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Avril 2017

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Le Gardien des choses perdues Ruth Hogan.

À soixante-dix-neuf ans, Anthony Peardew a passé la moitié sa vie à collecter les objets perdus, dans l’espoir de réparer une promesse brisée. Réalisant que son temps est compté, le vieil homme, autrefois écrivain célébré, décide de léguer sa demeure victorienne et les “trésors” qu’elle recèle à sa fidèle assistante Laura, qu’il pense être la seule à même de restituer les objets à leurs propriétaires. En exprimant ses dernières volontés, il est loin de se douter de leurs répercussions et de l’heureuse suite de rencontres qu’elles vont provoquer... – clr987

Winter is coming Pierre Jourde.

« Après coup, on ne peut pas s’empêcher de revenir sur les jours d’avant, comme pour prendre la mesure de son aveuglement d’alors. On se regarde ne pas savoir, on se regarde vivre alors que cela n’est pas encore arrivé, on s’étonne de ce fragile bonheur. Et ce sont tous les moments de la vie, toutes les joies, les naissances, les après-midi dans le jardin, les journées sur la plage, les histoires racontées le soir aux enfants, les photographies et les souvenirs du passé que vient rétrospectivement infecter de son venin le jour où l’on a su. Ta photographie d’enfant joyeux est celle, à jamais, d’un enfant qui va bientôt mourir. » Un des trois fils de Pierre Jourde, Gabriel, est mort à vingt ans. Le récit évoque la dernière année de ce jeune homme plein de charme et de joie de vivre, doué pour les arts plastiques et la musique. La figure radieuse de « Gazou » hante le récit de la maladie : les anecdotes du bonheur enfui ponctuent l’élégie. Un texte poignant sur le deuil et l’amour paternel. Pierre Jourde est romancier et critique littéraire. Aux Éditions Gallimard, il est notamment l’auteur du Maréchal absolu (collection « Blanche », 2012) et de La première pierre (collection « Blanche », 2013). – clr987

Cuisine tatare et descendance Alina Bronsky.

Avec virtuosité et panache, Rosalinda nous fait partager sa façon d'affronter la misère matérielle et spirituelle de son pays l'URSS des années 1980, marqué par les pénuries et la corruption. Lorsque sa fille Sulfia tombe enceinte mais ignore de qui, Rosalinda remue ciel et terre pour empêcher l'arrivée d'une nouvelle bouche à nourrir. En vain. Une petite fille est née. Contre toute attente, Rosalinda se transforme en grand-mère fervente et donne aussitôt à la petite le nom de son aïeule tatare, Aminat. Rien ne résiste à la jeune grand-mère désireuse d'améliorer le sort des siens. De ruse en subterfuge, elle fait subir d'insolites épreuves à sa petite famille, qu'à cela ne tienne, elle ne veut que leur bien ! Jusqu'au jour où Aminat grandit et cesse d'être dupe. Cuisine tatare etdescendance est une chronique tumultueuse de plusieurs décennies en compagnie de trois femmes inoubliables. Alina Bronsky, elle-même d'origine russe, donne la parole à des héroïnes de l'ombre et nous invite, en passant, dans les coulisses des destins qui mènent à l'émigration. – clr987

Libertango Frederique Deghelt.

Luis est né en 1935. D'origine espagnole, il vit à Paris avec ses parents et ses soeurs. Luis est handicapé, son côté gauche fonctionne mal, sa démarche est hésitante, sa diction souvent difficile. Dans cette famille ulcérée par la présence d'un enfant abîmé, Luis n'est porté par aucune confiance tutélaire. L'oreille collée au transistor, il s'échappe, grandit en écoutant, en découvrant l'enlacement des arpèges, la beauté des concertos, cantates et symphonies, et chaque partition lui devient peu à peu territoire de savoir. A vingt et un ans, seul sur les bords de Seine, Luis est soudain bouleversé par le son d'un bandonéon. Sa vie s'ouvre à l'avenir. "Je suis né à la plus pure proposition de l'univers, dira-t-il plus tard : celle de l'amour de la musique." Libertango est le roman le plus envoûtant de Frédérique Deghelt. Un livre d'allégresse qui génère et convoque l'émotion du beau, cette émotion que la musique retrouve en chacun de nous, même au pire de la guerre. Une émotion qui porte Luis et le sauve. – clr987

Filibuth ou La montre en or Max Jacob.

Dans Filibuth, Max Jacob raconte la prodigieuse aventure d'une montre en or qui ne tient pas en place. Achetée cent francs en 1840 par le grand-père Bastien, on la retrouve vers 1920 chez une concierge, Mme Lafleur. Cet objet précieux passe entre les mains d'un garçon de quatorze ans qui le revend, dans l'atelier d'un peintre pour échouer sur le bureau d'un juge d'instruction. À ce moment la montre vaut au moins 6 700 francs et commence une carrière internationale. Elle sert successivement d'appât à un réseau d'espionnage austro-français, d'amulette aux snobs et drogués de la Côte d'Azur, elle est utilisée à Venise dans des séances d'hypnotisme, Aristide Briand la remarque dans le gousset d'un agent de la Sûreté, coutumier de larcins, et à la fin de tribulations les plus variées elle finit sous une voiture. De Montmartre à l'autre bout du monde, cette course à la montre sert de prétexte à Max Jacob pour décrire des personnages truculents aux prises avec des situations ou des circonstances bizarres. Il le fait avec verve et fantaisie par le truchement de la raillerie et de la tendresse. Ce roman de mœurs allie la gravité d'un conte moral à la saveur de la poésie la plus fantasque. – clr987

Karpathia Mathias Menegoz.

Un château fort au bord d'un lac, entouré de montagnes et de grandes forêts… C'est ce dont rêve le comte Alexander Korvanyi. En 1833 ce capitaine hongrois quitte brutalement l'armée impériale pour épouser une jeune autrichienne, Cara von Amprecht. Aussitôt, il part de Vienne avec elle, pour aller vivre aux confins de l'Empire sur les terres de ses ancêtres. Loin du folklore gothique, la Transylvanie de 1833 est une mosaïque complexe, peuplée de Magyars, de Saxons et de Valaques. D'un village à l'autre, on parle hongrois, allemand ou roumain ; on pratique différentes religions, on est soumis à des juridictions différentes. À l'époque où chaque communauté invente son identité nationale, le régime féodal est toujours en vigueur et des crimes anciens sont parés de vertus nouvelles. La région est une poudrière où fermentent les injustices, les vieilles haines, les trafics clandestins, les légendes malléables et les rêves nouveaux. Dès leur arrivée, les époux Korvanyi sont confrontés à une série de crises allant bien au-delà des problèmes de gestion d'un vaste domaine longtemps abandonné à des intendants. Avec leurs ambitions et leur caractère, ils sont entraînés beaucoup plus loin qu'ils n'avaient imaginé. En découvrant les beautés et les dangers des forêts de Transylvanie, Alexander et Cara se révèlent l'un à l'autre et atteignent ensemble les frontières incertaines de la puissance et du crime. À Budapest, en fréquentant une branche de sa famille, des Souabes du Danube, Mathias Menegoz s'est intéressé aux communautés de la Mitteleuropa qui ont coexisté à l'ombre des empires. En Transylvanie, en croisant plus de carrioles tirées par des chevaux que de véhicules à moteur, il a eu l'impression de voyager plus loin dans le temps que dans l'espace. Après quelques mois de recherches à la bibliothèque nationale autrichienne, il avait les ingrédients d'un roman exotique à plusieurs titres : la Transylvanie historique est peu connue en occident. La Transylvanie féodale des années 1830 est très différente de l'occident des débuts de la révolution industrielle, des chemins de fer, des états-nations homogènes, des constitutions libérales. Loti a raconté « l'Inde sans les Anglais » ; Mathias Menegoz a voulu montrer la Transylvanie sans les vampires : bien plus complexe et belle que l'image imposée par un folklore galvaudé – et presque aussi étrange et violente. Il s'intéresse ici à la manière dont les mythes se cristallisent, au substrat sur lequel ils prospèrent plus qu'à un canon recyclé ad nauseam. Mathias Menegoz dit se sentir souvent mal à l'aise face à la modernité (en dehors du domaine scientifique) et angoissé par tout ce qui est perdu ou détruit au fil du temps. Ce n'est pas exactement de la nostalgie, plutôt une souffrance de voir le passé passer. Il explore cet état d'esprit à travers le personnage d'Alexander Korvanyi qui ne se sent pas condamné par l'Histoire en revendiquant ses droits de seigneur féodal en 1833. Loin des caricatures, l'auteur s'est interrogé sur l'esprit de noblesse, sur une noblesse d'action et de valeurs intériorisées, peut-être différente d'une noblesse légale ou conservée seulement à l'état de résidu mondain. Vu de notre époque, cet esprit de noblesse est aussi déconcertant que la pensée sauvage d'une tribu d'Amazonie… L'aventure se nourrit de conflits mais entre les époux Korvanyi et les Valaques le registre de la lutte des classes est évité tout comme celui, moins dépassé, du conflit communautaire. Il n'y a que des individus. Le bien et le mal sont à la portée de chacun, puissant ou faible, aussi Mathias Ménégoz préfère faire vivre ses héros plutôt que les juger. Il s'intéresse à l'action, à la dynamique des personnages engagés dans un conflit, à l'engrenage de leurs décisions et de leurs réactions, à l'impact glorieux ou tragique de quelques hommes et femmes forts de leurs certitudes, de leur volonté énergique, de leur intelligence, au milieu d'individus moins courageux qui doutent plus et espèrent plus vaguement, qui suivent ou sont emportés mais qui, parfois, sont capables de sursauts surprenants. Enfin, à travers ces aventures, il anime un refuge imaginaire, une vallée, un château au bord d'un lac entouré de montagnes couvertes de grandes forêts. – clr987

La baleine dans tous ses etats Francois Garde.

Ni récit de voyage ni traité scientifique, ce livre part sur les traces d'une des plus fascinantes créatures du règne animal, la baleine. Loin des grilles d'analyse des spécialistes, François Garde a choisi au contraire de mener son enquête le nez au vent, débusquant dans les recoins les plus inattendus de notre planète et de notre culture histoires, souvenirs, paysages, qu'il a tissés ensemble pour former une sorte d'épopée. On découvrira ou redécouvrira ici la baleine des livres : Jonas, Moby Dick, Pinocchio. La baleine des baleiniers : chasses héroïques, usines baleinières à l'abandon, gestes oubliés. Les secrets de la place de la Baleine à Lyon ou de la rivière de la Baleine au Québec. Les baleines des images publicitaires, les baleines en peluche, les baleines de musée et tant d'autres traces énigmatiques ou familières, monumentales ou presque invisibles des rencontres entre l'homme et la baleine. Animé tout du long par la curiosité insatiable et l'inventivité narrative de François Garde, La baleine dans tous ses états est un livre méditatif et ironique, burlesque et profond, poétique et érudit. Un livre ouvert sur le monde, inquiet parfois, sans jamais être mélancolique ou moralisateur. Dans ce livre qui n'est ni un roman, ni un livre scientifique, ni un documentaire, l'auteur de façon très originale et très plaisante nous aide à méditer sur le sort du vivant. Si comme pour moi, la baleine représente plus qu'un animal , plus qu'un mythe, laissez vous entraîner dans les questionnements, les digressions, les rêveries de François Garde on en sort plus fort pour défendre l'humanité dans son environnement. wanda50 (et ses sirènes) – clr987

Ce qu'il advint du sauvage blan Francois Garde.

Au milieu du XIXe siècle, Narcisse Pelletier, un jeune matelot français, est abandonné sur une plage d'Australie. Dix-sept ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard : il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher à la manière de la tribu qui l'a recueilli. Il a perdu l'usage de la langue française et oublié son nom. Que s'est-il passé pendant ces dix-sept années? C'est l'énigme à laquelle se heurte Octave de Vallombrun, l'homme providentiel qui recueille à Sydney celui qu'on surnomme désormais le 'sauvage blanc'. – clr987

Le sanglier Myriam Chirousse.

« Ils se taisent. L’habitacle de la voiture se remplit d’un grésillement presque inaudible de grognements muselés, semblable au bruit blanc exaspérant des acouphènes. Il regarde droit à travers le pare-brise et elle sur le côté, par la vitre. Ils sont encore dans le parking, à attendre que la voiture de devant s’engage dans le rond-point. La circulation est dense, c’est samedi matin. » Christian et Carole vivent dans une vieille bicoque délabrée et isolée. Une fois par mois, ces néo-ruraux, vivant « loin de tout » sur le Plateau, prennent la voiture pour faire leurs courses dans la zone commerciale la plus proche. À partir de rien, ce jour-là, tout part de travers. Vingt-quatre heures dans la vie d’un couple. – clr987

Les Luminaires Eleanor Catton.

Man Booker Prize for Fiction 2013 Nouvelle-Zélande, 1866. En pleine ruée vers l’or, l’île voit débarquer sur ses côtes tout ce que la vieille Europe compte d’ambitieux et de désespérés. Parmi eux, Walter Moody, un jeune britannique ruiné bien décidé à trouver fortune accoste au port d’Hokitika, sur la côte Ouest, après un éprouvant voyage. Mais une étrange assemblée l’attend dans le petit hôtel où il a trouvé refuge. Là, dans une atmosphère des plus tendues, douze hommes du cru tiennent une réunion secrète pour tenter d’élucider des faits étranges qui agitent la communauté depuis plusieurs semaines. Un riche notable a disparu, une prostituée a tenté de mettre fin à ses jours, et on a découvert une immense fortune dans la maison d’un pauvre ivrogne, mort lui aussi. Moody succombe bientôt à l’irrésistible attrait du mystère et se retrouve plongé dans un entrelacs d’intrigues et de destins vertigineux. Formidable restitution des grands romans anglo-saxons du XIXe siècle, Les Luminaires est une narration ambitieuse dont la structure emprunte à l’astrologie pour livrer un inoubliable roman d’amour, une histoire de fantômes, de pouvoirs et d’énigmes insolubles campés dans une Nouvelle-Zélande ou la fièvre de l’or est reine. Eleanor Catton est née en 1985 au Canada et a grandi à Chistchurch, en Nouvelle-Zélande. Après des études d’anglais elle rédige La Répétition (Denoël, 2011), son premier roman, qui lui permet d’obtenir une reconnaissance éditoriale dans le monde anglo-saxon et au-delà. La consécration viendra avec Les Luminaires, lauréat, entre autres prix, du prestigieux Man Booker Prize for fiction et publié dans plus de douze pays à ce jour. – clr987

Orages ordinaires William Boyd.

Par un pur hasard, Adam Kindred, jeune climatologue spécialiste des nuages, se retrouve dépouillé en quelques heures de tout ce qu'il tenait pour acquis: sa carrière, sa réputation, ses cartes de crédit, son passeport, son portable, et même ses vêtements, soit tous les signes extérieurs de son identité humaine. Une succession de terrifiantes coïncidences fait de lui l'auteur tout désigné d'un meurtre. Police et tueur à gages lancés à ses trousses, sa seule issue est d'entrer dans la clandestinité et de rejoindre la multitude de ces disparus qui hantent les grandes capitales mais demeurent indétectables sous les rayons inquisiteurs des radars sociaux. Entre ses poursuivants multiformes et insaisissables et ses frères en misère, Adam fait l'apprentissage cruel et fascinant de l'art de la survie à l'intérieur d'un Londres hors normes, peuplé de personnages forts inventifs face aux vicissitudes existentielles. En opérant - grâce à la chance et à l'amour - sa remontée à la surface du monde dit civilisé, Adam regagne l'espoir de redevenir lui-même et d'en finir avec cette vie en fuite orchestrée de main de maître par un auteur qui, lui, n'a rien laissé au hasard. – clr987