À temps et à contretemps - Bourdieu, Pascal, la philos... - Jacques Bouveresse. 1 Bourdieu commence les Méditations pascaliennes en annonçant son intention de poser des questions que, d’après lui, la philosophie devrait poser, qu’elle serait même en principe mieux placée que n’importe quelle autre discipline pour poser, et que pourtant elle ne pose généralement pas et s’évertue même en toute innocence à rendre plus difficiles, pour ne pas dire impossibles à formuler : 1 Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes , Le Seuil, 1997, p. 9. Si je me suis résolu à poser quelques questions que j’aurais mieux aimé laisser à la philosophie, c’est qu’il m’est apparu que, pourtant si questionneuse, elle ne les posait pas ; et qu’elle ne cessait de soulever, notamment à propos des sciences sociales, des questions qui ne me paraissaient pas s’imposer – tout en se gardant de s’interroger sur les raisons et surtout les causes, souvent assez peu philosophiques, de ses interrogations. 2 Pierre Bourdieu, Ce que parler veut dire . 3 Méditations pascaliennes , op. cit., p. 13.
Du pratique au théorique : La sociologie phénoménologique d’Alfred Schütz et la question de la coupure épistémologique. Arnaud Esquerre • La machine à coudre le monde de Jeanne Favret-Saada. À propos de Comment produire une crise mondiale avec douze petits dessins, de Jeanne Favret-Saada. Arnaud Esquerre En lisant la presse européenne dans les premiers jours de février 2006, on découvrait une série de douze dessins représentant Mahomet, et qui provoquaient la fureur dans différents pays du monde où la population musulmane est importante. Ce qui semble le point de départ d’une affaire en est déjà, en réalité, presque la fin, et Jeanne Favret-Saada en fait donc le dernier chapitre de son livre consacré à ce sujet.
Pourquoi et comment naît une affaire ? C’est ce que l’anthropologue analyse par un texte court et dense. Elle trace en même temps un relevé précis des rapports actuels entre musulmans, islamistes, jihadistes, États européens et institutions internationales. La réception du livre de Jeanne Favret-Saada amène à se poser une deuxième question : comment écrire des sciences humaines, et dans le cas qui nous occupe, de l’anthropologie ? L’escamotage d’une machine à coudre. Beneath contempt, beyond critique: Bourdieu on Latour. Having given a couple of posts over to Latour's critiques of Bourdieu, it's now time to do the reverse. (This actually means going backward in time, since Bourdieu's discussion of his junior took place in his final course of lectures at the Collége de France in 2001, while Latour, as far as I can tell, was mostly silent on the subject of Bourdieu until the publication of Reassembling the Social in 2005, three years after Bourdieu's death.)
Bourdieu devotes one of his last works to the sociology of science because, as he explains in a foreword, he believes that "the world of science is threatened by a serious regression. " In Bourdieu's view, the historically acquired autonomy of science is being encroached upon by neoliberal political and economic forces, a state of affairs leading him to this portentuous pronouncement: "in short, science is in danger, and for that reason it is becoming dangerous" (vii). What is that strange sensation — déjà vu, or is it irony? BRUNO LATOUR : La gauche a-t-elle besoin de Bourdieu ? - 15/09/98. Aisons comme si la presse avait lancé un débat public pour évaluer l'intérêt de la pensée dominante en sociologie française, celle de Pierre Bourdieu et de ses collègues, sur la recomposition de la gauche.
Pour y mettre mon grain de sel, je n'ai aucune autre qualification que celle d'un long intérêt pour les relations entre sciences et politique. Pour le moment, il me semble que l'effort d'inventaire a porté sur deux points: ses recherches scientifiques autorisent-elles Bourdieu à prendre des positions politiques? Peut-on, en s'appuyant sur la sociologie de la domination, développer une gauche plus authentique que celle des sociaux-démocrates?
Aussi intéressantes qu'elles soient, ces deux discussions prennent pour acquis que la sociologie de Bourdieu serait scientifique et qu'elle serait de gauche. Or, ni l'une ni l'autre de ces deux affirmations ne me paraît suffisamment établies. Il ne suffit pas de parler des dominés pour être de gauche. Entretien avec Bruno Latour. 1Bruno Latour est anthropologue. Il enseigne depuis plus de 20 ans à l’école des Mines (Paris), mais aussi à Harvard. Ses objets d’étude sont extrêmement variés. Il se fait d’abord connaître en 1979, avec La vie de laboratoire, observation ethnographique d’un laboratoire californien d’endocrinologie. En 1987, il publie La science en action, qui revient sur l’importance fondamentale des techniques, mais aussi des « controverses », dans l’élaboration des « faits » scientifiques. En 1992, il reçoit le prix Roberval pour son livre Aramis ou l’amour des techniques.
Dans ses Petites leçons de sociologie des sciences, il explicite son « relativisme » (1996). L’espoir de Pandore (2001) dresse un bilan provisoire des « science studies ». 2Nous l’avons rencontré, le 10 novembre 2005, dans son bureau de l’école des Mines. Tracés : Nous voulions d’abord présenter vos travaux, en essayant de dégager une sorte de « fil rouge », qui ne va pas vraiment de soi.
B. 1 B. B. B. B. 5 Ph. B. 8 I. B. 10 Cf.