essai sur le pouvoir du langage et les rapports qu’il prétend exercer avec le réel et le moi, le livre apparaît avant tout comme une aventure lyrique de la parole à bord d’un bateau-ivre. Symbolisme et décadence p. 93 : « Qui s’adresse à nous comme si nous étions là, prisonnier d’un ici et d’un maintenant que nie le mouvement même de dette adresse ?

Hors du charnier natal (La Cause littéraire) Hors du charnier natal n’est donc pas une biographie romancée, même bifide, et s’avère plutôt un récit arborescent s’aventurant dans les profondeurs de ce « noir magma qui infuse jusqu’à la moindre de nos respirations », vers cet « épicentre du séisme vital » – celui de l’écriture, qui ébranle de même Marie-Hélène Lafont au travers de ses Chantiers.

Hors du charnier natal (La Cause littéraire)

Un récit ouvrant « une trappe, située quelque part en soi » dans laquelle chute l’auteur après y avoir jeté son héros, et dont la dynamique vitale – soulignée par le titre emprunté à un poème de José Maria de Heredia – nous entraîne dans le mouvement d’une écriture et dans les arborescences d’une pensée. « En nous somnole un autre ». Cet incipit rimbaldien ouvrant le chapitre 0 faisant office d’introduction – que ne renierait pas Oliver Rohe, le dédicataire du livre –, embarque d’emblée le lecteur dans ce récit d’aventures à la conquête de la langue. Hors du charnier natal (Livre aux trésors) Le grand art est de savoir parler de soi sur un ton impersonnel.

Hors du charnier natal (Livre aux trésors)

C’est, je crois, de Cioran. Mais comment user d’un ton impersonnel qui ne sonne pas faux après des décennies d’autofictions plus (parfois) ou moins (généralement) réussies ou de prétendus romans confondant l’autobiographie et le narcissisme ? Comment d’ailleurs accède-t-on à soi, puisque je est un autre ? Un chemin de réponse peut se trouver dans Hors du charnier natal (Inculte/Dernière Marge, 2017), roman discret de Claro mais qui, j’en suis certain, restera. Hors du charnier natal (Un dernier livre avant la fin du monde) « Du scribe, j’ai l’échine docile et l’œil stupide, mon tempérament m’invite à confondre la suie déposée sur la vitre avec l’espèce de nuit qui s’agite au-dehors.

Hors du charnier natal (Un dernier livre avant la fin du monde)

Toute proie a son ombre, dit-on — autant mêler l’une et l’autre. »« Donc, croyez-moi, ne me croyez pas, peu importe, puisque toute vie racontée n’est qu’un violent processus de défiguration. » Larves et imagos, oiseaux marins estropiés, éponges et coraux, fleurs jaillies du fumier… Hors du charnier natal est porté par une langue « scaphandre et lance-flammes » toujours puissante, imagée, incisive, qui perce et fouit les chairs et les phrases ; une écriture corporelle, qui donne corps, qui est un corps, un grand corps plein de tripes, d’articulations, de tendons, de nerfs avec lequel « en découd » un Claro pyromane, provocateur, irrévérencieux, gouailleur. — « On voit le sang gicler, on entend claquer les tendons du cou, crisser les os de la colonne, mais sans jamais voir le sourire du monarque ».

Hors du charnier natal, Claro. Hors du charnier natal  (Charybde) X En nous somnole un autre. Un inconnu au teint cireux, apparemment inerte, qui semble attendre l’affriolant baiser d’une allumette. Partages II (Charybde) X Un an après « Partages », ce deuxième volume du journal de bord d’André Markowicz, également publié chez Inculte Dernière Marge (en septembre 2016, donc), poursuit et enrichit encore ce curieux pari consistant à tenir au jour le jour ou presque, sur Facebook, une chronique multi-directionnelle, traitant sans doute principalement de traduction, de poésie et de théâtre, mais n’hésitant pas à se heurter aussi à l’actualité politique, sur fond de montée des nationalismes à toutes échelles, le petit (breton) servant nettement en l’espèce d’étude détaillée de cas résonnant parfois tragiquement avec les grands (israélien ou russe), ce que l’auteur explore en toute honnêteté et en toute humilité, s’affranchissant à chaque fois avec courage d’une histoire personnelle pourtant lourdement marquée par l’extermination des Juifs d’Europe de l’Est durant la deuxième guerre mondiale.

La ministre israélienne Ayelet Shaked. Partages II (L'Heure bleue, Laure Adler) André Markowicz est surtout connu comme le traducteur de l’œuvre complète de Dostoïevski, de pièces de Tchékhov et de Shakespeare. "Partages II" est plus "personnel" puisque l’ouvrage reprend la deuxième année de ses chroniques sur Facebook, écrites entre juillet 2014 et juillet 2015. L’expérience inaugurée en juin 2013 a donc continué, avec un texte tous les deux jours, quelles que soient les circonstances. Au fil des jours, sans plan préétabli, il a tout naturellement suivi le fil de l’actualité générale, depuis la guerre de Gaza jusqu’à la guerre de Daech, avec les luttes sociales à travers toute l’Europe et les progrès des communautarismes. Au fil du temps, il s'est permis d'écrire des chroniques de plus en plus longues, parce qu'il se disait que ses lecteurs du réseau social pouvaient prendre le temps de les lire tranquillement et c’est finalement ce qui justifie qu'il les reprenne sous la forme d’un livre, revues, relues, vérifiées quand le besoin s’en faisait sentir.

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