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Maison des Babayagas

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Logement des séniors : la piste babayagas. Les Babayagas, la silver solidarité au quotidien. Vendredi 13 décembre, à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

Les Babayagas, la silver solidarité au quotidien

Au rez-de-chaussée d’un immeuble neuf, comme chaque deuxième vendredi du mois, les Babayagas reçoivent. Il est midi, une dizaine de femmes, plus ou moins âgées, ont dressé une grande table chargée de plats. Des amis arrivent, des habitants du quartier, des jeunes. Voire des journalistes, car les Babayagas sont médiatiques, à commencer par leur charismatique présidente, Thérèse Clerc. La Maison des Babayagas, l’« anti-maison de retraite » à Montreuil. Les résidentes de cet habitat participatif, réservé aux femmes de plus de 60 ans, fondé par Thérèse Clerc décédée le 16 février, veulent vieillir indépendantes et autonomes.

La Maison des Babayagas, l’« anti-maison de retraite » à Montreuil

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Juliette Harau Dans les contes russes, les Babayagas sont des personnages mi-sorcières, mi-ogresses. La maison des Babayagas, unir ses forces au quotidien. A 87 ans, Thérèse Clerc n’a rien perdu de la ferveur qui l’animait déjà il y a cinquante ans quand elle militait pour le droit des femmes et qui faisait déjà d’elle ce qu’on appelle “un personnage”.

La maison des Babayagas, unir ses forces au quotidien

Et c’est peu dire. Si elle nous accueille aujourd’hui dans sa maison des Babayagas, il aura fallu plus de dix ans de bataille acharnée avec les pouvoirs publics pour parvenir à ouvrir en février 2013 à Montreuil cette maison collective pour femmes âgées à petites retraites. Une maison pour “vieilles” comme les appelle, non sans affection, Thérèse pour qui, “refuser de nommer, c’est refuser la réalité”. Son combat à elle, c’est justement de donner corps à une réalité pas toujours souriante. La Maison des Babayagas, un projet pour vieilles qui décoiffe… Elles ont entre 65 et 85 ans.

La Maison des Babayagas, un projet pour vieilles qui décoiffe…

Elles veulent vieillir entre femmes, en autogestion, dans le respect de l’écologie et le maintien de leurs pratiques citoyennes. Ce projet qui les réunit voit enfin le jour. Malgré les embûches administratives et politiques qui s’enchaînent… Mort de Thérèse Clerc, fondatrice de la Maison des Babayagas. La canicule de 2003 Motivées mais sans un sou, les Babayagas sont en quête de soutiens publics. « On nous a traité avec gentillesse mais avec beaucoup de condescendance, jusqu’à ce que la canicule de 2003 et ses 19 490 morts secouent nos belles institutions » raconte Thérèse Clerc.

Mort de Thérèse Clerc, fondatrice de la Maison des Babayagas

Jean-Pierre Brard, maire communiste de Montreuil, qui avait déjà soutenu Thérèse en 1995 pour l’ouverture de la Maison des Femmes, enclenche une nouvelle dynamique en leur proposant un terrain en plein centre-ville. Mais cela ne suffit pas, d’autant que les financeurs potentiels émettent de grandes réserves, mal à l’aise avec la dimension idéologique du projet. « Nous ne rentrions dans aucune case », soupire Thérèse.