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Jérôme Lecoq

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L’enfermement par l’imagination ou l’entendement - Jérôme LECOQ. Bienfaits et limites de l'imagination L'imagination est cependant fondamentale notamment pour les expériences de pensée qui présentent des paradoxes. Einstein, paraît-il, quand il a découvert la théorie de la relativité restreinte, s'est imaginé chevauchant un photon en tenant un miroir devant lui et s’est posé la question : « Est-ce que je verrais mon visage dans le miroir ? » (la théorie dit non parce que la vitesse-lumière est une vitesse limite). L'imagination nous permet d'explorer en pensée de nouveaux territoires, d'élaborer des théories qu'il nous faut par la suite confronter à la réalité afin de les confirmer ou de les infirmer. Si Einstein n'avait pas imaginé l'impossible probablement qu'il n'aurait pas fait cette audacieuse avancée théorique. Mais le « tout est possible » sans contrainte n’en reste qu’au niveau du wishful thinking (la pensée qui prend ses désirs pour des réalités).

Non, tout n'est pas possible, il n'est pas possible que le soleil ne se lève pas demain. Les faits sont des constructions mentales. 5 octobre 2018 par jerome lecoq "Les faits sont des constructions mentales. Néanmoins, ils existent. Ce sont simplement des constructions mentales qui résistent de manière plus agressive à toute critique ou déconstruction. " (O.B.)

Les faits sont des constructions. Je vois le soleil qui brille dehors. Mais Kant nous dit que nous ne pouvons pas connaître ce “phénomène en soi” parce que nous ne connaissons des choses que ce qui nous y mettons a priori (Critique de la Raison Pure). Ainsi nous accordons nos constructions mais il n’y a pas de faits, que des constructions et donc des interprétations.

Evidemment les faits sont tenaces par rapport à nos constructions fantaisistes et il ne s’agit pas de tout mettre en doute par pure spéculation intellectuelle. Souvent on nous présente comme un fait ce qui n’est qu’une interprétation pour la simple raison qu’on veut nous imposer nos représentations, nos interprétations, nos constructions. Ils veulent des réponses pour éviter de penser. Ceux qui se satisfont des réponses sont ceux qui cherchent à se débarrasser de la pensée, de même qu'un étudiant qui répond à une question pour un examen veut se débarrasser de la question pour passer à la suivante et finir le plus vite possible. Aussitôt l'examen passé, question comme réponse seront oubliées. Ils veulent passer à autre chose, ils sont pressés car pour eux questions et réponses sont une affaire de savoir, de connaissances : les réponses sont utiles parce que leurs questions sont pratiques.

La réponse est une solution à un problème et la solution dissout le problème comme de l'eau dissout de l'aspirine effervescente. Plus de question une fois que la solution est venue la clore. Prenons une question par exemple : pourquoi les êtres humains font leur propre malheur ? Celui qui attend des réponses définitives à ses questions cherche une information, une aide, une réassurance. De quoi faut-il faire son deuil ? 18 mai 2018 par jerome lecoq Faire son deuil signifie renoncer à ce que nous apportait la présence d'un être : son affection, ses idées, son comportement...son être. L'être n'est plus. L'être n'est plus sur le mode où il nous apparaissait : présent, vivant, conscient. Nous le reconnaissions et il nous reconnaissait, nous existions ensemble, nous nous comprenions, nous nous disputions, nous faisions des activités ensemble, nous discutions, nous dialoguions, nous riions, nous pleurions, nous nous appelions, nous réconfortions, parlions des autres et de nous-mêmes, nous confiions l'un à l'autre.

Perdre un être cher c'est perdre la singularité d'une expérience : celle d'être en compagnie d'un autre qui avait son monde et nous y faisait rentrer, celle d'un monde qui était aussi devenu le nôtre. Faire son deuil c'est d'abord accepter le silence et n'y voir que notre écho, c'est voir le vide et nous y mirer en retour. L’obéissance est-elle une vertu ? 15 février 2018 par Jérôme Lecoq Ce dialogue est une auto-consultation c'est-à-dire que c'est moi qui fais les questions et les réponses. Cela suit le même principe qu'une consultation philosophique à deux et oblige à se "couper en deux" afin de se voir comme une autre personne. Cela permet de se voir penser tout en traitant une question. Ainsi on peut repérer ses erreurs de logique, ses présupposés, ses croyances, ses "angles mort" de la pensée.

Vous êtes invité(e) à critiquer vous-même ce dialogue si vous percevez problèmes quelconques. Vous pouvez également m'envoyer vos questions que je traiterai comme dialogue ou m'envoyer vos propres autoconsultations que je commenterai. Alors à vos stylos cher(e)s lecteurs et lectrices. - Non l’obéissance n’est pas une vertu, c’est un calcul- C’est-à-dire ? Qu’est-ce que l’humiliation ? 7 septembre 2018 par jerome lecoq Etre humilié cela signifie donner à montrer en public un décalage entre ce que nous prétendons être et ce que nous sommes vraiment. Dans toute humiliation il y a une révélation pour soi et pour autrui. Pour soi parce que l'on comprend que les autres vous ont mis à nu et pour autrui car il comprend que vous ne valez pas ce que vous prétendiez.

C'est la raison pour laquelle l'humilié ressent de la honte : se voyant impuissant il veut disparaître, il veut mourir au monde et à lui-même et l'exposition publique lui est insupportable car elle le rappelle constamment à lui-même. Attitudes face à l'humiliation Pour l'observateur d'une humiliation il peut y a avoir plusieurs attitudes : la compassion, l'indifférence, la réjouissance, l'indignation. Celui qui compatit pense que l'humiliation est une peine insupportable que même son pire ennemi ne devrait pas endurer, probablement parce qu'il projette sa propre peur d'apparaître à nu en public.