Liu Xiabu - Prix Nobel de la paix 2010
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Si d’habitude, le gouvernement chinois lorgne avec convoitise les grandes distinctions internationales, il y a quelques exceptions. A commencer par le Prix Nobel de la paix qui vient d'être attribué à Liu Xiaobo , écrivain et essayiste politique chinois qui purge une peine de 11 années de prison pour ses opinions engagées. Il est l’un des plus célèbres dissidents chinois, connu depuis plus de vingt ans pour son plaidoyer indéfectible pour la liberté d’expression, les droits humains et la démocratie. Ses nombreux essais en ligne critiquant le gouvernement entre 2005 et 2007 et son rôle dans l’écriture de la Charte 08 , manifeste politique appelant à des réformes progressives en Chine, lui valurent en 2009 d’être accusé «d’incitation à la subversion du pouvoir de l’État et au renversement du système socialiste».
Liu Xiaobo et sa conjointe Liu Xia en octobre 2002 © AFP/Archives AFP L'une des figures de proue du mouvement démocratique de Tiananmen obtient le prix Nobel de la paix 2010. La remise du prix Nobel de la paix au militant des droits de la personne chinois, emprisonné pour subversion, a été accueillie par un concert de félicitations dans le monde tandis que Pékin qualifie ce geste « d'obscène ». Le Comité Nobel norvégien a décerné son prix vendredi au dissident chinois de 54 ans Liu Xiaobo, afin de souligner son long combat sans violence pour les droits de l'homme fondamentaux en Chine. Liu Xiaobo a été emprisonné le 25 décembre 2009 pour « incitation à la subversion du pouvoir de l'État ». Il purge une peine de onze ans de prison, notamment pour avoir réclamé des élections libres et plus de liberté d'expression.
Capture d’écran de la websérie « Tien Anmen : 20 ans de tabou » (ARTE.tv). Les menaces chinoises n’y ont rien fait : le dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo s’est vu attribuer vendredi le prix Nobel de la paix 2010, une claque au régime de Pékin au moment où sa montée en puissance économique affaiblit les critiques vis-à-vis de la situation des droits de l’homme en Chine. Le gouvernement chinois a qualifié ce choix d’« obscène ». Liu Xiaobo, 54 ans, a été condamné en décembre 2009 à onze ans de prison pour son rôle dans la rédaction et la dissémination de la Charte 08 , un texte réclamant la démocratisation de la Chine, signé par plusieurs milliers de personnes ( lire le texte intégral ). Ce texte est inspiré de la Charte 77 des dissidents tchèques à l’époque communiste, et Vaclav Havel, dissident puis président tchèque, a parrainé la « candidature » de Liu Xiaobo à ce prix Nobel.
Alors que la cour d'appel de Pékin a confirmé jeudi la peine de onze ans de prison infligée au dissident chinois Liu Xiaobo , accusé d'avoir rédigé la « Charte08 » appelant à la démocratisation de la Chine, le texte de son intervention lors de son procès, le 23 décembre dernier, a été publié à l'étranger. Un document exceptionnel, à la fois très politique, et très humain, à la mesure de la personnalité de cet intellectuel de 54 ans, que nous publions dans sa traduction française. Juin 1989 a été un tournant au cours des 50 ans de ma vie. Avant ce moment, je faisais partie du premier groupe d'étudiants après le rétablissement des examens d'entrée à l'université après la Révolution culturelle (1977) ; ma carrière suivait un cours normal, en route vers une maîtrise. Une fois diplômé, je restais comme maître de conférences à l'école normale de Pékin.
Oeuvre d’un artiste contemporain chinois (P. Haski/Rue89) Si j’avais été à Pékin avec François Fillon, je lui aurais posé une question dont, hélas, je connais par avance la réponse : « Avez-vous dit à vos interlocuteurs chinois ce que pense la France du procès du dissident chinois Liu Xiabo qui s’ouvre mercredi, au lendemain de votre visite ? » La réponse, prévisible, est évidemment négative. Liu Xiaobo, c’est le « Havel chinois », un intellectuel de 54 ans, qui a déjà fait de la prison pour sa participation au « Printemps de Pékin » en 1989, et qui, sachant ce qu’il risquait, a rédigé il y a un an la « Charte 08 », un texte directement inspiré de l’exemple des dissidents tchèques de la Charte 77 à l’époque communiste, réclamant la liberté d’expression et d’association, en un mot : une Chine démocratique. Plusieurs milliers de personnes ont signé ce manifeste depuis, mais Liu Xiaobo a été arrêté, détenu sans procès pendant un an, avant d’être finalement inculpé de « subversion ».
Silhouette fragile et pour seule arme un large sourire, Liu Xia a apporté quelques feuilles de longjin dans la petite maison de thé non loin de son domicile, à Pékin. La femme de Liu Xiaobo est surveillée en permanence par deux policiers qui campent en bas de son appartement. « C’est un très bon thé venu du centre de la Chine » dit celle qui ne se faisait aucune illusion quant au prix Nobel. L’épouse de Liu Xiaobo s’attend donc à passer un nouvel hiver sans son mari. Liu Xiaobo a été condamné à 11 ans de détention en 2009 pour « subversion du pouvoir d’Etat ». Ancien de Tiananmen en 1989, ce professeur et critique littéraire a pris la défense des prisonniers d’opinion, des paysans privés de terre, des citadins expulsés de leur logement mais c’est surtout l’un des coauteurs de la « charte 08 ».
Pronostic En interview sur la chaîne TV2, le Président du comité a fait comprendre que le choix du lauréat du Nobel de la paix 2010 créerait polémique. Le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland, a laissé entendre vendredi matin que le prix Nobel de la paix 2010 serait controversé, sur fond de spéculations que la prestigieuse récompense pourrait aller à un dissident chinois tel que Liu Xiaobo. "Oui, sans aucun doute", a déclaré M. Jagland sur la chaîne TV2, alors qu’on lui demandait s’il devrait de nouveau cette année défendre le choix du comité comme il avait dû le faire l’an dernier face aux critiques estimant que le Nobel de la paix attribué à Barack Obama était prématuré.