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Seq01 - 3PM-Poésie

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3PM - Blaise CENDRARS Prose. 3PM Senghor New York. Métamorphoses de New York. À New York (Pour un orchestre de jazz : solo de trompette) New York !

Métamorphoses de New York

D’abord j’ai été confondu1 par ta beauté, ces grandes filles d’or aux jambes longues.Si timide d’abord devant tes yeux de métal bleu, ton sourire de givreSi timide. Et l’angoisse au fond des rues à gratte-cielLevant des yeux de chouette parmi l’éclipse du soleil.Sulfureuse2 ta lumière et les fûts3 livides, dont les têtes foudroient le cielLes gratte-ciel qui défient les cyclones sur leurs muscles d’acier et leur peau patinée de pierres.Mais quinze jours sur les trottoirs chauves de Manhattan– C’est au bout de la troisième semaine que vous saisit la fièvre en un bond de jaguarQuinze jours sans un puits ni pâturage, tous les oiseaux de l’airTombant soudain et morts sous les hautes cendres des terrasses.Pas un rire d’enfant en fleur, sa main dans ma main fraîchePas un sein maternel, des jambes de nylon. […] Harlem5 Harlem !

Voici ce que j’ai vu Harlem Harlem ! New York ! Lelivrescolaire.fr. En ce temps-là j’étais en mon adolescenceJ’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance J’étais à 16 000 lieues1 du lieu de ma naissance J’étais à Moscou, dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares Et je n’avais pas assez des sept gares et des mille et trois toursCar mon adolescence était si ardente et si folleQue mon cœur tour à tour brûlait comme le temple d’Ephèse ou comme la Place Rouge de Moscou quand le soleil se couche. [...]

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J’avais faimEt tous les jours et toutes les femmes dans les cafés et tous les verresJ’aurais voulu les boire et les casserEt toutes les vitrines et toutes les ruesEt toutes les maisons et toutes les viesEt toutes les roues des fiacres2 qui tournaient en tourbillon sur les mauvais pavésJ’aurais voulu les plonger dans une fournaise3 de glaives4 Et j’aurais voulu broyer tous les osEt arracher toutes les langues [Le poète se rend en Chine par le Transsibérien, plus longue ligne de chemin de fer du monde. Tremper sa plume dans l’asphalte. Si la campagne est côté face, je suis un produit du côté pileLà où les apparts s’empilent, je suis enfant de la villeJe ressens le cœur de la ville qui cogne dans ma poitrineJ’entends les sirènes qui résonnent mais est-ce vraiment un crimeD’aimer le murmure de la rue et l’odeur de l’essenceJ’ai besoin de cette atmosphère pour développer mes sens [Refrain] (bis) Je suis un enfant de la ville, je suis un enfant du bruitJ’aime la foule quand ça grouille, j’aime les rires et les crisJ’écris mon envie de croiser du mouvement et des visagesJe veux que ça claque et que ça sonne, je ne veux pas que des vies sages Besoin de cette agitation qui nous est bien familièreJe t’offre une invitation dans cette grande fourmilièreJ’suis allé à New York, je me suis senti dans mon bainCe carrefour des cultures est un dictionnaire urbainJ’ai l’amour de ce désordre et je ris quand les gens se ruentComme à l’angle de Broadway et de la 42ème rue [Refrain] (bis)

Tremper sa plume dans l’asphalte

Crier la France en s’abattant. Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmesNi l’orgue ni la prière aux agonisantsOnze ans déjà que cela passe vite onze ansVous vous étiez servis simplement de vos armesLa mort n’éblouit pas les yeux des Partisans1 Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villesNoirs de barbe et de nuit hirsutes menaçantsL’affiche qui semblait une tache de sangParce qu’à prononcer vos noms sont difficilesY cherchait un effet de peur sur les passants Nul ne semblait vous voir français de préférenceLes gens allaient sans yeux pour vous le jour durantMais à l’heure du couvre-feu des doigts errantsAvaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE2Et les mornes matins en étaient différents Tout avait la couleur uniforme du givreÀ la fin février pour vos derniers momentsEt c’est alors que l’un de vous dit calmement3Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivreJe meurs sans haine en moi pour le peuple allemand LOUIS ARAGON, Le Roman inachevé, « Strophes pour se souvenir », © Éditions Gallimard, 1956.

Crier la France en s’abattant

Évaluation bilan poesie. Decrire pour emouvoir (Labe et Saint Simon)