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Goutte d'Or

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Porte le nom du quartier parisien du XVIIIe arrondissement.
Premier titre ("Steak Machine" de Geoffrey Le Guilcher) publié en février 2017.


Ligne : publier des livres d’immersion qui emmènent le lecteur dans « un univers de marge, mal connu et fantasmé ».

Fondateurs : Clara Tellier Savary (éditrice), Geoffrey Le Guilcher, Johann Zarka

. Steak Machine (Diacritik) Le journaliste américain Ted Conover avait passé six semaines en immersion à Cargill Meat Solutions, abattoir du Nebraska, en tant qu’inspecteur du service sanitaire (cf. reportage publié par Feuilleton dans son n° 16, du printemps 2016, sous le titre « Le tribut de la chair »).

Steak Machine (Diacritik)

Geoffrey Le Guilcher s’est lui fait engager en tant qu’ouvrier intérimaire dans un abattoir industriel de Bretagne, rebaptisé Mercure, à l’été 2016. Il y a passé quarante jours en immersion totale, en est revenu avec un livre coup de poing : Steak Machine. Manger de la viande suppose, en partie, de ne pas voir et savoir comme le rappelle la citation de Jonathan Safran Foer en exergue de ce récit-enquête : « Les barons de l’élevage industriel savent que leur modèle d’activité repose sur l’impossibilité pour les consommateurs de voir (ou d’apprendre) ce qu’ils font » (Faut-il manger les animaux ?).

C’est cette omerta que refuse Geoffrey Le Guilcher. La série Faut-il manger les animaux ? Steak Machine (In Wonderland) Steak Machine (Tête de lecture) Sensibilisé à la souffrance animale notamment par l’association L214 et ses vidéos, le journaliste Geoffrey Le Guilcher décide d’infiltrer un abattoir breton : il se fait engager en intérim, optant pour son deuxième prénom et le voilà intégrant à l’été 2016 une de ces usines à viande créatrice d’emplois en Bretagne.

Steak Machine (Tête de lecture)

Pour l’anonymat de son reportage, il baptise celle qui l’embauche « Mercure » et témoigne de ses quarante jours d’immersion dans Steak Machine. On y tue 600 bœufs et 8 500 porcs par jour. Sur la chaîne de dépeçage, chaque ouvrier voit passer une vache morte par minute. En ce laps de temps, il doit accomplir la même tâche : décapiter, accrocher, ouvrir, éviscérer… Geoffrey Le Guilcher est affecté au dégraissage : il doit enlever à grands coups de couteau le gras qui gêne le palais du consommateur. Mais attention à ne pas entailler les nobles morceaux qu’on vend si cher. Les éditions Goutte d'Or s'aventurent dans la littérature d'immersion. «Avec cette vue, on s’est dit "merde, on doit faire une maison d’édition".»

Les éditions Goutte d'Or s'aventurent dans la littérature d'immersion

La vue en question, c’est celle du métro aérien de la ligne 2 qui marque la frontière sud du quartier de la Goutte-d’Or dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Celle que Geoffrey Le Guilcher fixe depuis son appartement au 5e étage mais aussi Johann Zarka (prononcez Yohann), deux étages au-dessus, rue de Tombouctou. Ici est née l’idée de fonder les éditions Goutte d’Or. «On avait pensé aux "éditions de Tombouctou" mais on avait un peu peur que ça fausse notre ligne éditoriale», se souvient Johann Zarka. Ils se sont connus dans le secondaire à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne). «Beaucoup de bricolage» Chez la Goutte d’Or, c’est la sortie de Steak machine, le 1er février, qui a inauguré la maison. Geoffrey Le Guilcher, journaliste free-lance, se réclame de la «narrative non-fiction», ou journalisme narratif, un genre littéraire entre l’enquête journalistique et le roman.

Paris underground. Steak Machine : censure chez Leclerc (Télérama) Steak machine (Les Emois, François Angelier) Steak Machine (France 3 région Bretagne) La problématique de la violence faite aux animaux dans les abattoirs a émergé avec les vidéos choc de l'association L214, mais elles "n'ont levé qu'une partie du tabou", selon Geoffrey Le Guilcher.

Steak Machine (France 3 région Bretagne)

Selon le journaliste qui a travaillé incognito durant 40 jours en Bretagne sur la chaîne de découpe des carcasses d'"un abattoir moderne, avec un outil industriel aux normes", "quand tu vas sur place tu t'aperçois que ce sont des gens comme tout le monde mais mis dans des conditions extrêmes". "On fait 63 vaches à l'heure quand on est au taquet, mais la norme c'est plutôt 55", explique ainsi un des nouveaux collègues du journaliste embauché. "Cadences élevées et manque de personnel" "Quand on est pris dans la cadence, si l'animal se débat, il rajoute de la pénibilité à un métier déjà pénible. On est dans un contexte où les animaux sont juste des ennemis qui compliquent une tâche déjà inhumaine", raconte-t-il. En cause, "des cadences élevées et le manque de personnel".