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Novembre 2016

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A pied sur le Tokaido Ikku Jippensha.

N grand roman classique japonais au comique truculent, illustré en son temps par les plus grands artistes. Ce célèbre roman d’aventures burlesques, voire scabreuses, écrit en forme de guide touristique et paru en 1802, relate un voyage entrepris sur la grande route du Tôkaidô – de l’actuelle Tôkyô jusqu’à Kyôto – par deux joyeux lurons, amateurs de filles, de saké, de spécialités régionales et de farces qu’ils jouent à tous ceux que leur mauvais génie place sur leur trajet : vagabonds, aubergistes, moines errants, prostituées, samouraïs… Devant les cinquante-trois relais du Tôkaidô, c’est tout le Japon traditionnel qui se donne en spectacle. Biographie de l'auteur Jippensha Ikkû est né en 1765 à Shizuoka. On ne sait pratiquement rien sur son enfance, son adolescence. A vingt-trois ans, on le retrouve à Osaka où il fréquente les écrivains de théâtre. Quelques années plus tard, il quitte Osaka pour Edo où il commence à écrire d abord des livres illustrés satirico-comiques, puis des romans populaires. Après quelques déboires conjugaux, Jippensha entreprend un voyage qui le conduit au nord de la préfecture de Chiba. C est au cours de ce voyage qu il invente les deux personnages de son roman, hurluberlus obéissant aux lois du comique universel. Il meurt en 1831. – clr987

Memoires d'un rat Andrzej Zaniewski.

A l’heure de sa mort, un rat voit défiler toute sa périlleuse existence. Le livre est cruel, poétique et envoûtant. Mais l’étude du rat est précise. Né en 1940, pendant la 2ème guerre mondiale, à Varsovie, le petit Andrzej et sa mère sont, pendant l’insurrection de 1944 contraint de se cacher dans des caves. C’est là, que pour la première fois de sa vie, il entend le bruissement des rats derrière le mur de sa cachette. Pendant sa vie, il en verra des rats, les étudieras, en élèveras. Le roman, écrit en 1979, fut refusé par tous les éditeurs, car jugé pessimiste, outrancier, amoral et pornographique. Sa vision du monde ne correspondait pas à l’ambiance de la Pologne de l’époque. Il ne fut jamais ni aimé ni apprécié et son ouvrage y est considéré comme répugnant, repoussant, et ses descriptions naturalistes désagréables et dégouttantes. Finalement le roman fut traduit en tchèque et édité pour la première fois en 1990. C’est la publication en allemand qui lui valu sa popularité. Puis traduit en seize langues, il devient un best-sellers A la suite de son succès à l’étranger, il est enfin édité en Pologne pour la première fois en 1995, mais reçoit toujours un très mauvais accueil…. – clr987

Sans oublier la baleine J. W. Ironmonger.

Grâce au secours d’une baleine, un jeune homme nu s’échoue sur la plage de St Piran et se voit recueilli à l’unanimité par le petit village de Cornouailles. Un docteur retraité, un patron de pub, la femme papillonnante d’un pasteur, une romancière « à l’eau de rose »… tous forment une formidable chaîne humaine pour venir en aide à cette âme égarée. Ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que Joe Haak est un analyste financier qui a fui la City, terrorisé par l’idée que l’ingénieux programme de prédictions qu’il a inventé n’entraîne l’effondrement de l’économie mondiale. La fin du monde est-elle proche ? Pourquoi la baleine revient-elle sans cesse vers la côte ? Une seule certitude : ce livre vous redonnera foi en l’espèce humaine ! – clr987

Livre pour adultes Benoit Duteurtre.

"Ce livre est inspiré par la mort de ma mère, qui croyait à la joie de vivre. J'y dépeins aussi les transformations d'un village de montagne, quelques vieilles dames extraordinaires et les péripéties d'une journaliste dans la société contemporaine. Beaucoup de femmes dans ces histoires ; beaucoup de questions sur la naissance et sur le déclin. La disparition de nos proches souligne cette double réalité de l'âge adulte : tandis que nous courons à l'abîme, le monde où nous avons grandi s'efface lui aussi. Ces réflexions traversent un roman très libre, tour à tour comique et mélancolique. L'autobiographie s'y conjugue à l'essai et à la fiction pour cerner notre destin – et les joies qui éclairent cette fatalité." B.D. – clr987

Matteo a perdu son emploi Goncalo M. Tavares.

Dans un article récemment paru dans El Pais, Alberto Manguel qualifiait Gonçalo M. Tavares comme étant "l'un des plus ambitieux écrivains de ce siècle". Avec son nouveau roman, intitulé Matteo a perdu son emploi, on ne peut qu'adhérer à ce jugement. Chaque personnage que le lecteur rencontre en fin de chapitre est le protagoniste du suivant, tel un domino qui entrainerait le suivant dans sa chute. Tout commence avec Aaronson, qui a pour habitude de faire son jogging quotidien autour d'un rond-point, et ce dans le même sens giratoire. Lorsqu'un matin il décide de prendre le rond-point à contre-sens, la mort le fauche, écrasé par Ashley qui va alors rencontrer Bauman et ainsi de suite jusqu'à l'apparition de notre héros, le vrai, Matteo, celui qui a perdu son emploi... Le lecteur est introduit dans un univers vertigineux semblable à celui de Lewis Carroll pour être ensuite précipité dans un monde halluciné à la façon d'un William Burroughs. Les thèmes sont multiples, les personnages apparaissent et disparaissent, les surprises sont toujours détonantes et les ambiguïtés sont reines. Cette réflexion sur le monde contemporain démontre non sans humour que la raison s'arrête où la folie commence, que la vie n'est qu'une succession d'épisodes tragicomiques, et que les lois qui nous régissent sont souvent aussi justes qu'absurdes et ironiques. Pour Gonçalo M. Tavares, aucun doute possible, le salut viendra du savoir et de la littérature. Biographie de l'auteur G. M. T. est né en 1970. Il est professeur d'épistémologie à Lisbonne. Considéré comme l'un des plus grands auteurs portugais contemporains, il reçoit les éloges d'auteurs célèbres comme Eduardo Lourenço, José Saramago, Enrique Vila-Matas ou Alberto Manguel. – clr987

Les solidarites mysterieuses Pascal Quignard.

En Bretagne, de nos jours, près de Dinard, une femme d’une quarantaine d’années retrouve par hasard le professeur de piano de son enfance. Cette femme âgée lui propose de venir habiter chez elle. Petit à petit, elle se réinstalle dans la petite ville où elle a vécu autrefois, retrouve son premier amour, se lie comme jamais elle ne l’avait fait avec son frère plus jeune, redécouvre les lieux, les chemins, les roches, se passionne pour la nature, le mer. Soudain, un jour, sa fille, qu’elle n’avait plus vue depuis des années, revient vers elle. De façon polyphonique, tous les personnages qui la côtoient (un prêtre, la bonne du professeur de piano, son frère Paul, un cultivateur, la factrice, un cousin qui vit près de là, la conductrice du car de ramassage scolaire, la masseuse de la thalassothérapie, sa fille Juliette) évoquent cette femme dont la destinée paraît de plus en plus étrange. Chacun a son interprétation. Chacun essaie de comprendre les rapports troublants, mystérieux, silencieux, sauvages que Claire se met à entretenir avec sa famille, l’amour, la falaise, le ciel, les oiseaux, l’origine. – clr987

Mathematiques congolaises In Koli Jean Bofane.

Dans un Kinshasa secoué de remous de toutes sortes, Célio aurait pu traîner sa galère encore longtemps, n’eût été sa rencontre avec le directeur d’un bureau aux activités très confidentielles, attaché à la présidence de la République. La ville ne fait pas de cadeau, le jeune homme le sait, il saisit donc l’occasion qui lui est ainsi offerte de rejoindre le cercle très fermé des sorciers modernes qui manipulent les individus et la vie quotidienne. Orphelin de guerre, celui qu’on surnomme Célio Mathématik conserve comme une bible un vieux manuel scolaire qui appartenait à son père. C’est grâce à des théorèmes et à des définitions qu’il espère influer sur le destin dont il ne veut pas être le jouet. De là à enterrer tout sens moral, la tentation est réelle… C’est avec une plume trempée dans l’humour le plus acerbe qu’In Koli Jean Bofane campe la fresque réaliste d’un Congo déchiré, où règnent l’absurdité et la violence. Grave et roboratif à la fois, son roman palpitant comme un polar vaut le meilleur des reportages, le plaisir en plus. – clr987

Le nom des etoiles Pete Fromm.

Confortablement installé avec les siens à Great Falls, une ville paisible du Montana, Pete Fromm a depuis longtemps troqué sa tenue de ranger contre celle de père de famille. Il pensait que ses expériences dans les espaces sauvages des États-Unis appartenaient définitivement au passé. Jusqu’à ce qu’on lui propose de s’installer un mois au cœur de la Bob Marshall Wilderness afin de surveiller la croissance d’œufs de poissons. Comment refuser pareille occasion de renouer avec ces grands espaces qui font partie intégrante de son être ? Plus de vingt ans après son séjour à Indian Creek, voici donc Pete Fromm au seuil d’une nouvelle aventure en solitaire. Entre souvenirs d’enfance, anecdotes de ranger et confessions d’un père désireux de transmettre son amour de la nature à ses enfants, Pete Fromm confie avec une incroyable sincérité son parcours de vie et nous fait partager ses échappées dans les grands espaces américains. – clr987

De quelques amoureux des livres Philippe Claudel.

Il y a tant de raisons possibles pour qu’un livre ne voie jamais le jour, qu’il semble quasi miraculeux qu’un beau matin quelqu’un ait pris la plume et soit parvenu à en écrire un. Avec une délicieuse fantaisie, Philippe Claudel passe en revue une litanie d’écrivains en devenir, de malheureuses victimes de la littérature, soumises à de pathétiques aléas, à des imprévus aussi cocasses que farfelus. – clr987

Matteo a perdu son emploi Goncalo M. Tavares. Comment (bien) rater ses vacanc Anne Percin.

Pour échapper aux vacances en famille, Maxime choisit de les passer avec sa grand-mère, dans son pavillon du Kremlin (-Bicêtre). Il avait tout prévu pour couler des jours tranquilles devant son ordi sauf la crise cardiaque de sa grand-mère. Le voilà seul pendant son hospitalisation, et les vacances vont se transformer en feuilleton délirant ! – clr987

Calligraphie des reves Juan Marse.

A ceux qui s'étonnaient qu'il ne se soit jamais servi des circonstances, fort romanesques, de sa naissance et de son adoption, Juan Marsé avait jusqu'ici l'habitude de répondre que ses mémoires se trouvent dans ses romans et ses nouvelles. " Je comprends que ce soit un thème très littéraire (ou qu'il puisse le paraître à certains) mais je ne l'ai jamais abordé comme tel, bien que mes romans soient pleins de gamins qui s'inventent leurs père, ou qui décident d'être fils d'eux-mêmes ", a-t-il même écrit un jour. Or, c'est une explication que Marsé ne pourra plus avancer : il raconte en effet dans le roman qui nous occupe, et de façon très précise, cet épisode fondateur de sa vie et probablement de son œuvre : sa mère meurt dix jours après sa naissance, laissant son père, chauffeur de taxi, seul avec sa sœur aînée. Le pauvre veuf ne s'en sort pas et songe à confier le nouveau-né à une autre famille. Et voilà que le hasard s'en mêle : un soir, comme il passe devant une maternité de Barcelone, il est hélé par un couple dont la femme est en pleurs : elle vient de perdre l'enfant qu'elle attendait. Quelques instants plus tard, dans le taxi, affaire est faite : le couple sans enfant se chargera du fils du chauffeur et finira par l'adopter. C'est le point de départ d'un récit qui revient sur les épisodes marquants de l'éducation du jeune garçon, et retrace l'histoire de l'Espagne du XXe siècle. Ce livre, malgré tous les événements rattachables à la vie de l'auteur, et que tous les connaisseurs de son oeuvre reconnaîtront sans peine, n'est donc pas une autobiographie (l'idée n'en est sans doute jamais venue à l'auteur, trop modeste), et peut-être serait-il étonné (et irrité) qu'on lui dise qu'il peut se rapprocher du genre moderne de l'autofiction. Ce qui n'est d'ailleurs pas sûr, tant il est vrai que ce n'est pas sa vie qui l'intéresse - il ne s'agit pas de Mémoires -, mais ses rêves : il s'est donné pour fonction de les écrire, et de là, encore une fois, son titre de Calligraphie des rêves, sachant qu'en espagnol le premier sens de " caligrafía " est, tout simplement, " écriture ". On trouve aussi dans ce beau roman ce qui fait une grande partie du talent de Marsé : sa richesse lexicale, sa puissance évocatrice, en particulier dans la création d'images, ses personnages bien campés et objets tout à la fois de l'ironie et de la tendresse de l'auteur, ses dialogues enlevés et sonnant toujours juste, et enfin cet humour qui n'est pas le moindre de ses charmes. Et comme toujours, l'art de suspendre l'intérêt du lecteur, toujours pressé, en fin de chapitre, de lire le suivant. Biographie de l'auteur Né en 1933 à Barcelone, son véritable nom est Juan Faneca Rona. Il a pris le nom de Marsé après la mort de sa mère biologique et lors de son adoption par le couple Marsé. Après avoir fini le collège, il a abandonné le cursus académique et est devenu apprenti dans un atelier d'horlogerie, où il a travaillé jusqu'à l'âge de 26 ans. Il a commencé sa carrière d'autodidacte à la fin des années 50 en écrivant des chroniques pour des publications espagnoles. Dans les années 60, il habite à Paris où il est laborantin à l'Institut Pasteur. De retour en Espagne, il épouse Joaquina Hoyas. Il a reçu de nombreux prix dont le Prix Planeta en 1978, le Prix Nacional de la Crítica (en 1993 et en 2000) et le prix Juan Rulfo en 1997. Les nuits de Shangaï a été adapté au cinéma en 2004 par Fernando Trueba. Pour La calligraphie des rêves, Juan Marsé a obtenu le prix Cervantès, l'un des plus prestigieux prix littéraires espagnols, en 2009. – clr987

Une vie en echange Lorraine Fouchet.

Un soir, Silvia, la jeune patronne du restaurant parisien Amore & Pasta, sauve une cliente en train de s'étouffer en dégustant ses pâtes. Le lendemain, en venant la remercier, la cliente rescapée lui demande qui elle aime le plus au monde. Silvia pense à son père, Jacopo, et à son amoureux, Julian, mais ne répond pas. Pourtant, la cliente – psychanalyste de profession – réagit comme si elle avait distinctement prononcé leurs deux noms et lui annonce qu'ils sont tous les deux en sursis. En ajoutant que, pour l'avoir sauvée, Silvia a " gagné une vie en échange ", et peut donc choisir lequel des deux sera épargné... Silvia la prend pour une folle et refuse de l'écouter. Mais, le soir même, son père et son amoureux se trouvent tous les deux en danger de mort. La menace était donc bien réelle. Et il reste à Silvia deux jours pour choisir... Une comédie romantique pleine de rebondissements, à la lisière du fantastique. – clr987

Monsieur Ladmiral va bientot mo Pierre Bost.

"Quand il avait quitté Paris, dix ans plus tôt, pour venir habiter à Saint-Ange-des-Bois, Monsieur Ladmiral avait fait savoir, pour vanter la maison qu'il achetait, qu'elle était à huit minutes de la gare. C'était presque vrai à cette époque. Par la suite, et à mesure que Monsieur Ladmiral vieillissait, la maison avait été à dix minutes, puis à un bon quart d'heure de la gare. Monsieur Ladmiral n'avait constaté ce phénomène que très lentement, n'avait jamais su l'expliquer et, pour mieux dire, ne l'avait jamais admis. Il était entendu qu'il habitait toujours à huit minutes de la gare, ce qui n'était pas fait pour simplifier la vie ; il fallait jouer avec les pendules, faire de faux calculs, prétendre que l'horloge de la gare avançait, ou que l'heure du train avait été changée sournoisement ; Monsieur Ladmiral, dans le temps où il allait encore à Paris, avait même manqué des trains, héroïquement, pour qu'il ne fût pas dit qu'il habitait à plus de huit minutes de la gare." Monsieur Ladmiral va mourir, et par petites touches, Pierre Bost livre un récit intimiste et pur, qui exhale tout au long de ses pages une fraîcheur presque douloureuse à force de tendresse implicite, d'extrême bonheur, mais également de résignation aux décrets irrévocables de la mort. – clr987

L'Homme de Luke Rhinehart.

Recherché par le F.B.I. : Luke Rhinehart, 32 ans, marié.Profession : psychiatre. Résidence : New York.Motif : subversion de la vie quotidienne.Le psychanalyste Luke Rhinehart a décidé de transformer son existence en un immense jeu de hasard : il laisse de simples dés prendre pour lui toutes les décisions de son existence.Très vite, le « syndrome du dé » se répand dans la population. Et les autorités s’inquiètent. Car le Dr Rhinehart a peut-être inventé, sans le savoir, le moyen d’en finir pour toujours avec la civilisation.L’Homme-dé, manifeste subversif affirmant le droit à l’expression de tous les fantasmes, est devenu très vite une sorte de mot de passe pour initiés. Après sa publication quasi clandestine en France (1971), il fait désormais partie des « livres cultes » dont la lecture s’impose à chacun. – clr987

Toujours maudit ! David Safier.

Damned, ça recommence ! Daisy et Marc ont accumulé beaucoup trop de mauvais karma... Ils sont donc réincarnés en fourmis ! Mais, s'ils veulent empêcher à tout prix le mariage qui se profile entre le meilleur ami de Daisy et l'ex-femme de Marc, ils vont devoir gravir le plus vite possible les échelons de la réincarnation afin de retrouver leur forme humaine... Pas une mince affaire quand on a d'aussi mauvais caractères ! – clr987

L'homme qui fouettait les enfan Ernest J. Gaines.

Il a crié «Fils» et il lui a tiré dessus, en plein tribunal. Puis le vieux Brady a demandé que le shérif lui laisse deux heures, et il est parti. Si tout le monde connaît les faits ici, à Bayonne, en Louisiane, ils sont peu nombreux à pouvoir les expliquer. Sauf peut-être les vieux du salon de coiffure qui passent leur journée à discuter… Eux connaissent Brady, l’homme qui fouettait les enfants, et savent bien pourquoi il agissait ainsi autrefois. Pour eux tout est clair, mais il faudra que le narrateur, jeune reporter au journal local, passe la journée à les écouter pour comprendre. Et pour que se dessine le portrait d’un homme au passé et à la personnalité complexes, et d’une communauté noire confrontée depuis toujours aux mêmes difficultés… Un récit plein de verve et d’humanité. – clr987

Le bilan de l'intelligence, la Paul Valery.

La crise de l'esprit Au lendemain de la première guerre mondiale, Paul Valéry publie dans la NRF du 1er août 1919, La crise de l'esprit dont l'incipit : « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles » demeurera fameux. L'âme européenne, si riche pourtant de ses grands esprits est presque morte dans ce conflit mondial et il s'agit de comprendre les raisons de cette faillite. La politique de l'esprit, notre souverain bien "Je me propose d'évoquer devant vous le désordre que nous vivons. J'essayerai de vous montrer la réaction de l'esprit qui constate ce désordre, le retour qu'il fait sur soi-même lorsque, ayant mesuré sa puissance et son impuissance, il s'interroge et tente de se représenter le chaos auquel sa nature veut qu'il s'oppose". Pour Valéry, l'esprit est une puissance de transformation qui tend à communiquer au monde ses propres qualités, par exemple la mobilité ou la vitesse. Les européens ont inventé l'esprit moderne, qui se caractérise par l'amplitude de ses désirs, de sa volonté, mais aussi par son hétérogénéité, son désordre, voire son chaos. Le bilan de l'intelligence Dans cette conférence prononcée en 1935, Paul Valéry délivre ses impressions sur l'évolution de l'intelligence en une époque où le progrès ne cesse de bouleverser les habitudes et les modes de pensée. Les progrès techniques de l'âge industriel apportent un nouveau confort mais aussi entraînent une certaine paresse, de corps et d'esprit, une impatience toujours plus vive à obtenir ce qu'on veut avoir… voire une diminution croissante de la sensibilité au monde et aux choses environnantes. Surtout, ils engendrent un autre rapport au temps, désormais rétréci, amenuisé. Seule échappatoire : une éducation qui continue à valoriser les langues mortes et le bon usage de la langue française. Valéry dénonce une éducation qui mise sur le succès au baccalauréat, sans parvenir à développer la formation d'esprits indépendants. – clr987