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Le redoublement

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Dans le second degré, il en va selon l’article 27 du décret de 2014 : « À titre exceptionnel, un redoublement peut être mis en œuvre pour pallier une période importante de rupture des apprentissages scolaires.

Il intervient avec l'accord écrit des représentants légaux de l'élève ou de l'élève lui-même, lorsque ce dernier est majeur, après que le conseil de classe s'est prononcé et à la suite d'une phase de dialogue avec le chef d'établissement, conformément à l'article L. 311-7 du présent code. La décision de redoublement est notifiée par le chef d'établissement aux représentants légaux de l'élève ou à l'élève lui-même lorsqu'il est majeur. Lorsqu'un élève est autorisé à redoubler, un accompagnement pédagogique spécifique est mis en place, qui peut comprendre notamment un programme personnalisé de réussite éducative. »

Hormis ce cas précis, le redoublement ne pourra être demandé par la famille ni proposé par l’établissement. Seul le maintien dans la classe d’origine est prévu par les articles D331-35 (cf. Art. 16 du même décret) et D331-37 du code de l’éducation. Il intervient uniquement à l’issue des classes de 3e ou de 2nde, lorsque les représentants légaux sont en désaccord avec la décision d’orientation définitive.

Que sait -on du redoublement ? Alors que JM Blanquer, le nouveau ministre de l'éducation nationale, agite la possibilité d'une abrogation du décret de 2014 limitant fortement le redoublement, on peut s'interroger sur les motifs de cette annonce.

Que sait -on du redoublement ?

Le redoublement est-il efficace ? Quelles alternatives possède t-on ? Sur ce sujet là, JM Blanquer semble l'avoir oublié, on dispose d'une vaste littérature scientifique. Alors pourquoi relancer ce débat ? La France longtemps championne du redoublement Même si le redoublement avait déjà reculé avant 2014, la France lui restait largement fidèle. Le redoublement ne touchait pas tous les jeunes de façon égale. Le décret de novembre 2014 a rendu le redoublement extrêmement rare. Les taux de redoublement , qui étaient déjà en chute avant 2014, ont nettement baissé après le décret. Le redoublement est-il efficace ?

De nombreuses études ont travaillé sur cette question. En 2015, le Cnesco apporte une évaluation plus fine. Pour autant on aurait tort de croire le redoublement inutile. Le gouvernement a réussi à supprimer le redoublement. Madame Vallaud-Belkacem est en passe d’atteindre son objectif défini dans un décret du 27/11/2014: supprimer le redoublement.

Le gouvernement a réussi à supprimer le redoublement

On ne reviendra pas ici sur l’intérêt de ne conférer au redoublement « qu’un caractère exceptionnel » [pourtant un redoublement aménagé pourrait être utile], ni sur l’aberration suivante. Des parents devraient se réjouir que leurs enfants soient gravement malades pour espérer obtenir de la généreuse école républicaine, le droit de redoubler. Non, on veut ici attirer l’attention sur la disparition même du mot redoublement. L’impensable redoublement devient innommable. Si un passage dans la classe supérieure n’est pas possible, même avec des forceps, ou technique alternative, même sans grand coup de pied au derrière, on ne parlera pas de redoublement, mais de « maintien dans la classe d’origine ». On flirte avec l’incohérence. Source de l’illustration: avec l’aimable autorisation de F. Signaler ce contenu comme inapproprié. Devenir des élèves en difficulté, après la 3e, sans choix du redoublement.

A quoi sert le redoublement. Qu’on se le dise : réintroduire une pratique ferme du redoublement serait la solution !

A quoi sert le redoublement

Pour les élèves qui ne maitrisent pas les attendus à l’entrée en classe supérieure, pour lutter à la fois contre la baisse du niveau et contre l’hétérogénéité, fléau de l’enseignement. Voici, en substance, ce que l’on entend en ce moment. Cela concerne l’entrée en 6ème et, fait nouveau, l’entrée en CE1. C’est indéniablement de la surenchère électoraliste. « Tout enfant qui ne maitrise pas les fondamentaux de la lecture en CP, ne passe pas en année supérieure tant qu’il ne maitrise pas la lecture parfaitement. » (Nicolas Sarkozy, ex candidat à la primaire de la droite et du centre) « Il ne faudrait pas croire que parce qu’ils sont très jeunes, les élèves de CP acceptent la décision de redoublement de bon cœur.

D’où vient le malentendu ? Tout se passe comme si la transmission directe par le maitre était l’élément nécessaire pour définir une bonne méthode pédagogique. A quel cout ? Que peut-on faire ? Le redoublement sinon rien. C’est à la veille des conseils de classe de fin d’année que la lutte contre la suppression du redoublement est relancée par différents syndicats.

Le redoublement sinon rien

Le décret de 2014 s’applique en effet seulement cette année. Lors de sa parution il avait déjà fait l’objet de réactions au moins sur deux thèmes que nous allons revoir. Nous explorerons ici d’autres arguments expliquant cette résistance. Les faits sont durs Un premier argument repose sur la « réalité » perçue du redoublement par beaucoup d’acteurs, en tant que mesure des difficultés scolaires, de l’échec scolaire. . « Plutôt que de s’intéresser aux causes de ces redoublements (méthodes d’enseignement, moyens alloués, autorité professorale – notamment vis-à-vis des parents, dégradations des situations socio-familiales des enfants, etc.), on décide donc de se débarrasser du thermomètre.

Mais en quoi le redoublement est-il un thermomètre de la difficulté des élèves ? Un deuxième argument fut largement utilisé et continue de l’être aujourd’hui. Redoublement : le changement à bas bruit ? S’il est une caractéristique de la forme scolaire française bien établie dans la culture des personnels, des élèves et des parents, c’est bien le redoublement, censé sanctionner des résultats insuffisants pour envisager le passage dans la classe supérieure.

Redoublement : le changement à bas bruit ?

Or, en ce domaine, l’évolution est nette. Le décret N°2014-13277 du 18 novembre 2014[1] modifiant les dispositions du code de l’éducation concernant les paliers d’orientation et le redoublement qui entre en vigueur à compter des procédures d’orientation 2015- 2016, semble accompagner un mouvement amorcé depuis longtemps de renoncement à une pratique dont la vanité est démontrée par les études nationales et internationales. L’édition 2015 de L’Etat de l’école[2] montre en page 31 l’évolution des redoublements de 1986 à 2014 : ils sont passés, au collège, de 15% en 5e et 3e, de plus de 10% en 6e et 4e à moins de 5% ; au lycée, ils sont passés de 15 à 20% en seconde et terminale à entre 5 et 10%, et de 12% en première à moins de 5% . [1] Redoublement : le débat.

Le redoublement nuit-il à la réussite scolaire? [Dossier thématique] À chaque année, des centaines de parents doivent prendre une décision difficile : accepter ou non que leur enfant ayant des difficultés redouble son année.

Le redoublement nuit-il à la réussite scolaire? [Dossier thématique]

Quels sont les impacts du redoublement sur l’estime de soi d’un enfant qui a pourtant doublé ses efforts tout au long de l’année scolaire? Quels sont les impacts à long terme? Les camarades de classe souffrent-ils lorsque leurs pairs redoublent? Ce dossier présente des articles du RIRE, des recherches et des ressources Web qui fournissent de l’information sur les élèves à risque et le redoublement scolaire. Toute l’information qu’offre ce dossier a été répertoriée sur la bibliothèque virtuelle du RIRE. Décret n° 2014-1377 du 18 novembre 2014 relatif au suivi et à l'accompagnement pédagogique des élèves.

Le chapitre Ier du titre Ier du livre III de la partie réglementaire du code de l'éducation est complété par une section 5 ainsi rédigée : « Section 5 « L'accompagnement pédagogique des élèves « Art.

Décret n° 2014-1377 du 18 novembre 2014 relatif au suivi et à l'accompagnement pédagogique des élèves

D. 311-11. « Art. D. 311-12. « Art. L'article D. 321-3 du même code est remplacé par les dispositions suivantes : « Art. L'article D. 321-6 du même code est remplacé par les dispositions suivantes : « Art. L'article D. 321-7 du même code est complété par un alinéa ainsi rédigé :« Le cas échéant, ces élèves peuvent bénéficier des dispositions prévues à l'article D. 321-3 ou à l'article D. 311-13. » MENE1418381D. Publics concernés : les élèves des écoles primaires, des collèges et des lycées publics et privés sous contrat de l'éducation nationale et des établissements de l'enseignement agricole publics et privés sous contrat.

MENE1418381D

Objet : modifications des dispositions du code de l'éducation relatives à l'évaluation des acquis et à l'accompagnement pédagogique des élèves, aux dispositifs d'aide et au redoublement. Entrée en vigueur : le présent décret entre en vigueur le lendemain de sa publication pour les dispositions de son article premier et à partir de la rentrée scolaire 2015 pour ce qui concerne les dispositions de ses autres articles. Références : le code de l'éducation modifié par le présent décret peut être consulté, dans sa version issue de cette modification, sur le site Légifrance : Le redoublement au cours de la scolarité obligatoire : nouvelles analyses, mêmes constats. Ce dossier présente un ensemble d'analyses effectuées par la Direction de l'évaluation et de la prospective sur la question du redoublement au cours de la scolarité obligatoire.

Le redoublement au cours de la scolarité obligatoire : nouvelles analyses, mêmes constats

Fondées sur des données actuelles, issues des panels d'élèves et des évaluations nationales et internationales de leurs acquis et de leurs attitudes, ces nouvelles analyses confirment ce que rapporte la littérature disponible sur le sujet, tant au plan national qu'international. Elles prennent notamment en compte des enquêtes récentes qui ont élargi le domaine de l'évaluation des acquis cognitifs à celui des aspects liés à la motivation ou bien encore l'estime de soi.

En règle générale, à l'école et au collège, le redoublement s'avère peu équitable et inefficace du point de vue des progrès individuels des élèves. Le redoublement au cours de la scolarité obligatoire : nouvelles analyses, mêmes constats. Le redoublement n’améliore pas la performance des élèves, en général. Après un premier article sur les inégalités du système d’éducation français et un deuxième sur les rythmes scolaires au primaire, il me semblait important d’aborder le sujet du redoublement.

Le redoublement n’améliore pas la performance des élèves, en général

Ce thème est en effet étroitement lié aux deux précédents : les élèves qui redoublent sont ainsi bien souvent ceux dont les parents sont issus de milieux défavorisés et les rythmes scolaires trop condensés ne permettent pas vraiment de faire face à la difficulté scolaire. À cela s’ajoute que le redoublement est considéré en France, mais aussi dans un certain nombre de pays européens, comme la pratique la plus à même de remédier aux problèmes scolaires. La France : championne des pays de l’OCDE pour le redoublement La France est connue pour ses taux élevés de redoublement, mais comment se situe-t-elle par rapport à ses voisins ?

La statistique que je vous présente dans cet article est extraite de l’enquête PISA 2009 (pour plus de précisions, consulter le Volume IV du rapport, Chapitre 3). Présentations des experts de la conférence sur le redoublement. Télécharger les présentations des experts et des praticiens. Ecouter les podcasts et vidéos réalisés par Canopé et l’ESENESR. Michel LUSSAULT Professeur à l’École normale supérieure de Lyon, directeur de l’Institut Français de l’Éducation (IFÉ) et président du Conseil supérieur des programmes (CSP) – Lyon, France Michel Lussault est géographe, professeur des universités à l’École normale supérieure de Lyon, membre du laboratoire de recherche Environnement, villes, sociétés (UMR 5600 CNRS/Université de Lyon). Dans son travail, il analyse les modalités de l’habitation humaine des espaces terrestres, à toutes les échelles. Audio Player Nathalie MONS. Redoublement et alternatives. 280814CNESCO redoublement1.

126FR HI.