background preloader

CONDITIONS DE TRAVAIL

Facebook Twitter

Ethique. Comment Nike a été forcé de changer ses pratiques. Cette information dont le Guardian(1) anglais s’est fait écho l’année dernière devrait convaincre même les plus sceptiques : oui, le travail et l’activisme des associations peut donner des résultats concrets !

Ethique. Comment Nike a été forcé de changer ses pratiques

Cela se produit même lorsqu’on s’attaque à des « Goliath » : Nike, qu’on ne présente pas, a plié sous la pression des activistes qui l’exhortent depuis des années à employer des méthodes plus éthiques. Le géant américain n’a eu d’autre choix que de changer sa politique et ses pratiques. Cela fait 20 ans que Nike est régulièrement attaqué pour des pratiques plus que douteuses dans le meilleur des cas, inadmissibles voire inhumaines dans d’autres. Le spécialiste américain des vêtements, accessoires et matériel de sport s’est fait épinglé plus d’une fois sur le terrain des conditions de travail déplorables pour les ouvriers des usines sous-traitantes.

Ces méthodes répréhensibles sont très bien illustrées dans le documentaire de Michael Moore The Big One sorti en 1997. Cambodge : ils réclamaient 11 euros de plus par mois, Nike les licencie ! Des centaines d’ouvriers d’une usine sous-traitante de la firme américaine Nike ont été licenciés après une série de protestations concernant les salaires.

Cambodge : ils réclamaient 11 euros de plus par mois, Nike les licencie !

BANGLADESH. Le dilemme de Nike : les coûts ou la sécurité des travailleurs. Le 24 avril 2013, l’effondrement du Rana Plaza, à Dacca, tuait plus d’un millier de personnes.

BANGLADESH. Le dilemme de Nike : les coûts ou la sécurité des travailleurs

Quelques semaines plus tôt, après un débat interne houleux, Nike avait de son côté décidé de limiter ses opérations dans le pays, raconte le quotidien américain des affaires. Hannah Jones, vice-présidente de Nike en charge du développement durable et de l’innovation, a alerté ses collègues pendant des années sur les dangers de la production au Bangladesh. Certes, ce pays était l’un des moins chers au monde, concédait-elle, mais Nike ne pouvait pas se permettre une nouvelle polémique sur les conditions de travail chez ses sous-traitants. Au sein du département de la production, ses collègues chargés de réduire les coûts lui ont répondu qu’ils devraient se rendre sur place avec elle avant de prendre une décision. Fenêtres bloquées “Nos concurrents s’implantaient en masse au Bangladesh et la pression s’intensifiait, explique Eric Sprunk, directeur de l’exploitation de Nike.

Deux clans opposés. Revue Revue française de gestion 2005/4. L'exploitation des employés chez Nike. En juin 1996, le magazine Life publie un article sur le travail des enfants au Pakistan.

L'exploitation des employés chez Nike

Une photo de l'article montre un enfant de douze ans qui assemblait un ballon de soccer Nike. L'article rapportait que l'enfant fait cela durant toute une journée pour n'en retirer que 0,60 $US. Les esclaves cachés qui font la fortune des "grandes marques" Sous la pression des organisations syndicales et des associations de consommateurs américains, le groupe Nike, dirigé par Philip Knight, a dû reconnaître, dans un rapport officiel publié par le groupe, les conditions de travail déplorables et l’exploitation brutale que subissent les salariés dans les usines de ses sous-traitants, en Indonésie.

Les esclaves cachés qui font la fortune des "grandes marques"

Selon les termes du rapport, dont les révélations sont certainement en dessous de la réalité, "2,5% des salariés ont déclaré avoir été victimes d’attouchements sexuels" et "3% ont déclarés avoir été victimes d’abus physiques de la part de leur hiérarchie". Nike, soucieux de redorer son image, a créé, en partenariat avec la Banque Mondiale, une institution prétendument "indépendante" pour étudier les conditions de travail chez ses sous-traitants. Chez Nike, au Salvador, la semaine de travail s’élève à 60 heures par semaine. Les femmes sont soumises à un test obligatoire pour vérifier qu’elles ne sont pas enceintes. 1. 2. Nike encore critiquée pour ses conditions de travail à l'étranger. Des dizaines de travailleurs interrogés par l'Associated Press (AP) et un document publié par Nike laissent croire que le géant des espadrilles et des vêtements de sport a encore un long chemin à parcourir avant de respecter les normes qu'il a lui-même établis il y a une décennie afin de faire cesser sa dépendance à la main-d'oeuvre de misère.

Nike encore critiquée pour ses conditions de travail à l'étranger

Cela ne semble pas avoir empêché les agressions supposément subies par des travailleurs de l'usine du Pou Chen Group à Sukabumi, à plus de 100 kilomètres de Jakarta. L'entreprise n'a pas commencé à fabriquer des produits Converse avant que quatre ans ne se soient écoulés depuis l'achat de Converse par Nike. Une employée a soutenu avoir reçu un coup de pied d'un superviseur l'an dernier, après avoir fait une erreur en coupant du caoutchouc pour les semelles. «Nous sommes impuissants», a déclaré la femme. Ethique: Nike bouge sous la pression. Mis en difficulté par les dénonciations des conditions de travail chez ses sous-traitants, Nike tente depuis deux ans de changer son image d'exploiteur du tiers monde.

Ethique: Nike bouge sous la pression

Mais beaucoup reste à faire. Nike le scandale - NIKE:les recettes d'un succés. Depuis 1992, la fameuse virgule, le swoosh, subit les foudres des organisations luttant pour l'amélioration des conditions de travail dans les usines textiles.

nike le scandale - NIKE:les recettes d'un succés

Travaillant en réseau, ces groupes ( dont la Déclaration de Berne ) mènent des enquêtes en Asie, Amérique centrale et Europe de l'Est et démontrent que partout, les ouvrières sont contraintes de travailler bien au-delà de toute résistance humaine pour des salaires de misère. Leurs droits syndicaux, bafoués et ignorés, ne leur sont d'aucun secours. Les conditions de travail après l'affaire Kasky. Une fois l’affaire Kasky terminée en 2003, Nike a rendu public les témoignages de 4000 salariés de neuf sites différents en Indonésie.

Les conditions de travail après l'affaire Kasky

Cette enquête a été menée par la Global Alliance, une organisation indépendante créée à l’initiative de Nike en 1999. Au total, 5000 heures d’écoute ont été nécessaires. Les résultats de cette enquête sont loin d’être positifs, selon les termes mêmes du rapport, presque 2,5% des salariés ont déclaré avoir été victime d’abus sexuels et 8% de commentaires à caractères sexuels inappropriés.