Imaginaires de la fin du corps par David Le Breton. Dans nos sociétés le corps tend à devenir une matière première à modeler selon l’ambiance du moment.
Il est désormais pour nombre de contemporains un accessoire de la présence, un lieu de mise en scène de soi. La volonté de transformer son corps est devenue un lieu commun. La version moderne du dualisme diffus de la vie quotidienne oppose l’homme à son propre corps et non plus comme autrefois l’âme ou l’esprit au corps. Le corps n’est plus l’incarnation irréductible de soi, mais une construction personnelle, un objet transitoire et manipulable susceptible de maintes métamorphoses selon les désirs de l’individu. S’il incarnait autrefois le destin de la personne, son identité intangible, il est aujourd’hui une proposition toujours à affiner et à reprendre.
Entretien avec David Le Breton. Quel est précisément votre champ de recherches ?
Mon champ de recherche est relativement large. Deux grands axes dominent : c’est l’anthropologie du corps et puis l’anthropologie des conduites à risques. Les deux se rejoignant d’ailleurs souvent. Je crois qu’à l’origine de mes recherches, il y a certainement le fait d’avoir été un adolescent et un jeune mal dans sa peau si je puis dire. Cela m’a amené à essayer de comprendre comment les sociétés humaines fabriquent des émotions, des perceptions, des représentations du corps, comment les sociétés humaines ritualisent leurs rapports au corps à travers le lien social.
Mon travail de chercheur est une sorte de retour, d’inlassable retour, sur des questions qui ont été douloureusement les miennes quand j’étais plus jeune mais en employant les outils de l’anthropologie ou de la sociologie, en étant en même temps très attentif aux travaux menés par les psychanalystes ou les psychologues. Il faudrait tout d’abord caractériser ces violences.
David Le Breton. David Le Breton. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
David Le Breton en mai 2013. David Le Breton (né le ) est professeur à l'Université de Strasbourg, membre de l'Institut universitaire de France et chercheur au laboratoire Cultures et Sociétés en Europe. Anthropologue et sociologue français, il est spécialiste des représentations et des mises en jeu du corps humain qu'il a notamment étudiées en analysant les conduites à risque. Principales publications[modifier | modifier le code] Corps et société, 1985.Anthropologie du corps et modernité, 1990 (plusieurs rééditions).Passions du risque, Éditions Métailié, 1991.La Chair à vif, Usages médicaux et mondains du corps humain, Paris, Éditions Métailié, 1993.Du silence, Éditions Métailié, 1997. David Le Breton en 2008 Anthropologie du corps et modernité, Presses universitaires de France, 2005. Direction de numéros de revues[modifier | modifier le code] (avec Pascal Hintermeyer) « Le Risque.
Anthropologie de l'adolescence[modifier | modifier le code]