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Blog de Paul Jorion - Anthropologie - Economie - Sciences cognit
Je lis le texte que m’a envoyé l’un de vous et c’est aussi beau que d’habitude mais je ne me résous pas à le mettre en ligne : il y a là trop d’amertume, trop de regrets sur ce qui a presque toujours mal tourné et je me dis que nous avons aujourd’hui autre chose à faire – le temps est trop compté – que réfléchir une fois de plus à notre engeance, parce que ce qu’elle est, nous, et nos prédécesseurs, depuis trois mille trois cents ans, en fait, nous l’avons bien compris. Ce qu’il nous faut maintenant, c’est de l’audace et du coeur à l’ouvrage, car il ne reste à l’espèce dans sa besace, qu’une seule cartouche. Ce qu’il nous faut, c’est découvrir le nom de la masse noire qui a envahi peu à peu le centre et qui l’occupe maintenant : invisible mais nous empêchant désormais d’avancer. Nos pas y resteront englués tant que nous ne pourrons pas nommer cette matière qui a usurpé l’endroit où nous étions avant. L’actualité de demain : LE CADRE SE RÉTRÉCIT , par François Leclerc Billet invité.Paul Jorion : L’argent destructeur
Paul Jorion : le bancor
J’ai voulu faire le point sur la question et j’ai adressé le texte suivant à un quotidien qui m’a assuré vouloir le publier dans les jours qui viennent ( L’immobilier américain et ses nouvelles courroies de transmission , Les Échos, le 18 juin 2007 : 15). « La dégringolade des marchés boursiers le 28 février avait été attribuée à la chute de la bourse de Chang-Hai le jour précédent. Or, l’événement ne touchait qu’un marché périphérique et dans les jours qui suivirent, les commentateurs découvrirent deux nouveaux suspects : le discours prononcé par Alan Greenspan le 26 février où il n’excluait pas l’éventualité d’une récession fin 2007, ensuite, couronnant son érosion progressive au cours des mois précédents, la chute brutale de l’indice ABX, chute résultant d’une prise de conscience par les milieux financiers américains du taux croissant de bénéficiaires de prêts au logement incapables désormais de faire face à leurs échéances.
Archives du blog » L’immobilier américain
Archives du blog » Titanic amer, par Serge
En participant à un colloque, on prend souvent l’engagement de rédiger ensuite un article pour un ouvrage collectif. On prononce son allocution – toujours improvisée dans mon cas – et on rentre chez soi. Et puis un jour, la promesse de rendre « l’article que l’on avait présenté » (hum !…) vous rattrape au tournant.
Archives du blog » Crise financière et log
Archives du blog » L’actualité de la crise : les Chinois anges et démons
Archives du blog » Là où les optimistes et
Au cours des deux dernières semaines, les optimistes déclaraient « La crise est contenue : elle n’a pas débordé du domaine immobilier. L’économie se porte comme un charme : on n’a jamais vu de crise véritable éclater quand le marché de l’emploi est en aussi bonne santé ! ». Ce matin, les optimistes déchantent : les économistes avaient prévu pour août la création de 110.000 emplois sur le marché américain, ils découvrent à la place, la perte de 4.000 ; les chiffres qui avaient été proposés pour juin et juillet sont eux revus drastiquement à la baisse : 69.000 pour juin au lieu des 126.000 originellement annoncés, 68.000 pour juillet au lieu de 92.000. Les pessimistes eux se sont complu dans les comparaisons avec les crises de 1987, le lundi noir à la bourse de New York, et de 1998, quand la déconfiture du « hedge fund » Long Term Capital – dirigé par deux Prix Nobel d’économie – conduisit la finance sur le fil du rasoir.La façon dont je m’étais représenté en 2005 la crise à venir était un champ de mines où, ici et là, et de manière imprévisible, une mine exploserait en entraînant ou non d’autres à sa suite. Et c’est exactement ce qui est en train de se passer : on consulte les nouvelles financières sur Bloomberg, Reuters ou sur le site en ligne du Wall Street Journal et on lit qu’une autre « mortgage bank », un autre organisme de financement de prêts immobiliers prend le bouillon, ou bien comme hier, Sentinel, une firme qui avance à très court terme des fonds à ceux qui traitent sur les marchés de futures et qui se trouve à court de liquidités. Qu’une firme comme celle–là, au cœur même de Wall Street, ait des ratés, jette un froid : ça fait le même effet qu’un obus qui éclaterait au beau milieu de la zone verte à Bagdad.
Archives du blog » Le champ de mines s’éte
Archives du blog » Le « Grand Bouillon » o
Le 24 juillet, dans la conférence de presse tenue pour ses actionnaires par Countrywide, la plus importante banque de prêt hypothécaire aux États–Unis, Angelo Mozilo, son PDG, faisait un rapprochement qui fit mouche entre le marasme financier actuel aux États–Unis et certains événements historiques : « On n’a rien vu de pareil depuis la Grande Dépression », déclarait–il. Le parallèle fit aussitôt la une des journaux. La comparaison fit non seulement trembler dans les chaumières mais elle encouragea également Mr.2007 » août
Hystériques et hypocrites Le Monde rapportait tout à l’heure que « La valeur des fonds gelés par BNP Paribas a beaucoup moins baissé que prévu ». Comme je me suis intéressé dans plusieurs blogs récents (« Juste prix » et « juste valeur » et « Pas de Prix ! ») à une question d’actualité sur les marchés [...]L’indice boursier Dow Jones a perdu aujourd’hui 226 points, soit 1,6 % de sa valeur. Rien de très surprenant, la volatilité de l’indice est en effet considérable depuis quelques semaines : la montée des taux rend le marché des obligations peu attractif, l’argent en excès cherche à se placer en bourse et du coup les cotes grimpent, mais comme les mauvaises nouvelles ne manquent pas ils dégringolent à intervalles réguliers, d’où l’effet de yo–yo que l’on observe en ce moment. La mauvaise nouvelle du jour, ce sont les résultats trimestriels de Countrywide , le numéro un du prêt immobilier et plus particulièrement ce que les analystes décèlent dans les chiffres publiés comme « effet de contagion » : les chiffres révèleraient que la crise du « sous–prime » est en train de s’étendre au secteur « prime », celui où – par opposition au « sous–prime » – les consommateurs disposent des moyens financiers qui leur permettent de rembourser leur emprunt.

