Critique littéraire

Facebook Twitter

Bégaudeau, même pas mal. Il faut avoir encore beaucoup d’enfance en soi pour parler avec justesse de l’adolescence, ce moment du grand chambardement sexuel, qui vient toujours trop tôt ou trop tard.

Bégaudeau, même pas mal

C’est manifestement le cas de François Bégaudeau, qui signe avec « la Blessure la vraie » une des meilleures surprises de ce début d’année. On ouvrait le livre avec une certaine crainte tant l’auteur de 39 ans s’était donné de mal pour agacer depuis la palme d’or obtenue en 2008 avec l’adaptation d’« Entre les murs ». On l’achève à regret. Tout le jus amer et tendre de l’adolescence est là, celle du milieu des années 1980 et celle de toujours, dans un texte vibrant, émouvant, qui fait parfois rire aux éclats et empoigne de la première à la dernière ligne, en évitant tous les pièges du déjà-lu récréatif sur les ravages de l’acné. Baudelaire: le grand Charles. Face au travail sérieux et banal de la biographe Isabelle Viéville Degeorges, qui récrit la vie de «Baudelaire.

Baudelaire: le grand Charles

Clandestin de lui-même» (Léo Scheer, 20 euros) et face à l'intelligence sombre, corsetée, presque osseuse, d'Yves Bonnefoy, qui réunit cinquante années d'études dans «Sous le signe de Baudelaire» (Gallimard, 28 euros), l'essai de Roberto Calasso semble un feu d'artifice éblouissant. Son livre n'a qu'un défaut: on avance difficilement dans sa lecture. Non qu'il soit abscons, seulement, il vous met la cervelle en ébullition. On lit dix lignes, et l'on s'arrête pour rêvasser ou réfléchir: il remue tant de choses en vous! Histoire de la littérature française.